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La partie des PVs est en reconstruction alors ne vous étonnez pas si tout n'est pas parfait. Si vous avez un doute, n'hésitez pas à nous poser la question ! Changement de version =] Merci d'patienter, il est 01h14 et j'en ai ma claque de changer le css alors je vais dormir je reprends demain xD Merci d'patienter

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Vertigo | Wend.

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Zéphyr O. Mitchell




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MessageSujet: Vertigo | Wend. Sam 10 Avr - 19:31

Wend. Elle ne semblait guère apprécier que je l’apostrophe ainsi, du moins c’est ce que j’en avais déduit une ou deux semaines auparavant alors qu’elle m’avait flanqué dans cette maudite eau chaude. Peu de gens apprécient les diminutifs lorsqu’on ne les connaît pas et moi-même je montrais les crocs au moindre raccourci de mon prénom mais en accordais facilement aux autres. C’est la formation de l’équipe qui m’avait donné un si mauvais pli. Par expérience je savais que dans des situations délicates, prononcer un prénom en entier pouvait coûter une vie. Aussi bien avais-je tronqué rapidement tous les noms de baptême. Wend. Il y a pire. Capri par exemple. Cabri en lapsus ou humour de mauvais goût. Wend. Wendy me rappelait bien trop Peter Pan et me poussait inexorablement vers quelques taquineries et un comportement subitement moins adulte, moins réfléchi.
Je passai un doigt sur mes lèvres, pensif, avant de l’oublier et poser le bac à glaçon dans la salle de bain. Je retournai dans la luxueuse chambre pour trouver autre chose à me mettre qu’un jean élimé qui avait vu des jours bien meilleurs que ça. Je trouvai mon manteau encore emballé, déposé par le maître d’hôtel sur couvre-lit soigneusement tiré. J’avais pris pour mauvaise habitudes de ne plus jamais porter de chemise lorsque je recherchais le calme, que je sois chez moi ou bien dans un hôtel. J’enfilai prestement un t-shirt, un jean plus foncé et surtout moins usé et passai le manteau avec plus de calme, en profitant pour jeter le reste de fringue sur la chaise face au secrétaire. J’embrassai du regard une dernière fois la chambre fastueuse du Ritz Hotel avant de récupérer le pass de la porte et claquer cette dernière dans mon dos, sac de sport sur l’épaule.
Je n’ai jamais été un accro aux salles de sport comme ces monticules bodybuildés libidineux qui sont certains de dégager un puissant sexe appeal. Je possède bien évidemment une paire de basket comme tout à chacun et sont même loin d’être neuves en raison des joggings. A l’école je n’ai jamais été bon au football, à la piscine ni même à la gymnastique mais j’ai toujours su garder ma première place dans le classement lorsqu’il s’agissait de courir. Courir pour fuir, courir pour poursuivre, courir pour être endurant, courir pour ne pas marcher. A croire que toute mon énergie se décuplait à chaque foulée de plus. Passé un certain point je devenais incapable de m’arrêter brutalement si le besoin s’en fesait ressentir et si mes jambes m’emportaient, j’avais parfaitement conscience qu’elles ne me porteraient plus si je venais à trébucher. Mais ça ne m’empêchait pas de toujours garder ma place. Je n’ai jamais apprécié la défaite, quelque fut mon âge. Avec le temps beaucoup de choses ont changé mais pas ça. Si en sombrant dans d’obscures affaires je me suis mis à développer une musculature en touchant à divers sports, on ne peut m’accuser de m’appuyer sur mes facilités. Ce qui hier me posait problème ne m’en pose plus aujourd’hui. Une force bestiale et sauvage meut mon corps et mon esprit, créant autant de dégâts dans mon âme que dans la vie des autres.

Je parcourus d’un pas leste le couloir désert, ne prenant plus la peine d’admirer la moquette écrue impeccable, recouverte d’un étroit tapis rouge comme une bande ensanglantée. Une lumière douceâtre tombait du plafond haut mais vouté mais qui accueillait d’imposants lustres en cristal. Fidèle à mon pessimisme et mon sarcasme, je vins à m’imaginer un simple tremblement de terre. Est-ce que ces trucs là qui valent plus que le salaire de toute une vie résisteraient ou bien est qu’il faudrait alors embaucher une armada de techniciens de surface pour balayer les millions de débris translucides et tranchants ? Je dévalai les marches rapidement, maintenant habitué à en louper une sur deux sans pour autant être déséquilibré. Je traversai le hall d’un pas égal, ignorant royalement réceptionnistes, majordomes et clients vénaux avant de sortir à l’air libre. La fraîcheur du début de soirée m’électrisa, comme toute source de froid qui se respecte. Je quittai les lieux, maintenant parfaitement détendu et assuré.
Pourquoi n’avait-elle pas aimé Wend ?
Je repoussais de nouveau l’image de Petter même si je devais reconnaître que je m’ennuyais cruellement depuis cette rencontre. Je mettais dehors les filles la nuit même, ne leur laissant même plus le privilège de se reposer un tant soit peu. Les marques dans mon dos étaient passées d’un rouge sanglant au néant, ne me laissait que pour souvenir que des images et plus rien de véritablement matériel. Nous nous étions revu une fois à cause de ses conneries et on peut pas dire que je fus des plus souriants au début. La rancœur avait accusé mes gestes, ne pouvant plus me contrôler l’espace de quelque instant jusqu’à ce que sa simple présence ou bien uniquement la légère brise m’apaise et me fasse relâcher ma prise. Je ne supporte pas la provocation gratuite. Je ne supporte pas l’attachement. Je ne supporte pas la soumission, la niaiserie, la chaleur, l’eau et toutes autres choses. En fait, je hais cette fille. Elle ne fait qu’accroître cette sensation d’être en cage. Et vous croyez qu’il fait quoi le loup en cage ? Il bouffe les brebis qu’auparavant il gardait.

Je m’assis dans la cage d’escalier d’un immeuble de Camdem, quartier des plus délurés mais aussi mon quartier cible du moment. Je traquais sans relâche la progéniture d’un homme d’affaire, véritablement requin, que l’équipe a déjà saigné il y a de cela un bon mois. Le marmot était pire que le père. Perfide, et terrible piège. Mon frère le compare naïvement à une plante carnivore. Beau mais mortel. Ouais, pourquoi pas. Mon but ? Lui montrer que moi aussi je peux tuer. J’ouvrai le sac posé à mes pieds, en sortant un pistolet 669Smith. Le chiffre a toujours provoqué chez moi un léger sourire. Mi-ange mi-démon, hein ?, avait dit le vieux derrière son comptoir au magasin. On brûlera le paradis, il ne faut pas s’en faire. J’avais déjà abattu un bon nombre de gens avec cette arme, la préférant aux autres même si je sais qu’un jour elle me coûtera la vie. Le canon en argent réfléchit la lumière, bien plus que n’importe quelle foutue chemise blanche mais je suis encore suffisamment jeu pour avoir des réflexes vifs lorsqu’il s’agit d’appuyer sur la détente. J’enclenchai méticuleusement le chargeur avant d’ôter posément le cran d’arrêt, rongeant mon frein. J’aurais déjà du être rejoint par quelqu’un de la fine équipe et personne ne venait. N’ayant jamais de portable sur moi je ne risquais pas de secouer les puces à quiconque. Je n’ai jamais eu à le faire et pour cause, aucun d’eux n’a jamais été en retard et encore moins absent. Je fis craquer mes jointures, nerveux, et mis mon arme dans la poche de mon long manteau pour retourner errer dans la rue, attendant qu’une personne rapplique.
La nuit était tombée sur la ville et déjà une agitation nouvelle remplaçait la diurne. Je rentrai dans un bar en face de l’entrée de l’immeuble, préférant guetter à l’abri des regards des locataires mais aussi avec un verre à la main. Aux environs de deux heures vingt du matin j’abandonnais, jugeant que j’avais fais preuve d’une patience hors pair. Placide, je suis capable d’attendre des heures durant pourvu que je ne sois pas dans un lieu silencieux et vide. Observer ceux qui m’entourent me distrait et m’aide à passer le temps bien plus que faire les cent pas. Je payai ma consommation avant de réamorcer la montée des deux étages, silencieux mais nerveux. Ils n’ont jamais été absents. Ils n’ont jamais oublié. Pourquoi aujourd’hui ? Je repris mon arme, m’avançant silencieusement dans le couloir plongé dans l’obscurité. Je m’adossai à la porte, retenant mon souffle pour tenter de percevoir le moindre son provenant de l’appartement mais tout restait définitivement muet. N’ayant plus connu le véritable sentiment de peur depuis quelques années, j’entrai sans crainte. Même la mort ne parvenait plus à me faire frissonner. Je la donnais à beaucoup de gens, elle faisait partie du quotidien.
Je refermai doucement la porte derrière moi, toujours hanté par l’interrogation. Un bruit sur ma gauche me fis faire brusquement volte-face. Une lumière tamisée semblait sortir d’une pièce plus grande, sans doute le salon ou quelque chose comme ça. Je m’avançais dans cette direction et je n’eus pas véritablement le temps de réfléchir. Quatre coups, quatre balles, aucunes de perdues. L’homme les reçu dans le cœur. J’ai toujours eu un problème avec l’attachement, et en voici une énième preuve. J’abaissai lentement mon arme, maintenant parfaitement éveillé par cette montée d’adrénaline. L’homme s’effondra au sol, perdant son sang rapidement. Je sortis un paquet de cigarette de ma poche et en allumai une, serein, oubliant la possibilité qu’il ne soit pas seul chez lui. J’observai son visage avec attention avant d’en conclure que oui, il était séduisait, mais que pour maintenant c’était fini.
Me sentant soudainement observé je me retournai brutalement, de nouveau le doigt sur la détente mais cette fois-ci, la totalité de ma rigueur se liquéfia. Wendy. Doucement je baissais le bras tentant d’analyser ce que j’avais sous les yeux. Cette fille ne sait pas choisir son lit. Il faut toujours qu’elle aille se fourrer dans les mauvais endroits et pire encore, toujours dans mes pattes. Je restais silencieux, laissant l’étonnement envahir mon visage jusqu’à ce que je reprenne mon agressivité naturelle.

