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La partie des PVs est en reconstruction alors ne vous étonnez pas si tout n'est pas parfait. Si vous avez un doute, n'hésitez pas à nous poser la question ! Changement de version =] Merci d'patienter, il est 01h14 et j'en ai ma claque de changer le css alors je vais dormir je reprends demain xD Merci d'patienter

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J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha

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MessageSujet: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Dim 2 Mai - 1:58

Sam, Sam McCartney comme Paul, à la différence que niveau chant, je ne peux pas me vanter d’avoir les même talents. Je vis à Londres depuis près de 21ans et je m’accoutume plus bien à la pluie en plein mois de mai. Humble serveuse dans un MacDonald, je ne manque pas de projets d’avenir. Un jour, peut être quand j’en aurais fini avec la sauce barbecue et l’odeur de potatoes, je partirais, deviendrais une grande star de cinéma, ferai de la pub pour un nouveau dentifrice ou sauterai à l’élastique. Aujourd’hui pour ne pas changer, il pleut, et aujourd’hui pour ne pas changer, je sers des frites, mais ce qu’on ne peux pas me retirer, c’est mes habilités à sourire malgré l’odeur. J’ai toujours été quelqu’un de très impliqué dans le travail, si ma passion n’a jamais été les McChicken, je n’ai jamais grimacé en me levant le matin. Un bol de lion et une douche plus tard, j’allais joyeusement m’évertuer à arrondir mes fins de moi. L’optimisme a toujours fait de moi une fidèle privilégiée, il pouvait bien pleuvoir dans l’appartement, je sortais bravement la loque pour ramasser sans trop râler après le propriétaire, quant à ma connexion Internet, je faisais comme je pouvais même si pour capter le wifi il fallait parfois poser l’ordinateur sur une étagère bancale et tomber d’une chaise quelques minutes plus tard pour avoir eu cette idée brillante. Bien sur j’aurais pu continuer de vivre chez mes parents, mais mes frites me rendaient indépendante, je leur devait tout ou presque, si on leur enlève le fait qu’elle m’ont fait rencontrer celui que je pouvais désormais appeler mon ex. Grand type brun pas très sympa, je lui avais toujours trouvé un petit côté rock’n roll avec ses t-shirt trop larges, il m’a fait rire, a commandé un maxi best of et on est sortis ensemble, une quinzaine de jours, avant qu’il ne parte sur un coup de tête avec une serveuse du Starbucks, il a toujours préféré le café, moi aussi. Aujourd’hui je le croise souvent, se découvrant une passion pour les arts et la musique il a décidé de former son propre groupe, et aussi de polluer mon facebook avec ses notifications de merde et ses invitations massives à des événements que je ne considère pas comme tels. Pourquoi je ne le supprime pas ? Je ne sais pas. J’ai beau me plaindre de le croiser sans cesse dans mon fil d’actualités, la contradiction réside dans mon incapacité à me retenir de visiter son mur trois fois par jour. Accroc non. Curieuse peut être, atteinte par la maladie du siècle, il y a de grandes de chance. J’adore facebook, pire j’aime facebook. J’ai beau le désactiver trois fois par semaine en voyant que Melody a aimé son statut je reviens, ne serais ce que pour le rouge éclatant d’une nouvelle notification. Aujourd’hui pour la première fois de ma vie j’en ai marre de ce boulot. Je songe à partir, donner ma démission sur un coup de tête, il est là avec elle et il commande un Sunday. Mon sang ne fait qu’un tour, j’imagine mille réplique cinglantes et envisage sincèrement de bombarder de daim et de m&m’s sa compagne mais ca ne sort pas, je me calme, comme d’habitude, ne voyant que le crétin qui m’invite à ses concerts de rock de campagne. Je soupire et leur sert un Sunday, ne réagissant même pas lorsqu’il me demande ce que je deviens. Si ma vie peut être qualifiée de pathétique, je ne le vivrais mal que lorsque qu’on validera mes vie de merde, tant que ce n’est pas le cas, j’imagine qu’il y a pire. Les nuages cendre se dissipent un peu, laissant entrevoir un brin de bleu et de soleil, une journée à promener un labrador, je n’ai pas de labrador. Il me faut un labrador. Lubie. Dix sept heures, je quitte, la journée s’achève, je veux toujours un labrador.


