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La partie des PVs est en reconstruction alors ne vous étonnez pas si tout n'est pas parfait. Si vous avez un doute, n'hésitez pas à nous poser la question ! Changement de version =] Merci d'patienter, il est 01h14 et j'en ai ma claque de changer le css alors je vais dormir je reprends demain xD Merci d'patienter

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Sans la moindre commisération, je suis spectateur de leurs forfaits.

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Valentin T. Leroy




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MessageSujet: Sans la moindre commisération, je suis spectateur de leurs forfaits. Ven 7 Mai - 13:59

Valentin Tristan Jules Leroy de Montier. Patronyme peu commun, patronyme hors du commun pour quelqu’un qui se veut anticonformiste. Je me fiche de savoir qu’on doit être courtois, souriant – et hypocrite de surcroît dans une société corrompue où les pro-écologie se nourrissent de steak au soja, baignant dans du lait soja, relevé par de l’émincé de soja avant de craquer et s’offrir un amas de graisses – venant de je ne sais quel abattoir morbide – un hamburger ! Entre la ménagère de seize ans, enceinte jusqu’aux yeux pour la seconde fois qui croit vivre le grand amour alors que son copain la trompe tous les jours – sauf les fériés ?- et les politiques mythomanes jusqu’au bout des trois cheveux qui leur restent et qui se lancent dans des duels infernaux pour savoir lequel emballe le plus ses électeurs avec le mensonge le moins potable ; nous voilà mal parti. Je vous présente Madame la Décadence mais vous devez sans doute vous connaître, elle est omniprésente dans notre belle société actuelle ! Son manat le plus précieux ? Oh si elle n’en avait qu’un… ! On pourra sans doute parler d’Orgueil dans un discours grandiloquent mais vous et moi savons que l’ineffable nous attend de pied ferme. Oui je fais parti de ces gens qui se plaisent dans toute nouvelle obscure à annoncer. J’aime le pessimisme plus que je n’aime ma mère et il me le rend bien.
Génération lolita, génération Twilight, bling bling et ho tu devin’ras jamais le keum trop teubé que j’ai pécho mais ‘y parait qu’il est maqué ce fils de…Oui, je tape dans l’emphase, je stigmatise mais ça me plait. C’est bien la seule distraction qu’il me reste après celle de me prendre pour Big Brother. Je pourrais très bien critiquer avec une vision eidétique mais je me plais à m’enfoncer là dedans et à remuer les fonds glauques du comportement humain. Que voulez-vous qu’on devienne au milieu d’une jeunesse éduquée à coup de « celui qui conduit c’est celui qui ne boit pas. » ou encore « Il veut arrêter le préservatif. Elle aussi. Ils vont faire le test. SORTEZ COUVERT. » Non pas que ça soit déplacé comme campagnes, loin de là à mon avis mais pour faire court disons : adolescence, esprit de contradiction, rébellion, contradiction. Ils feront toujours l’opposé de ce qu’on leur dit. Pas tous bien entendu, mais une grande majorité.
Je n’épargne pas non plus ces syndromés, sclérosés par le Mal, tous dépravés, en compétition pour le trophée de la jeunesse la plus sordide. Pas de gains, juste des bouffés d’outrecuidance. Je les surveille d’un œil morne sans un brin de commisération pour ces âmes vidées de tout bon sens.

« Personne n’aurait vu ce crétin de…comment il s’appelle déjà l’abruti blond qui joue la mijaurée ? TROUVEZ LE MOI ou bien je prends sur votre salaire pour me payer mes cafés de la journée, et croyez-moi, ça fait beaucoup de pièce mine de rien… Le café, prenez le sans sucre s’il vous plait…»

Je me plais à disperser le petit attroupement d’esclaves que l’on m’a remis depuis que sur mon salaire il y a mention « chef ». Ce simple mot est une véritable source de jouissance. Je peux leur faire récurer les toilettes avec une brosse à dent, plus rien ne m’arrête. Plus rien sauf cet ignare de Johansen qui a un talent inégaler pour venir en retard tous les jours de la semaine où il se souvient encore qu’il est de service. Cet infirmier ne manque jamais d’arriver une dizaine de minutes après les autres, tantôt dégingandé, tantôt revêtu en médecin du futur menacé par une pandémie sans pareille. Il faut reconnaître qu’il a du talent pour faire des entrées pour le moins saisissantes. Oui, on atteint un tel désespoir que les mots ne nous viennent plus pour l’admonester. Je guette le couloir, adossé à la machine à café avec une nonchalance frisant la provocation, mains glissées dans les poches de la blouse ouverte sur des habits de civil. Huit heure zéro six. Je l’attends et au lieu de le remarquer lui, c’est ma supérieure, bonne femme psychorigide à l’air de pitbull qui apparaît comme un diable sorti de sa boîte. Je me redresse brutalement et virevolte pour faire face à la machine à café et non à cette harpie. Sachant pertinemment qu’elle va s’arrêter pour m’enfoncer, je me masse doucement la nuque en contemplant les boutons de la machine. Expresso. Long. Intense. Court. Sucre. Lait. Un peu de cyanure peut-être ? Mais non, ses talons continuent de claquer sur le sol, me dépassant. Mégère. Infamie. Salope. Garce. Oh oui, je n’ai manqué de vocabulaire mon capitaine.
Je pianote mollement la vache laitière de cet étage, ou du moins, vache cafetière du secteur, gagné par l’agacement du retard. Je suis quelqu’un de terriblement à cheval sur les heures. Pas d’avance, pas de retard. Etre tout simplement à l’heure pile. Je flatte le flanc de la bestiole métallique, songeant à lui extorquer un gobelet de café fumant. Je pourrais aussi raquêter n’importe lequel de mes larbins et ne jamais le rembourser mais les connaissant, ils sont tous parti traquer le crétin au retard ponctuel car aucun d’eux ne désire se voir ruiné par mes envies de caféine. Je fouille mes poches, en quête d’objet susceptible de m’être utile dans mon larcin et trouve, comme par hasard une épingle dépliée. Je dois reconnaître que je ne suis plus vierge dans le domaine du vol de café. J’ouvre le ventre de la bête, triomphant et récupère une pièce avant de refermer d’un coup sec, remettant à sa place ma précieuse épingle. C’est un simple emprunt de pièce, je ne vole personne puisque je remets ensuite la pièce dans la machine pour obtenir mon gobelet fumant. Satisfait je récupère mon bien et me met en tête d’aller moi aussi chercher l’autre idiot mais la seconde apparition de Cerbère me pousse à bifurquer brutalement dans un couloir adjacent, faisant mine d’aller voir un patient. Au passage j’arrache une planche de diagnostique à une infirmière mariée, donc coincée, pour mieux parfaire mon jeu mais je sens que pitbull a flairé ma trace et c’est mal parti pour la traque au blondinet. Aujourd’hui nous servirons un émincé de Leroy accompagné de sa robe carmine et d’un gratin caféiné. Bon appétit. Quelle emmerdeuse. Brutalement j’entre dans une chambre sans savoir que je me trouve au service gériatrie. Incontinanceland, bienvenue ! Vous désirez une couche ? Ici on pourrait restreinte le panel de chaîne à Arte et France 3, je crois qu’aucun des patients ne s’en rendraient compte mais la direction ne veut pas m’entendre. Je me sens obligée d’élever la voix pour m’adresser à la patiente. Une vieille, c’est une vieille, c’est plein de douleur et d’envie de merde. N’ayant pas de poison sous la main ou de DVD des épisodes d’Hercule Poirot remasterisés, je ne lui demande pas si elle va bien mais échange quelques formalités purement médicinales avant de me précipiter à la porte, passant simplement la tête, penché, pour voir si Harpie est là. Gauche, droite. Droite, gauche. Dirait-on que le bulldog baveux à abandonner sa chasse ? Deuxième source de satisfaction dans la matinée. J’en oublierais presque l’autre retardataire. Je sors de la chambre et vide mon gobelet d’une traite avant de jouer avec le gobelet mou.

« Je me présente, Docteur Leroy, vingt quatre années d’existence encore fraîches et... oh putain je suis un as pour éviter l’autre conne. »

J’affiche un sourire radieux avant de prendre conscience que je n’étais pas seul dans le couloir. Ha, un esclave, parfait. Je ne sais pas si c’est l’annonce de mon âge, mon langage ou bien mon état qui l’inquiète autant mais je passe outre mesure, le mettant mon gobelet vide dans les mains.