« Casse-toi. »

J’inspirai une grande bouffée de nicotine, espérant que cela viendrait à apaiser mes nerfs. Trop distrait par cette présence nouvelle, j’en oubliai l’empressement de quitter les lieux, immobile au milieu d’un salon encombré d’un mort. Un juron m’échappa dans un murmure puis je détournai la tête pour observer de nouveau ma victime. Lorsque ma cigarette fut finie, je bousculai wnedy pour passer et retournai rechercher le sac de sport abandonné dans les escaliers. J’y pris trois bouteilles remplies d’essance que j’entrepris de vider dans l’appartement. Une fois ceci finie j’attrapai la cause de mes tourments pour la tirer avec moi vers la porte d’entrée. Je ressortis mon zippo de ma poche avant de m’accroupir pour embrasser la moquette imbibé d’essence à quelques centimètres de nos pieds.

« Allez, on se casse. Il est suffisamment friqué pour avoir une alarme à incendie dans sa cuisine. S’il le faut je te fais courir pieds nus, j’en ai rien à foutre.»

Rogue. Je suis rogue. Je la pris pas le poignet, gardant mon arme au poing, la traînant dans les escaliers. Plus grand-chose à partir de maintenant ne pourrait m’étonner avec elle. Où qu’elle se trouve, quoi qu’elle dise ou fasse. Wendy, c’est irréparablement Wendy. Une fois dans la rue, j’entrepris de marcher vite mais sans je la relâchai, tiraillé entre l’envie de rester avec elle et de la laisser là pour avoir la paix. Le truc foireux avec cette fille c'est que quelque soit mon état, je reste attiré par elle, surtout après autant de semaines moroses. Elle, elle est agaçante mais pas commune.

« Alors. Qu’est ce que tu vas faire maintenant ? Déprimer ? Courir chez les flics ? Rester traumatisée dans ta chambre ? Non en fait, ne dis rien, je ne veux pas savoir. J’aimerai plutôt savoir ce que tu fous toujours aux mauvais endroits. Je t’offre un verre au Ritz ? Le forfait est payé pour encore deux jours… »

Je lui proposai mon paquet de cigarette sans la regarder, affichant un léger sourire sarcastique. Wendy et Zéphyr, troisième épisode, toujours autant disparates. Je mis mon arme dans ma poche avant de lui tendre le zippo.
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Wendy J. Petter

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MessageSujet: Re: Vertigo | Wend. Lun 12 Avr - 3:05

Une nouvelle nuit de chasse se profilait. Ce soir, je comptais taper haut, j’allais être extrêmement sélective. En fait, la seule chose que je cherchais, c’était un homme qui pourrait me faire oublier Zéphyr. Chose qui me semblait de plus en plus improbable. Bon sang, déjà que j’avais passé deux fois la nuit en sa compagnie, il fallait encore que je ne sois pas satisfaite et que je pense à lui. Ce qui m’exaspérait au plus haut point.
Jamais deux sans trois.
Je passai dans la salle de bain, contemplant les marques qu’il m’avait laissé en souvenir. Jamais un homme ne s’était inscrit ainsi sur ma peau. Plusieurs bleus étaient visibles entre mon cou et mes épaules, vestiges de la pression que sa puissante mâchoire avait exercé à ce niveau. Au début, j’avais bataillé comme une forcenée pour les camoufler, cherchant à tout prix à les rendre invisibles sous des tonnes et des tonnes de fond de teint acheté pour l’occasion. Puis mes efforts se révélant vains, j’avais abandonné de guerre lasse, veillant juste à ce que mes épaules soit bien couvertes avant de sortir. Ce genre de marque avait le don de faire fuir les hommes, qui me voyaient forcément comme une fille facile. Ce qui n’était pas le cas. Certes, je changeais de partenaire tout les soirs, mais je n’étais en aucun cas au même rang que ces blondasses de Soho qui écartent les jambes à la moindre présence masculine. Education oblige, je choisissais mes proies, préférant de loin les hommes portant un anneau aux jeunes étudiants pré-pubères passant qui passent la soirée devant leur ordinateur à regarder des films de mauvaises qualités entre copains, un pack de bière à disposition, tandis qu’ils se racontent toutes ces conquêtes imaginaires qu’ils ont eu. Je suis a peu près sûre de faire partie de quelques unes de ces histoires sordides, vu le nombre de ces individus m’ayant fait des avances. Ces jeunes garçons encore dans la fleur de l’âge ne sont nullement intéressants, la plupart sont encore puceaux et cherchent juste à faire leur preuve auprès de leur bande. Alors que les hommes mariés sont un vrai défi. Bravé les interdits du mariage est autrement plus captivant, les pousser ainsi dans le vice de l’adultère me réjouissait. Cela me prouvait que mon pouvoir de séduction avait des limites plus que restreintes. Le seul et unique qui avait su me résister jusqu’à présent était Zéphyr. Et c’est justement ça qui m’attirait chez lui. Il rendait l’issue de la partie incertaine, ajoutant un peu de piment au jeu. Mais il fallait que je me fasse une raison. Je l’avais certes revu une fois de plus, mais ce n’était qu’une coïncidence qui ne se reproduirait pas.
Jamais deux sans trois.
Etant donné le milieu que je visais ce soir, j’enfilai un chemisier blanc largement décolleté, ainsi qu’une jupe noire taille haute. Le tout associé à mes escarpins et une touche de rouge passion. Je n’accordais pas plus d’attention à mes cheveux, veillant simplement à ce qu’ils retombent assez sur mes épaules pour dissimuler un minimum les marques bleues, avant de quitter la villa et de me diriger vers un nouveau bar, assez chic et huppé du centre ville pour trouver mon bonheur parmi les dirigeants d’entreprise et autres hommes influant de la cité. J’arrivais rapidement à destination, ayant décidé ce soir de me faire conduire par le chauffeur familiale. Le trajet s’était déroulé en silence, l’homme dont j’ignorai le nom étant habitué à mon mutisme. Je le remerciai vaguement pour la course, lui offrant sa soirée. Je n’aurai pas besoin de lui pour rentrer. Je pénétrais dans le bar que je ne connaissais pas trop, préférant les lieux moins fréquenté afin d’éviter la foule oppressante. L’avantage dans les bars, c’est que le comptoir est toujours facile à repérer. Je m’avançais dans cette direction, commandant un verre de vin blanc. Oui, j’adaptais toujours mes consommations au lieu que je fréquentais, histoire de me fondre dans la masse. J’observais la foule, repérant les cibles potentielles, quand un homme s’avança et me proposa de rejoindre sa table. Il s’était jeté tout seul dans mes filets. Dommage, il ne portait pas d’anneau. J’acceptais tout de même sa proposition, et les coupes de champagnes s’enchaînèrent, suivies de quelques baisers. Puis nous quittâmes le bar pour rejoindre son appartement. Arrivée là bas, il me demanda d’attendre dans le salon, ayant un coup de fil à passer. Je m’asseyais sur un fauteuil, très confortable, et attendis patiemment. Je jetais un bref coup d’œil autour de moi, plus par ennuie qu’autre chose. Cet homme semblait intelligent, mais sans plus. Encore un fils à papa ayant rejoint l’entreprise familiale pour reprendre le flambeau une fois le paternel hors service. Rien de plus.
Alors que je commençais à m’impatienter, étudiant la possibilité de quitter l’appartement et de rejoindre un autre bar pour trouver une nouvelle proie, j’entendis soudain quatre détonations. Je me levai brusquement, cherchant à comprendre d’où se bruit avait pu provenir, et me dirigeais dans la pièce où était censé se trouver l’homme que j’avais berné. Il s’y trouvait bien, mais n’était pas au téléphone. Les détonations étaient des coups de feu provenant d’une arme à feu. Il gisait au sol, baignant dans une flac de son sang. Je restais muette, contemplant le dos du meurtrier. Bizarrement, il me disait quelque chose. Puis il dû s’apercevoir de ma présence, car il se retourna vivement pour me braquer de son arme. J’ouvrai de grand yeux surpris, figée sur place.
Jamais deux sans trois.
Zéphyr. Encore une fâcheuse coïncidence qui le mettait à nouveau sur ma route. Je restais coite, incapable de prononcer quoi que ce soit, les mots restant coincés dans ma gorge. Les pensées s’enchaînaient à toute vitesse dans mon esprit. Qu’est-ce qu’il fichait là ? Pourquoi avait-il tué cet homme ? Est-ce qu’il allait presser la détente ? Je fus soulagée de le voir abaisser son bras, mais ne bougeais pas pour autant. Je le fixai, tendis qu’il partait, me bousculant au passage. Je ne réagis pas, restant immobile à l’entrée de la pièce où le meurtre avait eu lieu. Il revint et vida ce qui, à l’odeur, devait être de l’essence. Puis il m’entraîna vers l’entrée et mis le feu à l’appartement, avant de me saisir par le poignet et de m’emmener dans la rue. Je le laissai faire, trop abasourdie pour réagir. L’alcool m’empêchait de réfléchir clairement, et je ne disais rien. Je l’écoutais vaguement, ne trouvant pas de réponse à sa question. Je ne savais pas ce que j’allais faire, où ce que je devais faire dans ce genre de situation. J’aurais dû courir au poste de police le plus proche, mais l’idée ne me traversa même pas l’esprit. L’idée de foutre Zéphyr derrière les barreaux ne me tentait pas plus que ça.
Jamais deux sans trois.