J’ai un labrador, sensation d’accomplissement total, chiot sable bien proportionné abandonné par son ancien maître, j’ai l’intime conviction que c’est le début d’une grande amitié, d’une relation forte et intense capable de m’empêcher dans les moments d’extrême solitude d’aller commenter le statut de l’indésirable numéro 1. Il s’appelle Ketchup, et il chique les rideau depuis déjà deux jours mais je le vis bien, j’ai un chien, même si il écoute rien. Dimanche, repos, pas de frites, seulement Ketchup et moi, il fait beau, je décide de le confronter à la réalité de ce monde : la sociabilité. Si il tire sur la laisse comme un forcené, je parviens presque à rester sur mes jambes même si tout reste approximatif, De là à ce que je lâche la laisse sans le vouloir et qu’il se mette à courir après l’une de ces chiennes sophistiquées bonnes à présenter à des concours de mode, rien n’est moins sur, mais si sa vie amoureuse peut être meilleure que la mienne, je me sens capable de me réjouir pour lui. Mon instant de rêverie me perd et ce qui devait arriver arriva. Il tire un peu trop fort et le voilà jouissant de la liberté suprême d’aller gambader et faire ses besoin dans le grand parc municipal et d’ainsi ternir la belle pelouse verdoyante à mes frais. Ejectée dans l’herbe, je ne prend pas le temps de réfléchir plus longtemps, et déverse toutes ma haine facebookienne accumulée dans une tentative désespérée et humiliante pour faire revenir le chien, qui bien sur ne semble pas avoir été livrée avec l’option obéissance innée, et intégrée. Je crie.

« KETCHUP VIENS ICI TOUT DE SUITE ECOUTE MOI ! VIEEEENS LA KETCHUUUUP. »

Inefficace. Les gens me regardent d’un drôle d’air, et j’imagine que c’est normal venant de ceux qu’on appelle genre, le mimétisme fait des ravages, je suis l’attraction de l’après-midi. Une blonde courrant après un chien essayant toute sortes de stratagèmes pour le moins étrange pour l’appâter qui s’avèrent tous être foncièrement inefficace. Le chien se dirige vers un mec et j’espère qu’il aura la présence d’esprit de l’attraper, moi j’abandonne.
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S. Nohann de Varennes

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MessageSujet: Re: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Dim 2 Mai - 2:56

Les photos m’épuisent. Ce pays m’épuise. La pluie m’use et me fait ressembler à un véritable mouton irlandais, pour mon pire cauchemar et pourtant je continus à sourire, à me plier aux règles et ce, sans renâcler. J’obéïs comme tout bon chien bien dressé, revêtant les habits qu’on me fourre dans les bras et venant affronter l’objectif sans le moindre complexe mais sans arrogance non plus. Nous ne sommes ni amis, ni ennemis. Il me connaît, je le connais, on se voit souvent mais il est la vérité et j’assume la vérité. Une mèche de travers, un sourire trop pâle, un regard livide. J’accepte. J’accepte contrairement à toutes ces filles qui se trouvent toujours trop rondes, alors qu’elles n’ont que la peau sur les os ou bien ces hommes qui se trouvent toujours trop mou, jamais assez de muscles, jamais assez de sex appeal. Ce sont des notions pour ma part qui me passent bien au-dessus de la tête. Je pose, j’obéis et j’assume. Mes repas sont prédéfinis par mon métier et rien ne me perturbe là dedans alors que beaucoup y voient des contraintes astreignantes interdisant tout écart trop important. Je n’ai jamais aimé le Nutella de toute façon.
Je m’attendais à me retrouve dans un pays envahi par les grenouilles, sous l’eau, à la nourriture infâme et aux habitudes folles mais non, je trouve encore un brin de logique. Les gens – sans doute les étrangers de naissance – mangent souvent au MacDo. Moi-même j’y vais régulièrement mais simplement pour me poser au McCafé, ce qui revient au même. Je hais le thé. Je maudis tout ces gens qui boivent cette flotte brûlante et infecte, préférant de loin un café noir, même mal fait par MacDonald. Je ne suis pas difficile en somme, ou bien docile dirons-nous…