« Va jeter ça, veux-tu. Et trouve-moi Johantruc. Si tu me cherches, je suis dans mon bureau. Frappe avant d’entrer, sait-on jamais…»
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MessageSujet: Re: Sans la moindre commisération, je suis spectateur de leurs forfaits. Dim 9 Mai - 3:14

Luke. Je m’appelle Luke. On m’dit souvent “Je suis ton père” et ça me convient bien puisque j’en ai pas. Promis à de grandes études comme tout les zigotos de la famille, j’avais pas d’ambition à part faire n’importe quoi. Au collège je dansais la macarena en cours de maths, au lycée je couchais avec mon prof de gym. Il s’appelait Mario, il était italien et toutes les filles bavaient dessus. Moi je suis devenu gay à seize ans. Aujourd’hui j’ai arrêté la fac, j’ai passé un concours d’infirmier et je fais l’idiot avec des piquouses, ça agace ma mère, ça la désole, mais moi ça m’éclate, alors je continue. Payé une misère à servir à peut près à tout allant de régisseur en chef, administrateur de doses de caféine, psy non conventionné quand y’a plus personne pour écouter les sales ados dépressives à sous fifre de Dr House, la bombe sexuelle en ce qui concerne les piquouses et les bandages. Je suis heureux, quand je rentre le ménage est fait et je peux aisément me délasser dans le jacuzzi avec le kinésithérapeute de l’hôpital. Je vis seul avec ma femme de ménage et mon libertinage et je le vis bien. Aujourd’hui je me brosse les dents, l’hygiène c’est important, aujourd’hui je travaille.

Arborant une sublime blouse blanche qui me donne l’air intelligent et un masque anti-bactérien pour ne pas attraper la grippe A alors que l’épidémie est terminée, je suis fin prêt pour une nouvelle journée harassante de travail. Gastro méto abdos, telle est ma devise, j’ai trois minutes de retard et Leroy va hurler. Tant pis. A chaque fois qu’il s’égosille j’ignore si je dois le déranger en plein fantasme sur Scarlett ou débarquer tout de suite avec un déca, le diagnostiquant suffisamment excité pour ingérer de la caféine. Jouant parfois au parfait petit chimiste, j’ajoute du sel et fait passer ça pour de la distraction. A la vérité, je crois que j’aime l’entendre râler après moi. Admirant cette belle longanimité dont il fait preuve, j’essaye de n’avoir que deux minutes de retard, malheureusement aujourd’hui j’en ai trois, et je suis sur le parking. L’ascenseur pourrait être en panne, je choisis délibérément les escaliers, sachant pertinemment qu’il est au quatrième. Dix minutes. Je suis épuisé, j’ai besoin d’un café. Merde il est là. Dans un réflexe digne d’un James Bond canon, je me colle au mur, m’essayant à la discrétion. Un collègue me surprend et je le sonne de fermer sa grande bouche moustachue dans un geste chutesque approximatif.

- Luke qu’est ce que tu fais ?, me demande t-il vaguement surpris avant que je ne colle tout bonnement ma main sur sa bouche.

« Tais toi. J’espionne. » Je chuchote à son adresse. Levant les yeux au ciel, il s’en va me laissant à mes divagations. Choqué, j’aperçois le Docteur de mes fantasmes malmener la machine à café. Bien qu’engagé dans tout un tas de causes, je ne me risque pas à faire mon entrée dans l’immédiat, plaidant la défense d’une machine à café contre le vilain Docteur Leroy, le cynique, le râleur, l’emmerdeur. Une autre fois peut être. Il s’en va un café bouillonnant qu’il n’a même pas payé dans les mains ! Quel homme brillant ! M’approchant de la machine à café un brin désappointé j’imagine que c’est mon destin de payer quelques centimes pour un thé, je m’exécute, songeant à prendre en otage Leroy pour qu’il m’apprenne ses petites manigances. Le radiesthésiste en pause s’avance lui aussi, il a des air de Mike Brant au sommet de sa carrière, il se prend un café déplorant quelques douleurs dans le dos persistantes, puisqu’il en est à se plaindre, je lui parle de mon ex, celui qui m’a quitté en croyant que je le trompait avec la femme de ménage et en finissant loin dans la parano. Il s’appelait Arsène, et je l’avais rencontré sur meetic. J’étais heureux quand Arsène me menaçait avec un sabre laser. Parfois la vie étudiante me manque, mais j’ai mûrit, aujourd’hui je bosse. Manquant de renverser mon thé, j’entend Carlos le mec craignos m’appeler, on me cherche ? Je sais. Leroy, je sais aussi.

Me résignant, je prend la direction du bureau de mon supérieur sur quelques pas de moonwalk plutôt approximatifs. Mon supérieur est sexy et je ne manque jamais une occasion de le voir. En des termes plus précis, il reste un des meilleurs fantasment qu’occasionne ce fichu hôpital, puisqu’il reste techniquement insatisfait. Ce beau et jeune médecin constitue un attrait particulier, vous n’allez pas me dire qu’il a la trentaine, il ne les fait pas. Le botox a ses limites, même avec un bon chirurgien. Motivé et prêt à entamer cette journée dans la joie et la bonne humeur j’ouvre la porte du bureau et glisse jusqu’au bureau du Docteur en sourire en coin collé au lèvres.

« On me cherche Docteur ? J’ai trois prises de sang, la psy de l’étage à remplacer je suis so débordé, mais je pouvais pas commencer sans vous voir, bien qu’en vous espionnant derrière le mur alors que vous trafiquiez cette pauvre machine aurait pu me suffire amplement. Votre nouveau pantalon est tout simplement superbe, cela met réellement en valeurs vos formes malgré la blouse blanche ! Sexy. Et sinon je peux vous être utile ? »

Je ponctue ma phrase d’un de ces sourires colgate proprement agaçants dont j’ai le secret, avant de faire le tour du bureau pour dégoter une seringue neuve, n’étant pas franchement pour les pratiques de drogués notoires à réutiliser trois fois la même. Quelle mansuétude, quelle douceur d’âme immuable et inaltérable ! Doc ne se met pas encore à hurler pour les douze minutes de retard, pas encore. Serais-ce mon jour de chance ? Ou a t-il tout simplement plus de mal à intégrer mon compliment sur sa plastique parfaite dans ce nouveau jean ? Qu’est ce qu’on s’amuse l’hôpital est une aire de jeux particulièrement propice à l’amusement.« Du thé ? Y’a pas de sel dedans promis juré, c’est le mien. J’suis moins distrait avec moi même. »
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Valentin T. Leroy




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MessageSujet: Re: Sans la moindre commisération, je suis spectateur de leurs forfaits. Dim 9 Mai - 16:02

Je me lance dans la lecture passionnante des textos d’amour que s’échangent deux de mes esclaves. Je n’ai bien évidemment pas volé le portable de l’un d’eux, je l’ai emprunté pour un appel urgent car ma mère est à l’hôpital. Celle là, elle marche toujours. Enfin, du moins, jusqu’à ce qu’ils réalisent que je suis à l’hôpital alors si je veux parler à ma mère mourante…Il me suffit de monter un étage. Je me moque ouvertement des formules d’amour pathétique mon chaton, mon cœur, mon amour, lorsque cet attardé de Johantruc entre dans mon bureau. Je lève à peine les yeux avant de finir la totalité des messages de la boite de réception. J’entreprends d’effacer des contacts, écoutant d’une oreille distraite ce qu’il me raconte. Que va-t-il inventer pour son retard ? Son hamster a fait une crise cardiaque et il a du lui faire un massage cardiaque avec un stylo bic ? J’hausse un sourcil. Pardon ? La psychologue ? Cette ratée névrosée qui coûte cher en kleenex à l’année ? Cette buveuse de thé qui a toujours une tête d’enterrement ? Comment un allumé exaspérant peut remplacer une pierre tombale ? Lorsque de Johantruc se lance dans une explication, je me demande toujours comment sa vie peut supporter une telle instillation de détails futiles et saugrenus. Je secoue doucement la tête, dépité par un tel phénomène, m’apprêtant à le congédier au plus vite lorsqu’il parle de mon jean. Cette fois-ci j’abandonne le massacre de la vie sociale d’un de mes médecins pour plonger mon regard dans celui du saltimbanque des temps modernes. Il se sent toujours obligé d’étaler sa libido à tout le monde ? Je lève les yeux au ciel, implorant un dieu auquel je ne crois pas. Qu’ais-je pu faire à l’autre harpie pour qu’elle me refile un cas pathologique pareil ? Je grogne et manque à nouveau de le virer lorsqu’il me propose son thé. Qu’est ce qu’il veut que je fasse de cette immondice ?