« Heu, si tu veux, pourquoi pas. Ca m’aidera peut être. »

Je n’avais pas su quoi dire d’autre, me contentant pour le moment de me servir dans son paquet et de son zippo. Je dégageai mon poignet le temps d’allumer la cigarette, prenant une profonde inhalation. Ce que je savais parfaitement dangereux dans ma situation. La tête me tourna et je vacillai, perdant l’équilibre quelques instants. Je posai instinctivement une main sur son épaule pour me retenir, puis la retirait rapidement une fois le vertige passé. Je restai définitivement aphone, troublé par cet homme qui venait d’en assassiner un autre sous mes yeux, et qui avait eu la possibilité de me descendre, sans pour autant appuyer sur la détente. Je me laissai envahir par la sensation combiné de l’alcool et de la nicotine, qui commençait à m’être familière ces derniers temps, et posai sur lui un regard troublé et embrumé.

_____________________________

    "WITH THE LIGHTS OUT IT'S A LITTLE LESS DANGEROUS EVEN WITH A STRANGER NEVER GETS PAINLESS DON'T BE AFRAID. EVERY TIME I THINK I'M GONNA CHANGE IT IT'S DRIVING ME INSANE ."

    I SAY ARE YOU GONNA BE MY BOY?
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MessageSujet: Re: Vertigo | Wend. Lun 12 Avr - 4:11

Je m’attendais à ce qu’elle me pose une multitude de question une fois dans la rue, à ce qu’elle s’enfuit, crie ou pleure. Je m’attendais à quelque chose de brutal mais je n’obtins rien d’autre qu’un mutisme profond qui ne m’inquiéta pas, le trouvant naturel, ou du moins, prévisible dans ce genre de situation. En quelques secondes j’avais réussi à détruire la moindre poussière de confiance qu’elle avait pu avoir et je doutais même qu’elle accepte de rester seule avec moi dans un endroit clos. Je sentis sa main sur mon épaule et m’immobilisai immédiatement, intrigué par ce contact avant de comprendre que c’était les effets de la nicotine avec l’alcool. Je passai instinctivement un bras autour de sa taille pour la retenir, puis sa rapidité à retirer sa main me surpris d’autant plus que je l’imitai, ne désirant pas l’effrayer alors qu’elle était discrète à souhait pour le moment. Je tentai de l’interroger du regard mais n’obtenant pas de réponse je repris ma marche silencieusement. Au bout d’une dizaine de minutes, un camion de pompier suivis de près par la police passèrent dans la rue sans que je ne prenne la tête de tourner la tête pour voir de loin la fumée s’élever. Les sirènes me suffisaient déjà bien assez. Une fois non loin de l’hôtel je la fis s’asseoir sur un banc public à mes côtés, me tournant légèrement vers elle.

« Pas de pourquoi, pas de comment, ni même de pour qui. Je ne veux pas que t’en sache plus. Ce type, tu ne l’as jamais rencontré. Jamais. Ce soir tu étais au Mirage, tu n’as vu personne que tu ne connaissais là bas, tu m’entends ? Tu ne le connais pas. Demain, tu apprendras qu’un homme est mort dans un incendie, sans doute un suicide mais ce n’est pas grave parce que tu ne le connais pas. Tu n’aurais tout simplement pas du te trouver là… »

Je passai un bras autour de ses épaules pour l’embrasser sur la tempe avant de me lever. Je n’avais nullement envie de devoir l’abattre. Je préférais encore devoir la droguer pour provoquer une amnésie d’une heure ou deux pour qu’elle ne se souvienne de rien plutôt que de devoir lui loger vulgairement une balle dans le crâne, que cette dernière soit de plomb ou d’argent. Je n’ai jamais laissé un témoin en vie, pas même un caniche, trop méticuleux pour ce genre d’erreur mais pas elle, pas aujourd’hui, pas si tôt. Je lui tendis la main pour l’aider à se relever, plongeant mon regard dans le sien.

« Je te fais confiance Wendy. Je te fais confiance… »

Je gardai le silence jusqu’à ce que nous arrivions au Ritz. Je saluai brièvement le garde nocturne avant de la guider jusqu’au sixième étage où se trouvait ma chambre. J’aurai pu demander à un quelconque majordome nos consommations mais je ne venais jamais les mains dans les poches. Je déverrouillai la porte et la laissai passer devant moi avant d’allumer la lampe du préambule puis de la pièce annexe qu’on pouvait qualifier de « petit salon ». Je pris deux verres dont un que je remplis de vodka avant de lui donner et l’autre de whiskey. Je la poussai doucement devant moi jusque dans la salle de bain. Je posai ma boisson sur le bord de la baignoire, faisant couler de l’eau glaciale. Je retirai mon manteau, puis ma chemise avec l’habitude de ceux qui agissent mécaniquement. Je la fis se détourner un instant pour qu’elle ne voit pas mon dos vierge, sans quoi la moindre remarque risquerait de raviver le désir du premier soir. J’ôtai mon jean pour me plonger en boxer dans l’eau froide avec contentement. Un violent frisson de plaisir parcourut mon échine. Je coupai l’eau et repris mon verre en main, appelant Wendy pour qu’elle s’asseye sur le rebord.

« Je te promets que je ne t’attirerai pas dans l’eau. Elle est trop froide pour ceux qui aiment la chaleur. »

Je me redressai légèrement avant de l’obliger à se pencher pour que je l’embrasse dans le cou. Démangé par l’envie de la mordre mais aussi de la sentir serrée contre moi, je me mouillai la nuque pour glacer mes ardeurs, bien que le froid n’ait jamais eu sur moi l’effet escompté. Au bout d’une courte vingtaine de minute, lorsque je sentis clairement que mon corps était engourdi, je saisis une serviette et sortis de l’eau. Je manquai de trébucher et chuter en retournant dans la chambre, ayant peu de sensation au touché.

« Viens », ai-je murmuré, toujours aussi méfiant quant à la confiance qu’elle pouvait m’accorder maintenant.

Je me couchais doucement en travers du lit, encore humide, le cœur battant et la peau froide. Je la forçai doucement à se coucher avec moi et la pris dans mes bras, ne pouvant réprimer quelques frissons irréguliers. Sa chaleur me toucha peu à peu alors que je lui mordais l’épaule. Par respect je me relevai pour remettre ce vieux jean que j’avais oublié et je revins vers elle en riant sans raison, adorant pouvoir me tenir à au-dessus d’elle. Pour la première fois j’observai véritablement sa tenue, notant la jupe qui donnait un excellent aperçu de ses jambes, à l’instar de son chemisier pour ce qui était de sa poitrine. Ce soir elle avait voulu taper plus haut dans la société ? Mauvaise pioche.

« Comment va ton cou ? »

J’écartai doucement ses cheveux et son chemisier pour constater que sans doute je ferais mieux de cesser de la mordre. Je repris mon verre pour un boire une gorgée avant de me coucher doucement à côté d’elle, l’observant, nullement perturbé par l’homme que j’avais abattu. Tout cela faisait maintenant parti de ce qui était normal pour moi et cela n’éveillait plus aucun soupçon de bonne conscience. Dérangé de ne pas l’avoir mise en garde oralement, je plongeai mon regard dans le sien, parfaitement sérieux.

« Sache que je n’ai jamais laissé un témoin en vie alors…tâche d’honorer ton statut de survivante… Et maintenant…embrasse moi ? »
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MessageSujet: Re: Vertigo | Wend. Lun 12 Avr - 17:50

Il me soutint le temps que je reprenne mes esprits, retirant son bras tout aussi vivement que j’avais retiré ma main de son épaule. Je fuyais son regard interrogateur, me contentant de le suivre en silence. J’aurais pu partir en courant, m’enfuir loin de lui, mais je ne voulais en aucun cas me retrouver toute seule chez moi. Et puis, rien ne me garantissait qu’il n’allait pas sortir son arme pour me loger une balle dans le cœur à moi aussi, perspective qui ne m’inspirait pas plus que ça. Je tournais vaguement la tête au passage des pompiers et des forces de l’ordre, apercevant un filet de fumée s’élever au dessus des toits de la ville. Je ne bronchai pas lorsqu’il me fit m’asseoir sur un banc non loin de l’hôtel, l’écoutant le regard dans le vide. Je m’attendais à ce qu’il me dise ce genre de chose, je ne fus donc pas surprise par son discours.