Mon coude glisse lentement sur la table de la cuisine alors que ma tête repose au creux de ma paume par un réveil difficile. Je somnole face à bol froid de lait qui ne me donne pas envie. Ma sœur brasse, me parle, puis rebrasse. Je l’entends chercher ses produits de toilette dans la salle de bain puis écarter frénétiquement ses habits dans ses penderies. Les cintres crissent puis elle arrive en courant dans la cuisine, me faisant remarquer que je serais mieux dans mon lit que sur cette chaise. Je ne peux pas m’empêcher de lui sourire et fermer les yeux lorsqu’elle passe sa main dans mes cheveux, geste purement maternelle et qui pourtant m’a toujours fais frémir. Je ne sais pas si j’apprécie ça parce que cela vient de ma sœur ou bien si cela me procurerait autant de bien être avec une autre femme. N’ayant pas de souvenir d’avoir déjà tenté véritablement la question je préfère éluder et me lever pour vider le bol dans l’évier sans me demander ce que je pouvais bien faire avec un bol de lait froid moi qui ai ça en horreur. Elle passe puis repasse, à la recherche de son sac, de ses chaussures, d’un élastique puis enfin elle me dit au revoir en souriant et claque la porte en partant. Je reste bêtement debout au milieu de la cuisine, un t-shirt bien trop grand pour moi sur le dos. Je reste un instant absent et quiconque me verrait dans cette situation devinerait avec difficulté mon métier. Si j’étais capable de me voir de l’extérieur, je crois que je penserais pareil. Il me fallut plus d’une heure pour parvenir à m’habiller et prendre une douche avant de sortir, sac en bandoulière Lacoste sur l’épaule, veste en toile et fine écharpe, sait-on jamais, quelque fois qu’il se mette subitement à neiger. Avant de partir je saisi mes lunettes de soleil qui me procurent grande satisfaction lorsqu’il s’agit de protéger mon regard transparent des rayons du soleil qui provoquent souvent de violents maux de crâne chez moi.
J’erre en ville, perdu mais peu inquiet de ne pas trouver mon chemin jusqu’à tomber sur un parc qui retient mon attention. Je flâne encore un peu avant de m’asseoir dans l’herbe comme l’avaient fait plus loin un groupe d’adolescents. Je sors d’abord un guide touristique avec suffisamment de motivation pour me lancer dans l’apprentissage puis après quelques pages d’un ennui trépidant, je troque le guide contre un roman français car cela reste une valeur sûre de mon point de vue. Une fois dans ma lecture je m’abandonne à mon monde fictif et me coupe du reste, si bien que je n’entends que d’une oreille distraite des cris parlant de ketchup. Plus rien ne m’étonne dans ce pays de fous, si bien que je ne relève pas le regard, trop passionné par les aventures bucoliques du policier parisien Adamsberg. Enfin ça, c’était jusqu’à ce qu’une torpille envoie en l’air mon livre en me bousculant sans ménagement. Pas réflexe – de survie ?- je saisis le bout de la laisse, stoppant le missile dans sa course. Un chien. Un chien a percuté mon livre. Perplexe je regarde l’animal sans doute aussi sonné que moi parce ce choc du moins inattendu. Je finis par en rire et caresse la bête en ramassant mon livre. Voyant sa propriétaire arrivée essoufflée, je prends la peine de me lever sans lâcher la laisse et lui tend en souriant. C’était donc ça cette histoire de ketchup ?

« Je crois que vous avez un chien qui a besoin d’exercice… »

Je ris légèrement, lui remet la laisse et me rassoit doucement dans l’herbe avant de sortir une bouteille d’eau de mon sac posé à mes côtés, le tendant à l’inconnue au chien. Pour avoir déjà couru après bon nombre d’animaux – et pour rien souvent – je savais combien il pouvait être épuisant de tenter de récupérer son chien fugueur. D’autant plus s’il est jeune comme celui là. Je l’observais avec amusement, le laissant jouer avec les boutons de ma veste qui gisait au sol, non loin de mon sac. Par politesse j’ôte mes lunettes de soleil mais plisse les yeux automatiquement, aveuglé par le beau temps si rare dans ce maudit endroit de la planète.
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MessageSujet: Re: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Dim 2 Mai - 14:33