« Il n’y a que les maniaco-dépressifs et les homosexuels pour boire du thé. Je ne suis ni l’un ni l’autre. Tu veux un téléphone ? Il ne me sert plus à rien. »

J’en oublie le retard, lui tendant le téléphone qui n’est pas mien, adorant les jeux de piste, surtout lorsque j’ai le rôle d’observateur. Je lui mets d’office dans la poche de sa blouse puis me rejette en arrière dans mon fauteuil, m’emparant de ce gadget stupide, cube multicolore et casse-tête horripilant. Il faut retrancher les couleurs par face et régulièrement je donne à mes médecins la formidable mission d’y parvenir avant de récupérer le jouet et tout foutre en l’air pour mon plaisir personnel. Qu’il aille faire ses prises de sang. Je l’ignore durant quelques secondes puis feins l’étonnement de le trouver encore dans mon bureau.

« Tu comptes bouger ton cul un jour d’ici ? Car sans vouloir souligner un fait banal, tu as un bon quart d’heure de retard et tu sais combien ça me met les nerfs en pelote. »

Je force un sourire puis essaye encore une combinaison, moins patient. Je n’ai jamais compris les moments d’inactivité de ce crétin, et je ne comprendrai sans doute jamais comment il faut lui parler pour qu’il reçoive la totalité du message. Agacé je lui jette mon cube en plein torse avant de me lever.

« Et je m’en balance de la psychologue. Elle est vieille, on finira par la muter au service gériatrie mais pour l’instant c’est pas ton boulot de suppléer cette mégère alors magne toi d’aller piquer tes patients, sinon tu finiras en temps que balayeur et tu verras, on danse moins bien avec un balais. »

Dois-je l’éviscérer maintenant ? Pour mon plus grand malheur, au lieu de faire volte-face et s’en aller vers la porte, c’est vers moi qu’il vient. Mais quel imbécile. Je soupire, sans cacher mon dépit et me laisse retomber dans mon fauteuil, me demandant quelle ânerie il a encore trouvé à faire. Je me détourne de lui pour ouvrir ma boîte mail, le laissant à ses divagations jusqu’à ce que je sente ses mains sur mes épaules. Ma mâchoire se crispe instinctivement et je leur ordonne de virer ses sales pattes immédiatement d’une voix sourde. Je me penche en avant pour me dégager de moi-même mais il est au moins assez intelligent pour me forcer à me redresser. Il peut faire tous les massages qu’il veut, ce n’est sans doute pas avec lui que je vais me détendre. Bien forcé de me soumettre, je penche légèrement la tête en avant, tressaillant lorsque ses pouces touchent ma nuque. Je sers les poings, n’ayant qu’une envie, me dégager de ce pétrin pour fuir ce malade. Doucement mes épaules s’affaissent légèrement sous l’effet d’une très légère détente, ce qui ne manque pas de nourrir ma colère. Être malléable c’est bon pour les Barbapapa. Lorsque je sens mes muscles prêts à se dénouer je me lève brutalement, mettant fin à sa séance dégoûtante. Suffisamment remonté pour la journée je le flanque à la porte en hurlant. Je claque la porte dans un geste théâtral qui m’a toujours plu, et, enfin débarrassé de cet attarder, je peux me détendre pour de bon. N’ayant pas de consultation le lundi matin, j’ôte ma blouse blanche et ouvre la fenêtre pour allumer une cigarette. Clope pincée entre l’index et le majeur, je sors un volume de Heidegger après une brève observation de l’extérieur. Je m’installe à nouveau à mon bureau, pieds dessus, cendrier non loin et lunettes sur le nez, savourant tout le silence d’une solitude parfaite. Pourquoi y-a-t-il de l’Être plutôt que rien ? La question m’a toujours laissé positivement perplexe, comme si une telle suggestion ne pouvait être résolue et c’est sans doute pour ça que je passe le plus clair de mon temps plongé dans des volumes monstrueux de philosophie allemande. C’est en me perdant dans la biographie de Semprun que j’ai tiré un tel savoir de la plupart des grandes auteurs de la période antérieure et postérieure à la seconde guerre mondiale et les plus grands de ceux qu’il a pu citer ne m’échappent plus. Je sais tout de Goethe, Heidegger, Levinas, Landsberg ou Husserl.
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MessageSujet: Re: Sans la moindre commisération, je suis spectateur de leurs forfaits. Dim 9 Mai - 18:57

« Une chance pour vous, je ne suis pas maniaco-dépressif ! » L’affublant d’un sourire pour le moins pervers, je lui laisse entendre, que je fais bien partie de la seconde catégorie et qu’il me plait plutôt bien. Quelle teigne, vraiment, ce type dans ses vieux jours devrait veiller à calmer sa nervosité, lui même bien placé pour savoir que son caractère sanguin et tranché pourrait bien lui causer des problèmes de cœur. Pauvre homme, si jeune et déjà si stressé ! Il faut vous détendre docteur. Mais non, le mot détente ne lui évoque rien, il râle, me dit qu’il est hétéro et c’est le drame de ma journée. Jamais je n’aurais cru que derrière ces petites lunettes et cette coupe de cheveux d’jeuns se cachait un homme viril et accompli. Dieu c’que c’est triste, mais je ne compte pas laisser tomber pour autant, Non Dieu m’en préserve, je suis un acharné a qui il n’arrive que des bonnes choses ou presque, si on exclut Valentin ou le mec hétéro qui m’a toujours résisté. Si j’ai finis par passer à autre chose, ça m’a bien prit 5ans et un mariage pour me faire à l’idée. Aujourd’hui, je crois que j’ai compris, j’évite ce type, et je lui écris seulement de temps en temps, pour lui souhaiter la bonne année et ma santé mentale reste plus ou moins correcte. Pour tout vous dire, après Val et Arsène, j’ai décidé que j’arrêtais les français, je suis british, j’aime le thé, et eux boivent trop de café, de plus ils sont généralement inaccessibles et ce dernier détail suscite chez moi une frustration sans pareille. Après une très longue thérapie avec un psy de renom pas cool du tout qui m’obligeait à le débloquer dans son jeu pokémon, si j’espérais pouvoir me plaindre pendant toute la séance, j’avais réglé une partie de mes problème psychologiques et j’étais enfin prêt a prendre un nouveau départ dans la vie et accessoirement à me faire envoyer paître tout les jours par un docteur diaboliquement sexy et homophobe.

« La kiné non plus ne l’était pas, mais j’ai réussi à le faire changer d’avis. »

Il me fourre une téléphone dans la poche et sans que ça m’atteigne plus que ça je brandis mon nouvel i-phone 3G+ ultra sophistiqué, avec plein d’applications. Si pour les fringues j’ai toujours eu des goûts douteux, la technologie et moi sommes très bon amis. Pianotant comme un virtuose sur l’écran tactile de la petite merveille, je lui colle sous le nez son profil facebook et toute ses photos compromettantes qui entachent passablement sa réputation. Un mur dont on a mal réglé la confidentialité peut être tellement traître.