« Je ne tiens pas à en savoir plus. Ce que j’ai vu me suffit. Rassures toi, personne ne nous a vu, aucun témoin ne pourra assurer que j’étais en sa compagnie ce soir. Et je ne me souviens même pas de son nom. »

Ce qui était vrai. J’avais trop bu, et je me souvenais à peine de son visage. La seule chose qui me venait à l’esprit était la marre de sang dans laquelle il baignait, et l’arme de Zéphyr pointé sur moi. Je ne comprenais pas ce qui l’avait retenu de me tirer dessus, mais je lui en étais reconnaissante. Je me penchai sensiblement vers lui lorsqu’il passa un bras autour de mes épaules. Je ne savais pas si c’était une bonne idée, mais je souhaitais plus que tout rester avec lui en cet instant, effrayé à l’idée même de retrouver la solitude de mon domicile. Je m’aidai de sa main pour me relever, la tenant un instant, attendant que le vertige passe, restant silencieuse. Je me perdis un instant dans son regard, tandis qu’il m’assurait de la confiance qu’il avait en moi. Ce qui n’était pas bien difficile, vu la peur qui m’habitait. J’avais peur de lui, ou plutôt de ce qu’il avait fait ce soir. Bizarrement, je lui faisais confiance aussi, et tentait de le lui faire comprendre par un regard, encore incapable de parler. Je le suivais sagement jusqu’à sa suite, restant le plus proche possible de lui sans pour autant le toucher. Il me servit un verre de vodka, dans lequel je trempais mes lèvres avant qu’il me conduise dans la salle de bain. J’étais complètement ailleurs, me contentant de lui obéir sagement et de m’asseoir sur le rebord de la baignoire, sirotant mon verre doucement. Je le remerciai d’un signe de tête. Je ne voulais pas me retrouver dans l’eau froide, qui m’aurait fait reprendre conscience brutalement de la situation. Je préférai encore être perdue que de me rendre compte que j’étais en présence d’un meurtrier. Je me penchai vers lui, appuyant ma tête contre la sienne, fermant les yeux tandis qu’il m’embrassait dans le cou. J’avais une horrible envie de me blottir dans ses bras, comme une enfant effrayé par un film d’horreur. J’attendis patiemment qu’il est terminé son bain, le suivant dans la chambre. Je frissonnai au contact glacial de sa peau contre la mienne, mais restai contre lui, éprouvant le besoin d’être à ses côtés. Je le laissai mordre mon épaule, un frisson un peu plus important parcourant mon échine. Il n’avait pas touché le nerf à la base du cou, ce qui m’allait parfaitement. Je passai une main sur mon visage, terminant mon verre cul sec afin de brouiller le semblant de conscience qui me restait, tandis qu’il enfilait un jean, avant de revenir s’allonger à côté de moi. Il observa les dégâts qu’il avait causés dans mon cou, qui était parcouru de toutes ces morsures qu’il m’avait infligées au cours des deux nuits que j’avais passé en sa compagnie.

« Ça va, je m’y suis habituée. Tant qu’on n’appuie pas dessus, je ne sens rien. »

Je contemplais ses iris bleus, écoutant son avertissement. Il n’aurait pas eu besoin de le formuler à voix haute, je m’en étais vaguement doutée. Mais me l’entendre dire me réconforta d’une certaine manière. Je m’approchai de lui, posant mon front contre le sien, fermant les yeux quelques instants. Je pris une profonde inspiration, tentant en vain de chasser la peur qui m’habitait. Comme il me l’avait demandé, je l’embrassai, passant une main sur son omoplate. Puis j’enfouis ma tête dans son cou, me blottissant contre son corps glacé. J’avais besoin d’être rassurée, de m’entendre dire que tout ceci n’était qu’un mauvais rêve, une blague, un malentendu, que j’avais mal interprété ce que j’avais vu, n’importe quoi. J’étais retombée en enfance, et l’image de ma grand-mère me consolant après un vilain cauchemar refit violemment surface. Ce fut un tel choc que je frissonnai contre lui, oubliant un instant où je me trouvai. Je tentai de contenir les sanglots qui naissaient dans ma gorge, mais quelques larmes silencieuses m’échappèrent. Je détestai me montrer dans un tel état de faiblesse, mais il me fut difficile de contenir ma peur plus longtemps. Je lui étais reconnaissante de l’attention dont il avait fait preuve. J’avais bien remarqué qu’il cherchait à ne pas me brusquer, à ne pas m’effrayer, mais malgré tous ses efforts, j’étais terrorisée. Je n’osai pas fermer les yeux, l’image de l’homme baignant dans le sang revenant sans cesse, accompagnée d’une vague odeur d’essence. Je me serrai un peu plus contre lui, le flot de larmes grandissant au fur et à mesure, tandis que je m’abandonnais contre lui, redevenant la petite fille innocente que j’avais été. Je perdais peu à peu conscience de l’endroit où je me trouvais, de la personne avec qui j’étais. J’aurai voulu oublier tout, ne pas avoir rencontré cet homme, ne pas avoir rencontré Zéphyr, ne pas être sortie de chez moi ce soir, ne pas avoir bu. Mais il était trop tard, et cela ne servait à rien de me perdre dans le regret. J’étais là, avec Zéphyr, cet être qui m’attirait tout autant qu’il m’effrayait, et dont j’avais besoin en cet instant.

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MessageSujet: Re: Vertigo | Wend. Mar 13 Avr - 0:56

Sa léthargie sollicita une douceur inouïe qu’on ne me connaissait pas et c’est avec les plus grandes précautions que je la pris dans mes bras. Je restais silencieux, écoutant paisiblement sa respiration. Mes propres crimes n’avaient plus le moindre impact sur mon comportement et ce ne fut qu’en l’observant elle que je me souvins de l’atrocité du premier bain de sang. La panique que cela avait fais naître puis la montée d’adrénaline, le plaisir d’avoir tuer. Plaisir glauque mais puissant. Je fermais progressivement les yeux, lentement réchauffé par son corps avant de réaliser qu’une de ses larmes avait glissé dans mon cou. Un léger frisson me parcourut et une furtive sensation de remord commença à me hanter. Je la repoussai doucement pour tirer les draps puis je revins à elle pour la soulever, l’obligeant à se glisser au chaud sous les couvertures. Je la rejoignis, la reprenant contre moi, serrant à peine plus mon étreinte alors que les mots me manquaient. J’avais toujours été d’une profonde maladresse pour consoler les gens et encore plus, calmer leurs larmes aussi bien ne pouvais-je que rester muet, la gardé serré contre moi, au comble de l’ironie, comme si cela pouvait la protéger de quoi que ce soit. J’avais tué. J’étais l’assassin, et pourtant je cherchais moi-même à l’apaiser comme s’il s’agissait de quelque chose commit par un type, un inconnu. Je posai doucement mes lèvres sur sa tempe, sachant pertinemment que son état était contagieux et qu’elle m’affaiblissait lentement mais sûrement.

« Wend…je…non… »

Je bredouillais, acculé au pied de mur. Je refusais de la mettre dans cet état. Je séchai ses larmes doucement d’un revers de la main avant de me laisser aller aux images qui allaient me hanter. Quatre coups. Quatre impacts. Cette nappe de sang délicieusement salvatrice puis ce bruit qui m’avait laissé sur le qui-vive. Ma violence naturelle remontant, se montrant sous la forme d’un instinct incontrôlable où l’Homme se laissait aller à la bestialité, j’avais fais l’erreur de braquer mon arme sur elle et cette fraction de seconde m’avait frappé de plein fouet. Wendy. La reconnaissance fut sans doute aussi désagréable pour l’un que pour l’autre alors maintenant j’aurai tout fais pour qu’elle cesse de pleurer et s’endorme. Ce regard. Cette terreur. Je l’embrassai tendrement sur l’épaule, ne sachant plus que faire pour la soulager de son fardeau si ce n’est la laisser pleurer pour tout évacuer.
Je me couchai sur le dos, le regard porté sur le plafond, la calant correctement contre moi, songeur.