Epuisée. Cela quelques bonnes minutes que je cours après un chiot labrador en manque de sensations fortes, je songe à laisser tomber et attendre le coup de fil de la SPA me disant a quel point je peux être un maître irresponsable. Ketchup finit sa course en fonçant droit dans le livre ouvert d’un homme assis dans l’herbe. A moitié rassurée lorsque l’homme se saisit de la laisse, je cours vers lui pour aller récupérer l’effronté de chien. Sans animosité ou rancune envers la petite tache sable hyperactive, l’homme le caresse et se lève me tendant la laisse avec bienveillance. Je m’en saisis essayant d’être ferme cette fois-ci, il ne m’échappera plus. J’ai beaucoup de chance, le petit blond n’a pas décidé de me faire la morale ou pire de me faire racheter son livre dont Ketchup a du froisser les pages, mieux il semble atteint de ce qu’on appelle communément la gentillesse et me propose à boire dans sa bouteille avec un petit accent qui n’a rien d’anglais. Je me laisse tomber dans l’herbe et décidé de prendre une pause avant de me froisser un tendon en ramenant la bestiole à l’appartement.

Contrairement a beaucoup d’anglais j’aime entendre l’accent des étrangers, ne trouvant pas qu’il dénaturent tellement la langue, mais plutôt qu’ils lui donne un charme, une dimension exotique, bien que ce ne soit l’avis que d’une humble serveuse de frites. Aujourd’hui j’ai rencontré un bouffeur de grenouilles et c’est l’attraction de la journée. Mon chien a besoin d’exercice ? Besoin de se dépenser peut être mais pas d’exercice, il n’est pas gros et je veillerais à ce qu’il reste bien proportionné jusqu’à la fin de ses jours même si pour cela il faudra lui faire faire du saut d’obstacle. Les labradors ne finissent pas tous vieux et moches quoi qu’on en dise Valentin Alexandre un type rencontré dans le métro qui ne connais rien aux animaux.

« Je l’inscrirai à un club de gym si je change de boulot en attendant je le laisse me promener au parc, c’est toujours ça. »

Il enlève ses lunettes de soleil et là j’ai comme un bug, ce type me dit quelque chose. Bouffeur de grenouilles, blond, avec une tête pas très banale. Facebook. Oui facebook, ce type a une page une facebook, pire ma cousine fantasme sur ce type sur facebook et sur le fond d’écran de son ordinateur. J’me disais bien. Ou que j’aille facebook me rattrape. Ne sachant pas si je dois me la jouer, je te connais mec, ma cousine m’a longuement parlé de toi et forcée à rejoindre la page fan qu’elle avait fait sur toi ou tout simplement me la fermer comme je devrais penser à plus souvent choisir l’option. Mais non. La seule phrase qui me vient à l’esprit c’est…

« Je crois que je vous ai déjà vu sur Facebook. »

Eh merde. J’ai dis je crois, j’ai laissé plané le doute, si il grimace, je n’aurais qu’à lui faire croire que je l’ai confondu avec un autre, un type dans mon lycée qui avait pris français seconde langue et qui rêvait d’avoir le même accent, ou alors j’assumerais et le laisserais partir. Je caresserai Ketchup et demain sera un autre jour. J’irais mettre un commentaire sur facebook en disant que la célébrité mondiale qu’il était avait caressé mon chien et que si il continuait à se montrer aussi peu sage, il se pourrait que je vende son pelage sur ebay à tout les fan du mec blond qui de toute évidence s’avère être le célèbre Nohann de Varennes. Satisfaite d’avoir trouvé une solution pour le chien en cas d’extrême détresse, je songe un instant à la tête de ma cousine si je lui dis que j’ai rencontré son idôle, son dieu vivant sans lui ramener d’autographe et la situation semble problématique. M’étant suffisamment affichée pour le reste de la journée, je ne tiens pas forcément à passer pour une groupie hystérique capable de l’étrangler avec son écharpe de marque si il refuse de coopérer. Mentir effrontément n’es pas non plus une solution de même que le mensonges par omission par expérience je sais que de toute façon, on ne cache plus rien depuis l’invention de facebook, j’ai fait des recherches, cette merde est né en 2004, depuis c’est l’enfer. Perdue dans la remémoration des dates clés de l’histoire de Facebook, je n’avais pas remarqué que Ketchup jouait avec les boutons de la veste du mannequin posé sur l’herbe. N’imaginant maintenant que trop bien le prix des fringues que pouvait porter ce type, mon cœur loupe un battement et je me remet à crier après le pauvre labrador avant d’empoigner la veste pour la mettre hors de portée.