« J’aime particulièrement celle là, vous aviez bu quoi ce soir là docteur ? Cette petite chemise ouverte vraiment…J’adore, ça vous donne un côté boys band des années 90. »

Je ne sais pas si c’est moi qui l’irrite ou si c’est tout bonnement dans son caractère mais il m’attaque avec un cube et m’accuse d’être à l’origine de sa nervosité. Voilà ma réponse, mais un léger sourire mi pervers mi amusé vient égayer mon visage. Les nerfs en pelote ? Il faut vous détennnnndre docteur, et rien de tel qu’un massage pour faire disparaître l’anxiété, j’ai eu un très bon professeur. Je m’approche de lui en sautillant et vient me placer derrière lui posant mes mains dans son dos et entreprenant un massage admirablement bien fait. Etant très ami avec le personnel de l’hôpital, je me cultive à mes heures perdues avec le kinésithérapeute. Mes doigts glissent de ses épaules jusque dans son dos cherchant les points de tension du jeune médecin. J’approche ma tête de son oreille et lui chuchote, impertinent. « J’ai appris ça avec le kinésithérapeute dans le jacuzzi, ça vous fait du bien docteur ? » Alors que j’atteint le point culminant et je m’y attend plus ou moins, il finit par se dégager de mon emprise en se levant bien décidé à me foutre dehors. N’avait il pas demandé à me voir pour quelque chose de particulier ? Soit je ne le saurais jamais, et je me plais à penser qu’il aime tout simplement me râler dessus le plus de fois par jour. Fichu à la porte comme un malprope, je lui lance au visage dans une voix ou perle l’amusement ultime : « A touuut à l’heuuuure docteur, et pensez à paramétrer la confidentialité de votre mur facebook, vous vous plaignez que j’arrive en retard, mais si vous me faites fantasmer toute la nuit… »

Un jour, il me virera, en aura marre de mes fantasmes à la con, mais pour l’instant, il préfère me voir bosser. J’ai maintenant plus d’une demi heure de retard, et ma petite patiente hémophile a besoin d’une prise de sang, restons concentré. Deux trois piquouses et imitations plus ou moins réussies de Dark Vador à l’agonie, j’ai enfin le droit à la pause café. Virevoltant et sautillant à travers les étages en prenant cette fois l’ascenseur de service profitant du plaisir idiot de pouvoir feindre de fermer les portes avec la force, je me dirige vers la machine a café pour prendre la commande de dix heures de monsieur mon supérieur hiérarchique. Sans sel cette fois-ci, je suis dans ma période générosité. Disposant d’un moment de répit j’envoie un Poke au docteur via mon i-phone, activité qui ne nécessite pas forcément de faire partie de sa liste d’amis, par ailleurs imposante pour un type aussi agréable. Sans prendre la peine de frapper, je pousse la porte du bureau de la hanche, les mains prises par deux boissons chaudes et un dossier coincé entre les dents. J’en dépose une devant lui et précise un léger rictus au bout des lèvres.

« chanchel » Ce qui signifie sans sel lorsqu’on a la bouche prise par quelques résultats d’analyses d’urines. Manquant de baver sur la feuille je la retire consciencieusement de ma bouche après avoir dégagé l’une de mes mains.
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MessageSujet: Re: Sans la moindre commisération, je suis spectateur de leurs forfaits. Dim 9 Mai - 22:37

Le repos est de courte durée. Le clown, le retour. Las, je pose mon livre et le regarde entrer, un dossier dans la bouche. Et du café. Brave bête. Je ne cille pas, attendant une quelconque stupidité de sa part mais non, il pose la boisson devant moi. Je fronce légèrement les sourcils. Chanchel ? Oh. Sans sel. Je le regarde, suspicieux, humant légèrement le gobelet fumant puis me décide à y goûter. Rassuré de n’y trouver aucun arrière goût étrange, je lui accorde un léger sourire en coin. Au moins, s’il vient m’ennuyer avec ses babillages, il a la bonté d’apporter ma drogue légale. Il m’est bien trop insupportable pour que je prononce le moindre merci mais par habitude je sais que les gens qui m’entourent se contentent de très légers signes de reconnaissance venant de moi. Je ferme à demi les yeux, réchauffé par cette dose de café. Quoi qu’il en soit, que j’ignore ce garçon ou que je le fixe, il s’accorde toujours le privilège de sortir des remarques pour le moins étrange. Encore resté sur la conversation précédente je rouvre les yeux, ôte mes lunettes et plante mon regard dans le sien.

« Une pincée de sel, de la tequila et du jus de citron. C’est ça que j’avais bu et sache, tête de mule, que les boys band des années 90 ne sont pas exactement ma génération. »

A nouveau un léger sourire puis une gorgée de café. Tant qu’il ne me parle pas de ma plastique, de mes photos peu catholiques ou encore de sa sexualité, je suis apte à osciller entre une humeur indifférente à plutôt bonne. Je tends la main vers lui pour lui prendre son dossier sur lequel il a manqué de baver généreusement et regarde les résultats avant de m’en désintéresser.

« Quelqu’un de proche pour que tu foutes ça dans ta bouche Johansen ? Ou bien tout simplement parce que ça appartient à un homme sexuellement acceptable que tu comptes te faire en dehors de tes heures de service ? »

Subitement méfiant, je regarde ma montre. Il est en pause. Qu’est ce qu’il vient foutre ici alors que c’est sa pause ? Jusqu’à présent je pensais qu’il venait me noyer de paroles inutiles en durant de ses pauses, m’amadouant avec un café pour que je ne le mette pas dehors et que je lui fasse perdre un peu de temps. Les minutes passées à se faire secouer sont des minutes de moins à travailler, et j’étais convaincu que c’était sa règle d’or. J’hausse légèrement un sourcil mais ne fais aucune remarque, supposant que si je souligne l’incongruité, il va encore me parler de ses fantasmes ou de mes photos. Ou bien des deux. D’ailleurs, pourquoi se sent-il obligé de m’envoyer des pokes. Je n’en veux pas dans mes amis, merci alors si ces pokes sont là comme des demandes détournées, ce n’est la peine de faire durer l’illusion.

« Simple question, si j’augmente la confidentialité de mon mur sur facebook pour ne te laisser que mon nom et ma photo de profil, tu comptes te ruer sur la première infirmière et lui demander mon numéro pour me harceler en numéro inconnu nuit et jour en imitant des bruits d’animaux c’est ça ? Non pas que tes pokes me dérangent mais mon salaire s’élève à mille dollars de plus que le tien ce qui signifie, vois-tu que je suis ton supérieur. Or, en général, on évite de faire des avances minables à son supérieur via un site communautaire, surtout lorsque c’est marqué qu’il est hétéro et en couple. Soit il te manque une case, soit tes parents ont loupé une étape dans ta confection … »

Je finis mon gobelet à contre cœur et entreprends de jouer avec, après m’être assuré à deux reprises qu’il était bel et bien vide. Désespérément vide. Je passe ma main dans mes cheveux avant de remettre mes lunettes et me lever. J’enfile lentement ma blouse avant de lui tendre une pièce.

« Pour le café. Je dois bien reconnaître que ce n’est pas tout le monde qui à la bonté d’âme de venir me nourrir dans ma tanière. »

Un sourire m’échappe, à peine plus franc que les autres, puis je le contourne pour ramasser plusieurs dossiers, tous concernant des cas que je laisserais volontiers mourir tant ils sont banaux. Je tapote son épaule puis le pousse devant moi, lui faisant remarquer que la pause est finie et que, s’il n’a plus personne à piquer, il peut toujours venir avec moi pour s’occuper des cas sociaux. J’oublie régulièrement que nous avons le même âge, ou presque, et que seule notre conception des choses divergent si bien que je le traite en inférieur de façon journalière, sauf lorsque j’en prends conscience et que, pendant cinq minutes montre en main, je deviens presque abordable. Les consultations ne sont pas mon fort et pour cause, entre un bras cassé, deux pneumonies, et un manque de magnésium, on ne peut pas dire que cela soit passionnant.

« J’ai toujours rêvé que quelqu’un déclenche l’alarme à incendie dans le service des grands brûlés pour voir si c’est véritablement le bordel… » lançai-je sur le ton de la conversation tout en signant une ordonnance sans un regard pour l’homme ausculté.

Je sors de la pièce sans me soucier de la suite des évènements puis bouscule mon serf dans une chambre d’un comateux. Je lui demande d’ôter sa blouse en affichant un air des plus sérieux. Je la récupère et la jette au bout du lit avant de saisir Johansen par son t-shirt pour l’attirer à moi. J’affiche un sourire proprement pervers mais sans doute pas pour les mêmes raisons que lui alors que nous nous retrouvons à quelques centimètres l’un de l’autre. Trop orgueilleux, je relève légèrement le menton, glissant une main dans son dos en soufflant doucement.