« Tu sais Wendy, je ne sais pas comment on fait. Comment on fait pour réussir à se supporter trois fois de suite. La première fois je n’étais pas décidé à bouger. Je crois que je me suis juste avancé à te payer une consommation. » dis-je sans savoir pourquoi avant de reprendre après un instant de silence. « Je me suis terriblement ennuyé. Enfin, je veux dire, ces derniers temps. Je ne m’amuse plus que lorsque je fous dehors les filles aux environs de deux heures du matin sans leur avoir laissé le temps de s’asseoir sur le canapé pour mettre leurs chaussures. »

J’omis de dire qu’elle avait été la seule à pouvoir dormir dans mon lit et même à pouvoir y retourner car cela ressemblerait de trop près à une déclaration bidon de sentiment mais je ressentais ce besoin étrange de combler le vide, quitte à abaisser la totalité de mes défenses et passer pour un tout autre personnage. J’avais aussi eu l’intelligence de passer sous silence que rares étaient celles qui osaient laisser des traces de leur venue dans mon dos ou pire, que j’acceptais une seconde fois chez moi. Dans un instant d’abandon fatal chaque détail, chaque aspérité dans le décor semblait m’écorcher. Elle était entrée chez moi. Elle avait provoqué de violentes réactions. Elle avait dormi dans mon lit, chose impensable. Je l’avais regretté et arrivais à m’ennuyer. Je lui en avais voulu à la mort et pourtant j’étais revenu m’asseoir à côté d’elle sans un mot, légèrement honteux de revenir puis le tout c’était même envolé pour j’accepte de lui faire découvrir mon bureau cette fois-ci, la laissant reposer à loisir le lendemain sans chercher à la chasser, me laissant même aller à me reposer véritablement à ses côtés et non pas que d’un œil. Je n’avais pas pressé la détente ce soir alors qu’avec une autre personne il n’y aurait pas eu l’ombre d’un doute. Je l’avais laissé en vie. Oui, en vie.
Envie.
J’esquissai un faible sourire avant de fermer à demi les yeux.

« Qu’est ce qui t’as déplu ce soir où tu étais avec un type que j’ai fais fuir ?... »

Je tournai légèrement la tête vers elle, curieux de connaître enfin la cause de nos éclats. Son agressivité avait suffit à susciter une humeur noire et meurtrière, et le tout cumulé de regards glacés, je n’avais pu me contenir plus longtemps.
J’eus l’étrange impression d’avoir glissé dans la pente et que plus rien pour toute la soirée ne saurait me rendre ma méfiance naturelle ni même mon détachement total accompagné d’une note de cynisme. J’avais besoin de quelque chose, sans doute d’un rien, pour raviver une certaine jovialité ou du moins, une humeur plus joueuse. Je l’observai, de nouveau silencieux en songeant que dorénavant que nous serions forcé de nous voir régulièrement ou bien de nous apercevoir car je ne pouvais pas relâcher en totale liberté un témoin. Il y avait une chance pour que cela provoque des remous au sein même de l’équipe et par excès de zèle ils étaient encore capables de finir mon travail si je ne m’exposai pas rapidement en tant que protecteur. Personne ne cherche jamais à contredire ce genre de position de ma part, sachant que lorsqu’il s’agit de défendre mes envies, mes batailles, mes idées, je manque cruellement de pitié et ne fais plus de différence entre alliés et ennemis.

« Comment te sens-tu maintenant Wendy.. ? »


Je me tournai sur le flanc, passant une main légère sur son visage avant de me perdre dans son regard, faisant toujours preuve de délicatesse et il en serait ainsi pour le reste de la soirée sans aucun doute.
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MessageSujet: Re: Vertigo | Wend. Jeu 15 Avr - 1:03

Je n’arrivais plus à arrêter le flot de larmes, ce qui n’était peut être pas si mal. Au moins, j’évacuais d’une certaine façon les évènements de la soirée. J’étais complètement vide, incapable de penser, incapable de bouger, incapable de parler. Je ne réagis pas lorsqu’il me fit glisser sous les draps, me blottissant juste un peu plus contre son corps, qui se réchauffait progressivement. J’appréciai le poids des draps sur moi, qui me donnait l’impression de m’enfoncer dans le lit, d’être dans un petit cocon coupé du monde. J’avais juste besoin d’être dans ses bras, rien de plus. Mais mes larmes le mirent mal alaise, et je n’avais pas le courage de lui dire que les paroles étaient inutiles, qu’il pouvait rester silencieux s’il le désirait, je m’en fichais tant qu’il me gardait conter lui. Quand il prit la parole, je me redressais légèrement, juste assez pour pouvoir le regarder, une main appuyée sur son torse. L’espace d’un instant, j’eus l’horrible impression qu’il était sur le point de m’étaler ses sentiments, ce qui m’aurait insupporté au plus haut point, surtout que dans ce genre de situation je peux être très facilement irritable. Mais après réflexion, je me rendis compte que je ressentais la même chose. Je ne trouvais déjà de réponse à sa première question. C’est vrai ça, comment on arrivait à se supporter ? Bon, la première fois, c’était principalement moi qui était allez à sa rencontre, vu qu’il m’avait simplement offert un verre de loin. Mais le lendemain matin, c’est lui qui m’avait retenue en planquant la moitié de mes vêtements, prenant un malin plaisir à me laisser chercher dans tous son appartement. Et la seconde fois, j’avais certes cherché à ce qu’il vienne, mais il aurait très bien pu passer son chemin, ou faire comme s’il n’avait pas remarqué la provocation. Et pour finir, ce soir. Ce soir, je n’avais rien fait de particulier, et il avait fallu qu’il vienne abattre l’homme que j’avais piégé.
Non.
Tous ce que je venais de penser était faux. Je me cherchais juste des excuses, rejetant la faute sur lui, tout ça parce que je refusai de m’avouer que, d’une certaine manière, je ressentais pour lui une sorte... d’addiction. Je ne trouve pas d’autre mot pour décrire la chose. Le premier soir, il avait su déclencher chez moi des réactions qu’aucun autre avant lui n’avait réussi à réveiller. Je m’étais ennuyer pendant une semaine entière, c’est donc tout naturellement que je n’avais pas réussi à me contenir lorsque je l’avais recroisé. Envahit par le souvenir de sa salle de bain, j’avais tout fait pour le provoquer, et même si tout avait plutôt mal commencé, nous avions tout de même fini dans son bureau, et cette fois ci il ne m’avait pas jouer de sale tour le lendemain matin, me laissant dormir tout mon soûl dans son lit. Et ce soir... Et bien, ce soir, je m’étais tout simplement trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Et je l’avais suivi, signe qu’il y avait bien quelque chose de spécial chez lui. Je ne savais pas quoi lui dire, mes lèvres refusant de s’ouvrir. Je ne tenais pas à ce qu’il prenne conscience de cette sorte d’emprise qu’il avait sur moi. J’articulai deux mots, faiblement, détournant le regard.

« Moi aussi. »

Je sentais que le sommeil m’envahissait peu à peu, lorsque sa seconde question me réveilla. Décidément, il avait l’art et la manière de poser toujours les questions les plus dérangeantes. Jamais je ne lui dirai la vérité sur le sujet. Jaloux. Il avait été jaloux, et je ne supportai pas ça. Je ne lui appartenais pas, j’avais le droit de mener la vie que je voulais. La jalousie démontre une certaine appartenance, un certain attachement. La jalousie est le sentiment humain que j’abhorre au plus haut point. Je fermais les yeux, fronçant les sourcils afin de simuler une intense réflexion.

« Tu sais, j’avais beaucoup bu ce soir là, et... Je n’arrive pas à me souvenir... »

J’espérais que mon mensonge l’avait convaincu et qu’il ne me parlerait plus de ça. Je ne tenais pas à lui mentir plus que ça, surtout qu’il se soit montré si... doux et attentionné avec moi. Je ne trouvais pas ça très... honnête de ma part. Je fermais les yeux, la tête posée sur sa poitrine. Je sentais qu’il ne restait que peu de temps avant que je ne sombre définitivement dans un sommeil profond, doucement bercée par les battements de son cœur. Je l’entendis parler une dernière fois, comme si sa voix venait de très loin dans la brume à l’inverse de sa main sur mon visage, qui elle était bien présente dans mon esprit. Vide. Je me sentais terriblement vide. J’entrouvris à peine les yeux, me retrouvant instantanément plongé dans les siens.

« Je ne sais pas... Mieux, je suppose. »

Je restai ainsi quelques instants, me perdant dans son regard couleur de glace, mais qui en cet instant n’en avait pas la froideur. Puis mes paupières se fermèrent progressivement, et je sombrai dans un profond sommeil, vidé de tout rêve. Zéphyr...

Quatre coups. Quartier huppée. Champagne. Appartement. Quatre coups. Sang. Mort. Meurtre. Assassin. Quatre coups. Zéphyr. Ritz. Quatre coups.
Je me réveillai en sursaut, haletante, envahit par l’image de l’homme baignant dans son sang. Je ne comprenais pas où j’étais, dans ce lit entouré d’obscurité. J’étais en nage, ma chemise me collait à la peau, sensation fort désagréable. La panique s’empara de moi. Je tournai la tête, baissai le regard. Zéphyr. Il était là, encore endormi. Ma peur retomba instinctivement, adouci par la vision de cet être reposant à mes côtés. Je plongeai mon visage dans mes mains, tentant de recouvrer mes esprits, de me souvenir un peu mieux de ce qu’il s’était passé quelques heures plus tôt. Ce qui était difficile, une horrible douleur me vrillant le crâne. J’avais besoin de prendre un bain. Je quittai les draps et me dirigeai vers la salle de bain, le plus discrètement possible, veillant à ne pas le réveiller. Je refermai la porte derrière moi, approchant de la baignoire. Je cherchai la bonne température de l’eau, ma main me démangeant au niveau du robinet d’eau chaude. J’étais tentée de le tourner un peu plus, mais je réussi à vaincre cette envie, frappé de plein fouet par le visage de ma grand-mère lorsqu’elle m’avait découverte. Je souhaitais ne jamais revoir cette expression sur le visage de quiconque. Je retirai ma chemise et ma jupe, plongeant dans l’eau chaude en sous vêtement. Je respirai un bon coup, fermant les yeux dans la lumière tamisée. Les maux de tête s’en allèrent progressivement, tandis que j’évacuai une fois pour toute cette peur qui m’avait hantée tout la nuit.