« Je vais te passer l’envie de fantasmer sur mon profil… »

Je glisse ma main dans la poche arrière de son jean, conscient que c’était un geste à double tranchant. Je le provoque d’un regard puis m’empare de son i-phone et le repousse sans ménagement avant qu’il n’ait la bonne idée de m’embrasser. J’agite le téléphone sous son nez en riant avant de m’éclipser. J’allonge le pas dans le couloir, avec la folie envie de faire courir un peu cet infirmier. J’ai besoin de me dépenser et depuis le temps qu’il me pourrit mes heures de travail, je lui dois bien ça. Je fais le tour de ses messages en marchant rapidement, grimaçant parfois à cause de leur caractère peu sain. On connaît mal les gens avec qui on travaille…
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MessageSujet: Re: Sans la moindre commisération, je suis spectateur de leurs forfaits. Lun 10 Mai - 0:01

J’ai comme un petit rire, ce que ce médecin peut être cynique et désagréable sans toutefois manque d’humour. Je l’apprécie mine de rien, même si il me rappelle ce fichu psy qui voulait me faire payer ses kleenex une fortune. Que ces boys bands ne soient pas de sa génération, je n’en crois pas un mot, tout le monde a connu les boys bands, du style des 2be3 or not to be au paroles très recherchées et les baila te quiero and co. Et puis qu’il arrête de mentir sur son age, les jeunes hommes sexy et en avance scolaire c’est facilement repérable, et puis il y a sa date de naissance sur facebook. Je ne répond rien, me contentant d’afficher une moue moqueuse, me remémorant les photos avec un air rêveur. Il se saisit du dossier de la patiente et scrute les résultats avant de le déposer sur une pile déjà trop haute, qu’il prenne une secrétaire, c’est un boxon infini sur ce bureau. Et il enchaîne à nouveau avec ses sarcasme. Quelqu’un de proche non. Les mains prise oui, et puis de toute façon, a t-il réellement besoin que je lui rappelle que je suis actuellement en dehors de mes heures de service et dans son bureau à lui faire part de mes fantasmes sexuels ?

« Pas réellement, c’est une petite vielle, du moins je crois, pour s’appeler Martha…c’est le nom de ma grand mère. » Je pose mon regard sur sa blouse et laisse à nouveau perler l’amusement sur mon visage. « Et puis, je suis hors de mes heures de service, et le seul qui soit sexuellement plus qu’acceptable, ma foi c’est vous. »

Et nous revoilà à facebook, j’en conclut qu’il a reçu le poke et donc, qu’il passe son temps de travail à s’amuser sur le site communautaire à la mode pendant que je travaille durement, je l’envie, j’aurais du faire de longues études moi aussi. Il me pose une colle. Si il bloque son mur, que deviendrai-je ? Cette ignominie engendrerait une terrible frustration, me pousserait à la dépression puis au suicide, ou pire encore à retomber dans le valentinisme pathologique jusqu’à ce que je contacte un bon ami hackeur et qu’il me déverrouille tout ça avec une facilité qui rendrait dingue mon supérieur. Il finit par s’énerver et devenir désagréable, serait-ce le syndrome facebookien de la personne qui se sent épiée et prise au piège du manque de confidentialité inhérent à ce site d’espions confirmés ? Nous voilà sur les grand principes moraux, ne pas coucher avec son supérieur, ne pas flirter avec son supérieur et surtout au grand jamais, ne pas faire d’avances à son supérieur. Vous croyez honnêtement que mon prof de gym avait des principes lorsqu’il séduisait un gosse de seize ans, pendant ses années lycée. Une chance pour Leroy, je ne suis pas susceptible, tout m’amuse, et rien n’a réellement d’importance.

« J’imagine qu’il doit me manquer une case, mais ne vous en faite pas pour mon salaire, vous pouvez tout à fait me virer ou cesser de me payer, je fais dans le bénévolat, ce job est une simple distraction, pour ne pas dire que j’ai les moyens de vivre sans travailler. Mon supérieur est trop canon pour que je me contrôle en sa présence. »

Je lui adresse un sourire insolent avant de m’attarder sur ses lectures et de finalement laisser tomber, tout cela étant trop évolué pour moi. Me traiter d’handicapé mental semble lui suffire pour l’instant et un accès de gentillesse le gagne sans trop que l’on sache d’ou vient cette subite bénignité. Il se saisit de quelques dossier et me tapote l’épaule avant de m’inciter à le suivre en gage d’un peu d’aide pour ses consultations. Jusque là le coller ne m’a jamais posé le moindre problème et je le suis joyeusement sautillant et irréductiblement timbré. Sûrement sociable, j’arrivais à accrocher à bon nombre de personnalités qu’elle semblent imbuvables ou décalées. Mon meilleur ami, était lui même l’inverse exact de ce que je pouvais être et pourtant ce n’était un secret pour personne qu’il était devenu mon addiction number one, ma drogue quotidienne avant que je ne décide de mettre un terme a ce supplice amoureux pour de bon à coup de thérapies foireuses et de sorties régulières. Leroy ne m’apprécie pas, j’en suis certain et pourtant, il s’obstine à vouloir me garder malgré mes retard et mes avances, sa psychologie tordue suscite mon intérêt le plus vif.

« Je n’ai rien contre essayer si ca peut vous distraire, mais vous serez obligé de me virer pour ça, et j’aime beaucoup travailler a vos côtés... » Ma voix frise la sensualité et la suggestion lorsque je prononce la dernière phrase et mon sourire s’accentue, volontairement pervers. Bravement je suis Docteur House dans une chambre un peu plus calme ou un type dort paisiblement relié a une machine lui assurant des fonctions végétatives. Alors qu’il me demande d’ôter ma blouse, j’arque un sourcil visiblement décontenancé avant qu’il ne m’attrape par le t-shirt pour m’attirer vers lui. Dieu. Mon regard s’égare dans le sien ou je ne lis que perversité et provocation. Il chuchote dans un souffle qu’il compte faire taire mes fantasmes et je réponds doucement. « Docteur, je ne pense pas que ce soit la meilleur façon de m’empêcher de fantasmer sur vous au contraire… » Sa main glisse le long de ma colonne vertébrale et un léger frisson me parcours jusqu’à ce que celle ci atteigne la poche arrière de mon jean, qu’il me subtilise mon i-phone et se dire en m’envoyant valser. C.O.N.N.A.R.D. Frustré, je me remet tant bien que mal de cette récente proximité, tandis qu’il s’enfuit avec mon téléphone, dans l’optique plus que probable de porter un coup à ma vie sociale. Si jusque là la honte ne m’a jamais franchement atteint, il y a bien deux personnes que je ne veux pas qu’il contacte. J’avale ma salive en pensant à l’une particulièrement et me lance à sa poursuite en criant des « Rendez moi ça tout de suiiite ! Docteeeeur » purement inefficaces.

« Faites ce que vous voulez avec mon téléphone, mais pas de conneries avec Valentin ! Je suis fini sinon JE HACKERAI VOTRE PROFIL FACEBOOK ! »

Dieu qu’il ne le faut pas, si il l’appelle ou lui envoie un message, j’ai toutes les chances qu’il me rappelle ou me réponde et là ma vie sentimentale est foutue en l’air pour six mois de plus. Le petit cœur idiot que j’ai pas eu le cran d’enlever dans mon répertoire me vaudra des vannes pendant des mois et je devrais lui expliquer que c’est même pas mon copain. Enfer et damnation, je ne peux pas laisser faire ça. Je prend le virage à gauche et tente une accélération pour finalement lui sauter dessus pour le mettre à terre et récupérer mon téléphone. Le grabuge suscité par la collision et le comique de la scène n’est pas sans avoir une certaine incidence sur le personnel présent dont le regard s’est maintenant focalisé sur nous. Je profite de son impuissance passagère pour capturer ses lèvres prestement avant de lui chuchoter un bref « Bien fait. » et de me lever pour épousseter ma blouse. Alertée par l’effervescence et le bruit, la gérante de l’hôpital s’avance hors d’elle hurle à tout le monde de se remettre au travail et prend à parti Leroy dans son bureau sûrement en quête d’informations. Alors que l’euphorie de la course retombe lentement, je me surprend à culpabiliser, ne sachant pas si elle le cherchait pour lui assigner une masse de travail ou lui demander sa version des faits et précipiter mon licenciement.
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MessageSujet: Re: Sans la moindre commisération, je suis spectateur de leurs forfaits. Lun 10 Mai - 23:26

Je ne peux m’empêcher de rire alors qu’il m’interpelle pour que je lui rende son i-phone et brutalement je ne vaux guère plus qu’un enfant de cinq ans qui a trouvé un trésor. Je me fiche un instant d’attirer l’attention parce que je cours, heureux et espiègle, trait qu’on connaît peu par ici, et pire encore, poursuivis par un infirmier presque angoissé. Je m’apprête à lui demander qui est ce Valentin mais il a été plus rapide que je ne l’avais prévu et m’emporte dans une chute cruelle qui ne calme pas pour autant mon hilarité. Je tente vaguement de le repousser avant de me rendre compte que dans nos jeux stupides, mes lunettes ont volé d’elles-mêmes pour se retrouver à un mètre de nouveau. Je perds prise avec la réalité, le laissant reprendre son téléphone sans opposé de véritable résistance alors que je prends conscience de la gravité de la situation. Des gens. Patients, urgentistes, médecins, radiologues, infirmiers. Merveilleux panel d’imbéciles qui nous fixent. Mon sang se glace avec une lenteur ravageuse.