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MessageSujet: Re: Vertigo | Wend. Jeu 15 Avr - 21:39

Je n’ai jamais supporté d’avoir un vide. Un blanc. Une de ces passerelles temporelles qui s’effondrent et ne laissent plus que le néant après un trop-plein d’alcool. Et c’était ce dont semblait souffrir Wendy à cet instant précis à cause de ma question. Je soupirai doucement, songeant à renoncer, du moins pour aujourd’hui bien que l’ignorance m’irrite plus que tout. Je restais silencieux, perdu dans mes réflexions lorsqu’elle posa sa tête sur mon torse, me faisant tressaillir. Ce contact inattendu aurait aussi me faire grogner que rire en d’autres circonstance et pourtant cette fois-ci ma réaction fut sobre, s’arrêtant à ce frisson. Je la vis progressivement basculer dans le sommeil sans que je fusse moi-même fatigué. Je me contentais de fixer le plafond, le regard perdu dans les limbes avant de m’endormir à mon tour, n’osant plus bouger de crainte de la réveiller.
Quelques heures après je sentis une légère chaleur me quitter à travers mon sommeil plus que léger, puis une ombre furtive sembla passer devant mes paupières closes mais je ne compris qu’en m’étirant de longues minutes plus tard que Wendy n’était plus là. Je me redressai brutalement, étonné de ne pas la trouver la encore endormie. Dans l’obscurité totale je me levais, oubliant que je me trouvais à l’hôtel et non pas chez moi. Une douleur aiguë dans la hanche me ramena cruellement à la réalité.

« Putain de meuble. Tain. Et elle est passée où ? Elle se tire comme ça à l’aurore ? » Maugréai-je avant de prendre conscience de la lumière qui se coulait sous la porte de la salle de bain.

Je m’appuyai doucement contre cette dernière, apaisé à l’idée qu’elle n’ait pas filée à l’anglaise à une heure pareille alors même que le jour de notre rencontre elle n’avait pas pu le faire. Je cautionne beaucoup de chose dans cette veine, mais pas qu’on me fuit sans le moindre mobil alors même que j’ai pu faire preuve de douceur plusieurs heures auparavant. Je profitais qu’elle était dans la salle de bain pour méditer à ce que j’allais faire d’elle. Certes, j’étais, ou plutôt, nous étions, maintenant forcés de nous revoir de près ou de loin mais demeurait le problème que risquait de me poser la bande. Aucun n’oserait s’insurger même face à moi mais dans mon dos je les sais capable de beaucoup de chose pourvu qu’ils soient convaincus que c’est pour mon bien. Et j’étais certain qu’ils allaient penser dans ce sens concernant la mort de Wendy. Qu’allais-je pouvoir faire d’elle. La garder sous mon joug était impensable, aussi bien pour elle que pour moi. Elle n’allait pas accepter, et puis j’étais trop sujet à de violentes sautes d’humeurs pour accepter une telle situation, surtout en connaissant sa réaction face à un meurtre.
Je m’étais laissé doucement glisser pour me retrouver assis à même le sol, pensif. On peut fumer dans les hôtels huppés ? Je baillai, encore tiraillé par une légère fatigue, sans aucun doute due à mon manque de rythme lorsqu’il s’agit de vivre normalement. Je me relevai difficilement, les membres engourdis par le sommeil et décidai d’entrer dans la salle de bain. Plus grand-chose ne pouvait réellement nous choquer tous les deux. Je vis dans un monde sans limite où les interdictions n’existent pas ; et elle, pour m’avoir déjà vu à trois reprises, elle a sans doute conscience de mon manque de pudeur mais aussi de règles structurées. Je me suis assis à côté de la baignoire, calant ma tempe sur son bord, devinant à la douce tiédeur de la pièce qu’elle prenait un bain chaud, comme la plupart des gens.

« J’ai cru que tu t’étais vengé de ne pas avoir pu te sauver la première fois… » Soufflais-je en souriant.

Oui, j’avais cru. L’épaule ainsi plaquée contre la faïence froide fit naître une onde de fraîcheur dans mon corps, me délassant. Je me redressai légèrement pour poser mon menton sur le bord de la baignoire, observant son visage sans bouger. Je n’avais jamais eu sur les bras quiconque qui avait subi ce que les psychologues appellent traumatisme, et dorénavant je pouvais assurer que je ne désirai guère réitérer. En temps normal les larmes, cri et jérémiades d’autrui me laissent de marbre mais cette fois-ci j’avais ressenti un profond malaise. C’est ça le mauvais versant de revoir plusieurs fois une fille avec qui on a eu une aventure. On prend des habitudes, bonnes ou mauvaises, et il devient ardu de traiter cette fille comme une inconnue.

« A deux minutes près je crois que j’enfilais une chemise, un manteau et que je partais te chercher dans la ville pour t’attraper par la peau du cou. Je suis…impulsif. Et ça m’a fait drôle de me réveiller seul dans un lit froid. Ça t’arrive souvent de te réveiller à des heures pareilles ? Car déjà que l’on sait que tu as un souci profond avec l’attachement, mais si tu en as un aussi avec le sommeil, tu deviens une drôle de bête… » dis-je en riant par provocation, n’espérant pas pour autant lui arracher un sourire.

J’étais d’humeur à faire des conneries. N’importe quelles conneries. Elles sont toutes bonnes à faire et après une nuit où l’on a assoupli considérablement mon tempérament, je ne peux que redevenir un sale gosse, pas véritablement vicieux, juste chiant, comme tout gamin qui se respecte. Je me relevai, ne supportant plus d’être avachi par terre pour m’asseoir sur le bord de la baignoire. Je posai ma cheville sur mon genou, sachant pertinemment mon équilibre précaire, endommagé par le sommeil, le manque « d’instinct de survie » et la torpeur due à la fatigue.
Je plongeai une main dans l’eau, comme pour en prendre la température avant de l’éclabousser généreusement. De toute façon, elle n’avait qu’à pas prendre de bain avec moi dans les parages. Et puis maintenant ce n’est plus un secret que j’aime transformer les salles de bain en piscine…

« Ça, c’est pour m’avoir fais me lever et me cogner dans ce foutu meuble… »
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MessageSujet: Re: Vertigo | Wend. Sam 17 Avr - 19:42

Qu’allais-je devenir ? Cette question me hantait depuis mon réveil. Car que je le veuille ou non, j’avais été témoin de la scène, et il ne pourrait sûrement pas se contenter de me relâcher dans la nature, et faire comme si de rien était. Il avait eu la possibilité de me tuer, mais ne l’avais pas fait, et s’était même montrer particulièrement avenant, j’en déduisais donc qu’il n’allait pas me loger une balle dans le crâne maintenant. Quels étaient donc ses plans me concernant ? Allait-il me surveiller, afin d’être sûre que je ne dise rien, ou encore me séquestrer dans un coin pour garder un œil sur moi ? Cette idée ne me réjouissait guère. Je préférais encore être suivie qu’enfermée, même dans une prison dorée. Ce qui était quasiment certain, c’est que j’allais être obligé de le revoir, peut être même régulièrement, ce qui ne m’enchantait pas plus que ça. Certes, je n’étais pas contre le fait de passer la nuit avec lui de temps en temps, je l’avais même un peu cherché, mais de là à ce que cela devienne régulier, il y avait un pas considérable que je n’étais pas prête à franchir, à cause de l’attachement que cela impliquait. Je mettais tout ça dans un coin de ma tête, vidant mon esprit. Ce n’était pas le moment de penser à tout ça, il fallait que je me détende avant qu’il se réveille. Ce qui était étrange, c’est que je n’avais pas peur de Zéphyr, même si je l’avais vu abattre un homme sous mes yeux. C’était comme si un autre avait commis cet acte, et que lui avait juste ramassé les pots cassés. Il s’était montré si doux jusqu’à ce que je m’endorme, mon esprit était incapable d’assimiler les deux hommes. J’avais eu peur, mais pas de lui, juste de ce qu’il avait fait. Et ce qui m’avait le plus effrayé, et qui m’avait mise dans un tel état, c’avait été quand, l’espace de quelques secondes, le canon de l’arme s’était retrouvé pointé dans ma direction. Ce fut très court, et pourtant j’avais eu l’impression de voir ma mort en face, incapable de lui échapper.
J’ouvrais les yeux, un bruit derrière la porte m’ayant fait reprendre conscience de l’endroit où je me trouvais. Il s’était réveillé, et avait du se cogner contre un meuble. Il pénétra dans la pièce, et vint d’asseoir près de la baignoire. Je commençais à m’habituer à lui, ce qui me dérangeait un peu. Comme ça il avait cru que j’étais parti ? L’idée de le quitter ainsi au beau milieu de la nuit ne m’avait même pas effleurée l’esprit. C’aurait été particulièrement déplacé de ma part de m’enfuir ainsi, comme une ingrate alors qu’il avait tout fait pour ne pas me brusquer. J’allais mieux, le traumatisme était passé, comme si tout ça n’avait été qu’un mauvais rêve, et je recouvrais petit à petit mon caractère joueur et taquin. J’avais envie de rire, de me changer les idées. De faire des conneries.