« Joh… »

Je n’ai pas le temps ni le moyen de finir ma phrase. Je n’ai rien vu venir, à me plus grand désespoir. Je sens ses lèvres sur les miennes et j’ai comme l’horrible sensation que mes pupilles se contractent, que mes yeux s’agrandissent. Il a osé, l’enfoiré. Il se relève tandis que moi, troublé et sous le choc, je me contente de me redresser, le regard hagard. Tu me le payeras Johansen. Tu me le payeras. Voyant arriver le molosse, je me presse de me relever et flanque une tape sur le haut du crâne de cet imbécile d’infirmier avant de siffler entre mes dents.

« Crois moi tu vas le regretter. »

Ma mauvaise humeur n’est pas cachée et je me plais à le faire sentir à tout ceux qui me fixe. Le premier qui lance la rumeur je le vire ou l’assujetti. Autant dire, rien de plaisant. Une cruche d’infirmière avec qui je me souviens avoir eu une brève relation, me propose aimablement son café, sourire crispé. Je rechigne et chasse le gobelet d’un revers de main brutal, déversant ainsi le contenu au sol. Elle n’avait qu’à pas s’intéresser à moi. Je lui sers un bref « La serpillère est dans le placard à côté de la salle de repos. » qui se veut glacial puis suis docilement la gérante, sachant que tout mot hors contexte ne jouera pas en ma faveur. Une dizaine de minute plus tard, la sentence tombe. Elle est censée être exemplaire, elle n’est en vérité qu’une entrave à ma tyrannie. Suspension d’activité pour aujourd’hui et une autre malheureuse journée seulement. Me connaissant, je passerai cette journée assis à mon bureau, attendant bravement que quelqu’un ose me rendre visite si ça arrive, ou bien en compagnie d’un bon roman qui fera passer le temps.

Je remets correctement ma blouse en sortant, me demandant quoi faire maintenant que je n’avais plus de consultations à tenir, ou de malades à rendre fou. Déçu et terriblement frustré, je retourne me terrer dans mon bureau dans lequel j’entreprends de me changer. Soit, je ne suis plus médecin pour aujourd’hui. J’arbore un t-shirt vintage de The Who, me permet d’ébouriffer mes cheveux et replace mes lunettes sur mon nez avant de décider d’aller faire un tour du côté des prises de sang pour voir si, habillé ainsi, on me reconnaît ou si on n’hésite pas à me charcuter la veine avec une aiguille. Peu de gens d’ici connaissent Valentin Leroy, le type qui a des fossettes lorsqu’il sourit franchement, qui porte des lunettes pour cacher ses iris grises qu’il ne supporte pas et qui a toujours eu les cheveux trop longs et mal coiffés au goût de sa mère. Je flâne, conscient d’être un élément perturbateur car peu de civils se promènent dans les longs couloirs, l’air de rien, le nez en l’air. Avec un peu de chance je peux me débrouiller pour prendre la place d’un patient, sous un autre nom dans le registre et tomber sur ce fêlé de Johansen pour la prise de sang. Je n’ai pas encore d’idées concernant ma vengeance mais étant ce que les gens appellent vulgairement « connard », les idées finiront par me venir d’elles-mêmes, j’en reste convaincu.

Je jette un furtif coup d’œil au registre en passant. Je m’appelle Allen, j’ai vingt ans et je viens pour rechercher une éventuelle source à ma fatigue chronique. J’ai envie de rire lorsque je croise quelques esclaves qui sont trop pressés pour reconnaître le type qui affiche un air perdu qu’ils bousculent, perdus dans leurs diagnostiques. Je m’assois sagement sur une chaise, patient et heureux d’être invisible. Je somnole bravement, tête basse, attendant avec une assurance à couper au couteau l’arrivée du blondinet. Sa voix me provient mais je ne bouge pas. J’ôte mes lunettes dont je passe une branche dans la poche de mon jean et garde le regard bas, simplement pour me garder quelques secondes de pur bonheur durant lesquelles il ne peut me reconnaître. Je lui tends mon bras puis me redresse pour l’observer.

« T’es bizarre comme mec. Mais ils te gardent dans mon équipe. Tu gardes malheureusement ton poste, malgré mes supplications d’un théâtre de très mauvais goût. » dis-je d’un ton neutre, sachant pertinemment qu’avec une telle phrase il va relever les yeux vers mon visage.

De toute façon il est assez fêlé pour me reconnaître à ma voix, ou bien tout simplement aux propos que je tiens. Je laisse retomber mon bras et le fixe, le regard perdu dans les limbes. J’ai une étrange sensation de mal-être et de déséquilibre mais n’y prête pas attention. Je me relève, lui assignant de ne pas se faire remarquer durant quelques jours, puis lui dis que je vais sans doute rentrer chez moi parce que…Et je ne finis pas ma phrase. J’ai un battement d’absence puis la sensation précédente de dégoût revient avant que je ne m’effondre par terre, semi-inconscient. Je gémis à peine, détestant les anémies plus que tout surtout lorsque c’est sous le nez d’un tel homme. Allez savoir ce qu’il va en tirer de bénéfique. Un bref éclair de lucidité me rappelle que je n’ai rien mangé depuis le petit-déjeuner éclair de la veille et que seul le café me maintenait plus où moins debout.
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MessageSujet: Re: Sans la moindre commisération, je suis spectateur de leurs forfaits. Mar 11 Mai - 18:07

Assis seul près de la machine à café, l’adrénaline et la pression retombe me laissant sur un sentiment étrange. Si mes muscles se détendent, ma bonne humeur naturelle elle, semble s’éclipser lentement, laissant place à une lucidité avec laquelle je n’ai jamais été ami. Tout est parti d’un rien, je me suis immiscé dans sa vie, lui dans la mienne, nous aurions pu en rire tout bonnement mais non, une nouvelle fois j’ai agis sans conscience, comme un enfant, sans réaliser que même mes actes pouvaient entraîner des répercussion. Gosses purement déconnecté de la réalité, j’ai toujours été ce genre de type souriant à agir sans penser et réfléchir ses actes. Je me contentais de faire tout bonnement n’importe quoi sans me soucier de quoi que ce soit, allant de la honte à l’humiliation, j’ai même embrassé un type marié, et encore une fois, je n’ai pas payé pour ça et j’imagine que c’est une des raisons pour lesquelles aujourd’hui cette réalité des choses m’échappent encore. Leroy est dans le bureau de la directrice de l’hôpital et seul un optimisme trop poussé pourrait me laisser penser qu’elle ne compte pas lui demander des comptes pour le grabuge déclenché au 3ème étage. Aujourd’hui, je risque ma place, j’ai embrassé mon supérieur après avoir passé une partie de la journée à faire des avances douteuses. La vie d’adulte n’est sûrement pas faite pour moi et je me demande à cet instant, si démissionner n’est pas la meilleure chose à faire que jouer l’une de ses comédies ratées à l’humour décalé. Ces instants de pure lucidité me pèsent et j’aimerais pouvoir tout bonnement m’en délecter comme je l’ai toujours plus ou moins fait. Cette année j’ai pris deux ans s’en m’en rendre compte, et je n’ai pas changé quoi j’en dise. Il y a toujours eu et il y aura toujours Valentin et les autres, et mon angoisse augmente à chaque fois que je réalise que les choses restent immuables, inchangées alors que pour la première fois de ma vie je souhaiterai pouvoir m’en abstraire et peut être donner un peu de sens à ma vie. Je ne cible pas mon blocage et pourtant il crève les yeux. Les sentiments n’ont jamais été mon truc, j’nai jamais été doué pour les exprimer, ou encore les identifier réellement.

L’attirance et le sexe ne sont que des prétextes, un moyen détourné de fuir ce que je ressens, de refuser de me confronter à une réalité qui fait trop de mal. Alors je me déguise, aime le même type depuis cinq ans, ne laisse personne passer le cap de la relation durable en étant tout bonnement trop con, ou trop peureux pour accepter l’attachement, pourtant je m’attache, vite peut être à de petite choses, mais si je finis toujours par m’enfuir comme un voleur, parfois oui je m’attache. Le plus risible dans mon existence semble être la seule chose qui ai toujours été stable dans ma vie, mon meilleur ami. En dépit de mes excentricités, de mon amour mal placé et de mon comportement pas toujours exemplaire, il ne m’a jamais laissé tomber et si aujourd’hui je préfère le fuir et prendre mon indépendance, je crois que je l’ai aimé pour ça. Je sais que si un jour de pluie, ou de faiblesse, les larmes me viennent sans trop savoir pourquoi, je n’aurais qu’à pendre un billet d’avion pour trouver la personne qui ne m’a jamais jugé en dépit de ce que je suis, pour trouver une épaule sur laquelle m’appuyer. La douceur d’âme de Valentin dépasse l’entendement, et l’estime que je lui porte est sans limite, j’imagine que de ma vie, je ne rencontrerais pas quelqu’un qui atteigne un si haut degré de perfection, mais j’ai longuement réfléchis. La faiblesse et la peur entachent tout ce qu’il y a de bien dans ce monde et me tenir à l’écart de lui, semble une solution comme une autre à mon problème, une façon de ne pas détruire sa vie par égoïsme ou par jalousie. Me tirant de mes rumination intérieures, je soupire et jette un coup d’œil à la machine à café avant de me servir et de me remettre au travail pour ce que s’apparente sûrement à mon dernier jour. Personne n’est irremplaçable, pas même moi. Je souris et me met en tête d’aller finir mon boulot et qui sait peut être finir la soirée dans un bar, revoir quelques bon amis et solder mon licenciement par un énième retard.

Les médecins sont débordés et tout le monde est malade, une épidémie générale ? Non seulement un temps de chien qui apporte son lot de rhumes et rhinopharyngites. Alors que nos hauts diplômes se pressent a tout les étages, je viens prendre les commandes en d’autres termes les dossiers et les patients pour les redistribuer. Allen, constamment fatigué, besoin d’un médecin, ou d’une boite de vitamines et d’une prise de sang j’imagine qu’il est pour moi. Je rentre dans la pièce et me retrouve face au docteur Leroy accoutré comme un adolescent en pleine crise identitaire. Vaguement surpris, je murmure un brin ironique.

« Allen hein… »

Non que je sois le genre de type à ne penser qu’au physique et a la plastique et surtout à reluquer suffisamment une personne pour pouvoir la reconnaître même habillée en Jedi, je ne peux pas dire qu’il m’a franchement eu avec son déguisement d’ado rebelle, et encore moins avec ce qu’il vient de me dire. Puis il se lève et décide de partir sans que je n’ai franchement le temps de répliquer. Il me sonne de me montrer discret mais lui comme moi savons que ce n’est pas une qualité qui fait partie de mes attribution. Alors que je m’apprête à lui répondre un tantinet moqueur, il s’effondre brusquement gémissant au sol. Lâchant ma seringue, je m’approche de lui pour l’aider à s’allonger sur le fauteuil prévu à cet effet. Prenant le café sucré posé sur le bureau je lui tend une fois qu’il a plus ou moins repris ses esprits.

« Chanchel, mais avec du sucre et ne ralez pas. DOCTEUR »

Rangeant mon matériel éparpillé sur la tablette, je me retourne vers Leroy avant de lui dire, un sourire amusé au bord des lèvres : « Vous voyez, que vous ne pouvez pas vous passer de moi plus d’une heure ! »
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MessageSujet: Re: Sans la moindre commisération, je suis spectateur de leurs forfaits. Mer 12 Mai - 12:46

Il me propose son café avec cet humour qui lui est propre. Toujours sans sel mais sucré. Je repousse le gobelet avec une grimace enfantine, refusant toute boisson caféinée ET sucrée. Il me sourit et je ne peux m’empêcher de rire, cédant pour cette boisson infecte. Après tout, en rentrant chez moi, j’allais être vouée à enchaîner bain de bouche sur bain de bouche je n’en suis plus à une calomnie près. J’aime protester et critiquer, je le reconnais. Deux gorgées suffirent pour m’arranger un violent frisson. Je transgresse deux règles qui me sont propres : pas de café avec sucre, et ne jamais boire dans le gobelet des autres. Je ne suis pas un hypocondriaque qui craint d’être contaminé par tout le monde mais disons plutôt que j’ai été élevé dans la rigueur des règles de savoir-vivre françaises. Et autant dire qu’on ne mange pas dans l’assiette du voisin, encore moins quand celui-ci vous est inférieur en matière de travail et qu’il passe son temps à vous faire part de ses ô combien merveilleux fantasmes sexuels.
Je m’étire paresseusement, étant allégé par l’idée de ne plus être son supérieur pour aujourd’hui mais simplement quelqu’un qu’il harcèle pendant son service. Je finis le gobelet à contre cœur, puis entreprends d’observer cet étrange individu qui fait parti de mon équipe de clowns. Homosexuel de base, blondinet, excentrique et incompréhensible, qui semble se plaire à provoquer ma colère. A croire que ça le distrait. Type masochiste qui me sonne à coup de pokes sur un site communautaire, on peut dire qu’il est peu banal. Je souris, moqueur puis ferme les yeux un instant pour me reposer.

« Pourquoi tu fais ce job ? T’as suffisamment de fric pour vivre s’en rien foutre, tu passes ton temps à n’avoir que faire des horaires, tu fais des propositions douteuses. T’es qu’un sale gamin, t’es capable de courir comme un con avec moi dans un couloir pour une histoire d’i-phone alors qu’en toute honnêteté j’en ai rien à faire de ton téléphone ou de tes contacts. Tu passes trop de temps sur Facebook, tu as une liste d’amis suffisante pour que je foute le bordel si l’envie m’en prend alors ton répertoire tu sais…Mais ça t’as pas empêché de t’étaler avec moi. Tu t’amuses à provoquer, mais on ne sait pourquoi. Alors pourquoi ce boulot merdique. »

J’ouvre à nouveau les yeux pour le fixer avec intensité, soulevant là une véritable question bien que je sois démangé par l’envie d’y répondre moi-même par diverses suggestions. Je fais craquer mes doigts lentement, un à un avant de sortir un briquer de mon jean pour jouer distraitement avec la flamme vacillante comme pour passer le temps.

« Tu cherches quelque chose ou bien quelqu’un dans un job au contact des autres ou bien parce que c’est un vaste lieu, plein de gens qui ne partagent pas les mêmes idées, les mêmes envies ni la même langue parfois. Tu fuis un truc ? Peut-être. Tu te terre dans un terrain de jeu immense on ne sait pourquoi. Ou alors j’me plante. Je pars dans des idées parallèles sans le moindre intérêt et dans ce cas, c’est moi qui ai un grave problème et qui tente vainement de tergiverser pour prolonger un peu encore un moment à l’hôpital. »

Je lève les yeux au ciel avant de soupirer, réalisant combien mes études peuvent me peser parfois. Je fais un bref signe de la main agacé vers Luke sans rien ajouté de plus, jugeant que j’en avais dis bien assez. Je me lève, espérant que l’instinct de faiblesse appartient au passé. Je passe à nouveau une main dans mes cheveux, commençant à montrer des signes de nervosité, du fait de rester ainsi à découvert en quelque sorte. Un espace clos. Luke dans cette pièce. Sensation de terreur, de piège. Je soupire puis me rassois pour laisser mes nerfs s’apaiser, me connaissant facile à faire changer d’humeur ou de sentiments. Je tends la main vers lui en inclinant légèrement la tête avec amusement.