« J’y ai vaguement pensé, mais je me suis dis que ce serait dommage de ne pas profiter d’une si belle salle de bain, surtout vu le prix que tu dois y mettre. » lançai-je, un léger sourire planant sur mes lèvres.

Un léger rire naquit dans ma gorge alors que j’écoutais ses remarques. Je l’imaginais courir dans les rues de Londres à trois heures du matin, une lueur de rage au fond des yeux, cherchant dans tous les recoins pour me trouver. Je serais certainement rentrée chez moi, ou au fond d’un bar, me noyant dans l’alcool pour oublier. Mais je ne l’avais pas fait, j’étais restée, et je me demandais encore pourquoi. Sûrement parce qu’au fond, je savais que si je m’étais enfuie alors que nous étions dans la rue, il se serait montré beaucoup moins attentif. Vous en connaissez beaucoup des meurtriers qui laissent des témoins gambader librement dans la nature ? Je ne pense pas que ça existe, et il avait l’air d’être quelqu’un de particulièrement consciencieux, ne laissant aucune trace derrière lui. Sinon, pourquoi aurait-il brûlé l’appartement ? Je l’observai tandis qu’il s’asseyait sur le rebord de la baignoire. J’étais d’humeur à faire des conneries, et je fus prise d’une terrible envie de l’attirer dans l’eau. Mais je me retins de justesse, me souvenant au dernier moment qu’il n’avait pas aimé le fait d’être plongé dans l’eau chaude lorsque j’étais chez lui. Cependant, j’ouvris quand même l’arrivée d’eau froide. Simple précaution, au cas où il ferait quelque chose de travers. Et c’est ce qu’il fit. Il m’aspergea sans retenue, mouillant mes cheveux que j’avais pris soin de garder au sec, car je détestais les sentir coller sur mes épaules. Accessoirement, il commença l’inondation de la salle de bain, mais je n’en avais cure à ce moment. Je me saisis de son bras qui était plongé dans la baignoire, et tirai franchement dessus. Il rejoignit rapidement l’eau, son équilibre étant plus que précaire dans cette position, et aussi à cause des restes d’alcool, je suppose. J’approchai m’approchai doucement de son oreille, un sourire aux lèvres.

« Ca, c’est pour m’avoir traité de drôle de bête, car le plus animal des deux c’est toi, je ne mords pas... D’ailleurs, je suppose que c’est pour ça qu’on arrive à se supporter trois fois de suite. Je suis peut être une drôle de bête, mais toi aussi. » susurrais-je. « Et je pensais avoir été discrète en me levant, désolée. Mais tu sais par expérience que je n’ai pas de problème avec le sommeil, sinon tu n’aurais pas eu l’occasion de cacher mes vêtements. »

Je ne pus me retenir de rire, repensant à la difficulté que j’avais eue à retrouver mon short et mon soutien-gorge. Il l’avait joué sale gosse, et alors qu’il m’avait éclaboussée, j’avais cru deviner au fond de ses iris la même lueur d’amusement qui les éclairaient ce matin là. Les évènements de la soirée, qui m’avait pourtant bouleversé quelques heures auparavant, s’estompait de plus en plus, jusqu’à ce que je les oublie complètement pour le moment. Je posai mes lèvres sur sa mâchoire, dont j’avais oublié le dessin si parfait, laissant courir mes doigts sur son avant bras. La salle de bain allait sûrement se retrouver inondée, mais un hôtel de cette envergure payait bien des gens pour ça. J’avais donc moins de scrupules à la rendre dans un sale état que lorsque je m’étais rendue chez lui.

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Zéphyr O. Mitchell




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MessageSujet: Re: Vertigo | Wend. Sam 17 Avr - 22:40

Je ne me rendis pas compte qu’elle avait ouvert le robinet d’eau froide, bien trop perdu dans les nébuleuses d’un sommeil encore proche. Je ne pus m’empêcher de sourire lorsqu’elle rit mais ne vis venir en aucun cas sa vengeance. Elle saisit mon bras sous mon regard surpris. J’hoquetai, surpris et tentai à peine de résister, n’était pas dans une situation favorable. Je tombai alors à l’eau, étonné de constater qu’elle n’était plus si chaude que ça. Je voulus me redresser mais elle s’approcha pour me susurrer quelques mots ce qui eut pour effet de me tenir tranquille un instant avant que je ne me mette à rire. Je n’ai jamais renié que j’étais plus bestial qu’humain ; il venait même parfois que je m’abandonne avec plaisir à cette face beaucoup plus sauvage et abrupt. Comme pour me moquer d’elle je léchai brièvement sa gorge avec de me redresser pour de bon, satisfait de pouvoir la dominer facilement dans ce genre de situation.

« Cette fois-là tu avais pu plus d’alcool que n’importe quel ivrogne, c’est normal que tu aies dormi si profondément et sache que la personne qui ne m’éveillera pas en se levant n’est pas né. Je ne dors jamais suffisamment fermement pour ne pas prendre conscience des changements. Et comment veux-tu que je me repose sereinement à côté d’une fille sur laquelle je me devais de veiller pour une nuit ? »

Ses doigts courraient allègrement sur mon avant-bras, n’éveillant plus aucun mouvement de recul maintenant que j’avais pris l’habitude de lui laisser progressivement de plus en plus de liberté ; ou du moins, ce soir, tout comportement agressif et sur la défensive m’avait déserté pour me laisser des plus inoffensifs. Elle semblait beaucoup plus éveillée et joueuse que lorsque nous étions arrivé et cela me rassura d’une certaine façon. Un seul détail continuait à m’échapper : comment avait-elle pu dormir dans mes bras tout en étant profondément marquée par sa soirée tumultueuse.
Je fermai les yeux un instant, appréciant la température de l’eau avant de faire un effort pour me relever et sortir de l’eau. J’eus beaucoup de difficultés à ôter mon jean qui maintenant formait comme une seconde peau sur mes jambes. Je restai en sous-vêtement pour la rejoindre de nouveau, ayant fini de mener bataille avec le vêtement moulant. Je l’embrassai sur le front avant de la bousculer gentiment pour me glisser sous elle, désirant étrangement lui laisser un minimum de liberté l’espace de quelques courtes minutes. Je frôlai doucement le bas de son dos en douceur, posant mes lèvres au coin des siennes. Je remontai délicatement mes mains, sachant pertinemment que si je jouais trop longtemps avec ce point sensible, je risquais de me retrouver avec de profondes marques sanglantes sur le bras, l’épaule ou même le dos. Je la laissais se préoccuper de mes avants- bras, toujours aussi curieux sur ce détail qui me rebutait. Placide et attentif, je restais silencieux en suivant chacun de ses gestes, gardant ce regard tendre. Je manquai de poser la question puis préférai attendre, ne supportant pas l’aide d’autrui. Amusé par son attention et aussi la mienne, je fis doucement jouer mes muscles sous ma peau fine avant de partir en éclat de rire, rejetant la tête en arrière.

« Tu es bonne élève dirait-on… Eau froide, jeux de mot…La prochaine fois laisse moi donc l’occasion d’ôter mon jean, je ne supporte pas les habits qui collent à la peau… » Ai-je soufflé son visage proche du mien. Après un instant de silence, quelque chose s’éclaira dans mon regard. « Oui, bonne élève… »

Élève. Voilà ce que j’allais faire d’elle, d’ici deux ou trois semaines. Encore un peu de répit, de liberté et d’inconscience avant que je ne la pousse doucement dans un monde qui était plus mien que sien. Je lui mordillai le bout des doigts, le regard absent avant de me redresser légèrement, la tenant contre moi. Je laissai glisser deux doigts dans son cou puis sur sa clavicule avant de ne faire glisser qu’une bretelle de son soutien-gorge pour embrasser tendrement son épaule nue. J’ai doucement fermé les yeux, n’ayant même plus besoin de la voir pour connaître par cœur les formes agréables de son corps. Trois fois c’était trop. Bien trop. Jusqu’à présent je n’avais jamais pris le risque de retrouver une fille, et encore moins de me souvenir d’elle. Mais elle je l’avais dans la peau, profondément gravée dans mes os comme ses ongles avaient marqué à rouge mon dos vierge. Sa façon de réagir, de me faire rire, de me provoquer et de faire naître en moi une rage peu commune ; tout éveillait une parcelle de mon corps ou de mon esprit auxquelles personne ne touchait auparavant. Sa fragilité subite cette nuit, au lieu de me laisser de glace, m’avait radouci et sans doute n’étais-je pas honnête en disant que je n’aurai pas pu dormir sereinement à ses côtés. Elle était venue dans mon lit. Mon lit, à moi. Mon lit dans lequel je dormais le plus tranquillement du monde, qu’il y ait quelqu’un ou non. Et c’était bien le problème.
Je glissai une main dans sa nuque pour l’attirer à moi, l’embrassant longuement avec plaisir. L’eau fraîche me délassait, contrastant à merveille avec la chaleur que son corps me procurait. Je me reculai légèrement, désireux de jouer car je ne pouvais pas m’avouer vaincu maintenant, pas déjà. Je frappai l’eau du plat de la main, faisant gicler des gerbes d’eau, me fichant bien d’être aussi trempé qu’elle.