« Passe moi ton i-phone, j’ai toujours voulu m’amuser avec ce genre de truc et si j’en avais un, je n’y prêterai même pas attention… »

Je lui sers un sourire doux, et même innocent mais sincère pour une fois, le suppliant légèrement de bien vouloir me laisser me distraire avec son téléphone. Cette fois je ne vais pas le chercher de façon sournoise et mal vue, attendant sagement qu’on me donne ce que je désire, montrant ainsi encore quelques restes d’éducation, poussant le vice jusqu’à être poli. J’ai toujours été terriblement lunatique, jonglant entre diverses humeurs mais aussi entre diverses personnalités si on peut dire bien que je sois parfaitement conscient de pouvoir être détestable comme quelqu’un de simple et sociable. Je vais jusqu’à exploiter ces différences pour les adapter à mon mode de vie, à mes relations. A la fac j’étais le gamin perdu qu’on chahutait mais qu’on aimait bien, qui n’aurait pas dit non. Aujourd’hui, à l’hôpital, je suis une espèce de connard qui n’éprouve pas la moindre pitié. Je fais ce que bon me plait, et si ça ne plait pas aux autres, c’est pareil. Luke n’a pas fini de déguster de ce côté-ci, même si avec lui mes changements restent rares. Mieux vaut être un sale con qu’on n’emmerde pas, plutôt qu’une brave bête à qui on écrase généreusement les pieds. Foi d’enfoiré.

« S’il te plaît… »


Je ne bouge pas du siège dans lequel je m’étais réinstallé auparavant, gardant la main tendue vers lui tout en m’apprêtant à essuyer un refus catégorique. Chose compréhensible. Qui sait, je pourrais très bien ne pas respecter cette promesse sous-entendue et faire n’importe quoi avec son répertoire… Car il ne sait pas que je respecte ma parole. Pas celle des autres, certes, mais la mienne, oui. Je m’auto fais confiance. Si je dis quelque chose, je peux le respecter sans craindre de recevoir un coup dans le dos.

« Croix de bois, croix d’fer, si je mens, je vais en enfer… »
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MessageSujet: Re: Sans la moindre commisération, je suis spectateur de leurs forfaits. Jeu 13 Mai - 1:28

Bonne question ? Ai-je réellement une réponse à lui donner ? Non. A dire vrai, je ne sais pas ce que je fais ici, peut être que je cherche quelque chose de particulier que mes nuits de débauche sexuelle ne m’apportent plus rien. N’arrivant pas à grandir bien malgré quelques efforts, je fuis sûrement la routine, ayant peur de me lasser du rôle du mec pas vraiment sur de lui qui ne fait rien de sa vie à part passer ses nuits dans les bars et dormir toute la journée. Aujourd’hui, je bois moins, je vois moins de mecs et quoi que je laisse penser, je ne couche plus autant qu’avant. Mes frasques reviennent de temps à autre, lorsqu’il est trop difficile de s’abstraire du masque quotidien qu’on affiche lorsqu’on est Luke Johansen, le franc débile du coin, un peu sonné et complètement déjanté. Je vis à travers mes frasques, ce sont elles qui rendent ma vie aussi hors du commun. J’intrigue, j’amuse, j’exaspère, mais j’existe en quelque sorte. Je n’ai rien du mec fort, intelligent et cultivé, qui fait la fierté de ses géniteurs, non l’ailleurs m’a toujours trop attiré pour me conformer au règles établie. J’aurais pu être un garçon timide avec un tas de problème psychologique, à regarder des films niais dans son lit le soir en aspirant à une vie idyllique et sans accrocs, mais j’avais choisit un chemin différent, celui du type profondément allumé, qui n’a peur de rien et sûrement pas du ridicule, celui qui existe en faisant tout bonnement n’importe quoi et en se fichant du regard que pouvaient porter certains autres sur ses actes souvent futiles et dénués d’une quelconque conscience. A l’hôpital, j’avais comme une certaine utilité, même si il ne s’agissait là que de vulgaires prises de sang ou bandages et je ne pouvais pas nier cette fascination étrange que le Dr Leroy pouvait exercer sur moi. Au delà d’attributs purement physique, j’aimais travailler en sa compagnie, son faux air de méchant docteur désagréable et ce cynisme qui lui avait valut son surnom, ce qui était assez drôle en somme, était de voir tout les efforts qu’il faisait pour tenter de comprendre que quelqu’un puisse l’apprécier malgré tout un tas d’efforts pour se montrer répulsif. Je laisse un sourire s’étendre sur mes lèvres et me décide à lui répondre, improvisant, et me disant que peut être l’explication découlerait de cet enchevêtrement de mots sans qu’elle ne soit plus mûrement réfléchie.

« Je ne sais pas, pour tout vous dire, je suppose qu’après avoir regardé toutes les séries inimaginables les lendemains de cuite on finit par se lasser ou alors peut être qu’on éprouve le besoin de grandir un peu lorsqu’on ne sait pas faire face à ce qu’on est. J’ai fait trois ans de fac et je n’ai jamais eu la motivation nécessaire pour mener à bien mes études, j’ai passé cinq ans à courir après le même mec hétéro jusqu’à ce qu’il se marie et que je réalise qu’il n’y avait plus rien à faire d’autre que de partir pour le laisser vivre sa vie comme il l’avait choisit. Peut être que j’ai eu envie de changer de vie de faire quelque chose d’utile pour une fois. J’aurais pu laisser tomber, je me lasse facilement en règle générale, mais vous étiez là, et je dois dire que c’est une raison suffisante pour me lever le matin. J’arrive en retard, parfois je le fais exprès, vous me râlez dessus, vous refusez mes avances et affichez cette mine dégoûtée et exaspérée à chaque fois, et je ris. Je vous provoque, met du sel dans votre café pour vous entendre hurler et j’aime ces moments, qui n’ont rien à voir avec ma vie à l’extérieur. Malgré tout, je vous aime bien, et je sais que c’est le cas pour vous, vous me cherchez tout les matins, vous n’avez rien à me dire mais vous voulez me voir, parce que vous adorez me râler dessus et m’entendre vous répondre de façon aussi incohérente que je peux le faire à chaque fois. En vérité, c’est bien plus amusant que de rester là à compter les billets sans savoir quoi en faire. Il n’y a rien d’autre que ça. »

Conscient que j’ai peut être été un peu trop sincère, je finis par me taire et esquisser un sourire simple, qui n’a rien de pervers pour une fois. En vérité je crois que je n’ai jamais été aussi sincère et aussi calme en tentant de m’exprimer.

« Je fuis peut être quelque chose, mais je m’occupe l’esprit plus qu’autre chose, mais oui vous avez raison, je fuis ma vie, ma femme de ménage et les strings qui traînent chez moi, je fuis Val et sa perfection désarmante, et je fuis Arsène parce qu’il aurait pu me rendre heureux et que je ne suis pas prêt à l’être, je fuis les gens parce que je ne leur fait pas confiance, mais j’envie les gens qui y parviennent, ce qui constitue un paradoxe et fait de moi un pur allumé, complètement maso qui fantasme sur son supérieur, parce qu’encore une fois, c’est toujours plus facile de fantasmer sur des gens inaccessibles que de se lier réellement et de donner sa confiance. J’ai peur de foirer ma vie parfois, de ne pas être capable de dépasser ça, de vieillir sans grandir, de toujours réitérer les mêmes conneries. Parfois j’en ai conscience, mais la plupart du temps pas du tout et je crois que je me plais dans l’immaturité. »

Je soupire, visiblement incapable de m’arrêter. N’ayant jamais réellement parlé à quelqu’un d’autre qu’à mon psy de l’époque, je suis bien trop loquace et je me surprend moi même. Je lui parle de mon mal être intérieur avec une facilité qui me déconcerte et me perturbe. Alors qu’il me demande mon i-phone, je lui donne sans réellement réfléchir ou encore m’attarder sur des supplications. Aujourd’hui je ne lutterai pas, même si j’encourre une rechute violente à la moindre erreur de sa part, tant pis je l’accepte.
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Sans la moindre commisération, je suis spectateur de leurs forfaits.

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