« J’aime bien les bêtes, estime toi heureuse que je n’y sois pas allergique car je ne suis pas des plus doux avec ceux qui me sont antipathiques Wend. N’essaye même pas de gueuler pour ça d’ailleurs. C’est l’instinct de survie qui parle, pas je ne sais quelle connerie sentimentaliste. T’attaque, j’te bouffe, même si je me suis emmerdé sans toi pour me faire sortir de mes gonds. J’ai tellement peu de pitié…D’ailleurs. Tu n’as pas froid ? Car tu préfères la chaleur me semble-t-il…»

PS ; J’adore quand il dit qu’il a pas de pitié et que l’instant d’après il s’informe de son bien-être à elle xD


Dernière édition par Zéphyr O. Mitchell le Dim 18 Avr - 11:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Vertigo | Wend. Dim 18 Avr - 0:46

J’haussai les sourcils de surprise lorsqu’il me lécha la gorge. Quand il s’était approché, je m’étais attendue à ce qu’il m’inflige une nouvelle morsure, marquant mon cou un peu plus, mais non, il s’était contenté d’y passer sa langue. Décidément, il ne finirait jamais de me surprendre... Je me laissai faire quand il se redressa pour se mettre face à moi, étant de moins en moins dérangée par le fait qu’il me dominait à sa guise.

« Tu avais bu tout autant, et je suis sûre que tu as dormi profondément ce soir là... Impossible autrement vu ce qu’on avait avalé. Et je ne vois pas en quoi je t’empêche de dormir, dans un hôtel pareil, je vois ce qu’il aurait pu m’arriver, et je n’allais sûrement pas partir avec un besoin de sommeil pareil ! »

J’affichai une moue moqueuse. Au fond, j’étais un peu gênée à l’idée qu’il se soit senti obligé de "veiller" sur moi. Je n’étais plus une gamine, je pouvais très bien m’autogérer. Enfin, en temps normal. Car il faut avouer que ce soir là, j’étais vraiment redevenue une gamine, et je dois admettre que sa présence m’avait été bénéfique, bien que cela puisse sembler étrange. Mais je ne me l’expliquai pas à moi-même. Comment avais-je pu rester avec lui, pire, avoir besoin de lui à ce point, de me blottir dans ses bras, alors que ces mêmes mains avaient tué un homme sous mes yeux ? Cela reste un mystère, qui à mon avis ne sera jamais élucidé, mon cerveau refusant de créer un lien entre l’homme et l’acte.
Je ne compris pas tout de suite pourquoi il quittait la baignoire, avant de le voir batailler avec son jean trempé qui lui collait à la peau. Je ne pus me retenir de rire. La scène qui se déroulait devant moi le mettait dans une position si ridicule, comment aurais-je pu me contenir ? Puis il me rejoignit à nouveau, débarrassé du jean. Je fermai les yeux quand il posa ses lèvres sur mon front, profitant de cet instant de douceur. Je n’ai jamais aimé ça, mais j’avais tendance à apprécier pas mal de choses venant de Zéphyr, que je n’aurais jamais accepté avec un autre homme. Puis, me surprenant une nouvelle fois, il me laissa le dessus, échangeant nos rôles. Mais j’eus vite fait de comprendre le but de son geste. Avant, j’avais le dos contre le rebord de la baignoire. Maintenant, il était plus qu’exposé. Je sentis le bout de ses doigts s’y balader, ce qui déclencha comme une décharge dans tout mon corps. Je me saisis par reflex de son bras, me retenant de justesse d’y planter les ongles, puis il laissa doucement sa main remonter le long de mon dos. Je desserrai lentement mon étreinte, laissant son bras en liberté.

« Tu joues avec le feu... » murmurai-je dans un léger soupir, mes lèvres encore proches des siennes.

Je m’approchai un peu plus de son visage, posant de nouveau mes lèvres sur sa mâchoire, tentée à l’idée de lui mordiller le lobe de l’oreille. Mais il n’y avait pas de mur pour me retenir s’il réagissait comme il l’avait fait auparavant, je décidai donc de ne pas tenter l’expérience. Inconsciemment, je repris mes caresses sur ses avant bras, laissant glisser mes lèvres dans son cou, puis sur sa clavicule, où je m’attardais un peu plus, avant de sentir ses muscles se contracter sous mes doigts. Je me redressai légèrement, jetant un coup d’œil qui se voulu bref, mais que j’eus beaucoup de mal à détourner. Consciemment ou non – la question reste entière – il s’amusait avec ses les muscles de ses avant bras, faisant ressortir quelques veines en plus sous la fine membrane de peau qui recouvrait le tout. Je me mordillai furtivement la lèvre inférieure, essayant tant bien que mal de me contrôler face à tel spectacle. Finalement, il devait bien avoir agi consciemment, et remarquer mon goût prononcer pour cette partie de son corps en particulier, car il se mit à rire à gorge déployée, éloignant momentanément son visage du mien. Jamais mes profs ne m’avaient qualifiée de bonne élève, j’étais bien trop dissipée et fainéante pour ça. Sa remarque déclencha donc mon rire également.

« J’y ai pensé figure toi, mais ça m’aurait enlevé l’effet de surprise, et gâché tout mon plaisir... Donc je me suis retenue, tu comprends. »

Une lueur étrange s’alluma au fond de ses prunelles lorsqu’il répéta sa remarque, ce qui m’intrigua. Qu’y avait-il de particulier dans l’expression "bonne élève" pour le faire réagir ? Je mettais ça de côté, me disant que j’y réfléchirai plus tard, mais sachant pertinemment que j’aurais oublié cet instant d’ici quelques heures. Je glissai mes doigts le long de sa mâchoire, avant de les poser sur sa bouche. Il se mit à les mordiller doucement, sans déclencher de réaction particulière chez moi. Oui, je le laissai faire mumuse ainsi, pensant vaguement que si un autre avait tenté de faire la même chose, il se serait retrouvé avec la marque rouge de ma main sur la joue. Mais Zéphyr reste Zéphyr, et c’était déjà la troisième fois que je le voyais. Les deux cumulés, on peut donc trouver logique que je lui cède de plus en plus de terrain, surtout que j’étais à peu près sûre que lui aussi me laissait quelques libertés de façon exclusives. Il ne revoyait pas deux fois ces blondasses nymphomanes qui peuplaient les rues les plus sombres de la ville, puisqu’il s’amusait même à les foutre dehors à deux heures du matin, avant d’oublier sans aucun doute leur visage, leurs formes et leurs odeurs. Tout comme je quittai en catimini les appartements des hommes que je fréquentais le temps d’une nuit, oubliant à mon tour leur corps et leur adresse, parfois même ce que j’avais bu en leur compagnie. Et pourtant, malgré cette habitude que nous avons d’oublier les autres, je n’avais pas pu l’oublier lui, et il me semblait bien qu’il en était de même pour lui. Ce qui au fond ne me dérangeait qu’à moitié. Si l’on prenait le temps d’y réfléchir un peu, on pouvait presque dire que commençai à développer une sorte de "dépendance" envers lui. Sinon, pourquoi m’ennuierais-je avec tout autre homme que lui ? Même si l’idée ne me séduisait guère, j’acceptai le fait que je ne me comportais pas normalement avec lui. De toute façon, je n’avais pas le choix, car ce n’était probablement pas la dernière fois que je le voyais, étant donné le contexte dans lequel nous nous étions retrouvés ce soir.
Je me laissai gentiment faire lorsqu’il fit glisser la bretelle de mon soutien gorge pour poser ses lèvres sur mon épaule, gardant encore une fois ses dents en retrait. Je pris étrangement un certain plaisir dans le long baiser qui suivi, désireuse de le faire durer quelques instants de plus. Puis il m’éclaboussa généreusement, abattant sa main dans l’eau comme un sale gosse dans une piscine. Saisie par le froid, je me protégeai vainement de mes bras. En restant sans bouger contre son corps, j’en avais oublié la température de l’eau, qui avait brutalement chutée. Je m’empressai de couper l’arrivée d’eau, frissonnante. Ma mâchoire se crispa subrepticement. Wend. Il avait encore raccourci mon prénom. Qu’est-ce que ça pouvait bien lui apporter ? Je comptai bien l’asperger à mon tour, mais pas tout de suite. Il pourrait s’y attendre, et je tenais à mon effet de surprise, en parfait accord avec mon esprit joueur du moment. Je posai ma joue contre le sien, susurrant d’une voix douce au creux de son oreille.

« Avant que tu ne t’amuse à me rafraîchir, ça allait très bien. D’ailleurs...» Je reculai doucement mon bras, le plongeant dans l’eau. Puis je m’écartais vivement, lui jetant au visage une énorme gerbe d’eau, inondant un peu plus la pièce. « Puisque tu ouvres les hostilités... »

Je restais face à lui, à l’autre bout de la baignoire, un léger sourire en coin étirant mes lèvres. Il m’avait redonné envie de jouer, à ses risques et périls.

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