« Touche pas à ça, sale bête, c’est pas mes rideaux j’ai pas les moyens là. »

Non j’imagine que le jour ou je dois remplacer une écharpe burberry ou lacoste ou je ne sais quoi encore le propriétaire peut dire adieu à mon loyer du mois. Rajoutez à ma malchance hypothétique qu’on est au mois de mai et qu’il peut tout à fait me mettre dehors si le cœur lui en dis, une chance pour moi les MacDo ferment de plus en plus tard avec les beaux jours. Sam clocharde, j’ai déjà le chien, il ne me manque plus que la guitare et un peu de talent, pour envisager ma reconversion dans l’art de rue. Constatant que j’empoigne toujours fermement la veste du mannequin, la gène me prend et je lui tend maladroitement.

« En tout cas merci pour le chien, et je vous rend votre veste, je ne comptais pas la garder. »

J'aurais pu, mais ca aurait été un peu comme du vol à l'étalage, et on vole pas les mannequins français, ca donne une mauvaise image de l'angleterre et j'ai toujours été un brin patriotique. God save the Queen !
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S. Nohann de Varennes

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MessageSujet: Re: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Dim 2 Mai - 17:01

Je lui souris aimablement sans même poser de question sur les cours de gym. Un labrador à la gym ? Je savais que des fanatiques avaient créé des hôtels pour chien, des psychothérapeutes, et même de bars mais je n’étais pas au courant en ce qui concernait des éventuels clubs de sport bien que plus grand-chose ne m’étonnait lorsque cela passait par l’amour des bêtes. J’étais donc définitivement en dehors de la marge de la société actuelle, ayant toujours un train de retard sans que ça ne perturbe ma petite vie isolée. Certains disent vivre d’amour et d’eau fraîche, moi c’est à coup de flash et de rêves innocents qui ma vie tient debout. Pour solder ce sentiment d’être un homo-sapiens de la technologie elle me parle de Facebook. Légèrement mal à l’aise dans le domaine de l’informatique elle enfonce le clou en parlant de ce qui me gêne : Facebook, les pages fans. Autant je vis très bien mon métier, autant, en bon paradoxe, je ressens un certain mal-être lorsqu’on me met devant des gens qui regardent les photos, donnent leurs avis et se lancent dans des déclarations enflammées. Je me contente de rire puis hausse les épaules, me demandant si je dois fuir ce pays tout de suite ou si elle est la seule à pouvoir me reconnaître. Je me mords doucement la lèvre inférieure et remet mes lunettes de soleil avant de lui tendre la main en affichant un sourire sincère.

« Sach…Nohann de Varennes. »


Je m’empresse de me corriger, n’ayant pas pour coutume de me présenter aux autres. En studio photo je suis banalement Nohann mais je ne l’entends qu’à peine, ne relevant pas qu’on puisse m’appeler par mon second prénom suite à ma demande ; et vivant avec ma sœur, je reste désespérément Sacha de Varennes, le petit français blond à qui régulièrement on sortait la blague traumatisante des pokémons en primaire. Hey Sacha ! T’as perdu Pikachu ? Mais tu trompes Ondine en étant amoureux de Lucie ?! Et sinon Pierre, il se porte comment ? Je me perds dans mes réflexions l’espace d’un instant et sursaute lorsque je l’entends crier après le labrador pour… ma veste ? Je relève mes lunettes en fronçant les sourcils avant de rire aux éclats de la situation. Qu’en avais-je à faire de ma veste ? Rien. Les vêtements m’importent peu et puis un tour en machine à laver, un peu de couture et c’est reparti. Ou bien je peux aussi compter sur la future collection de n’importe quelle marque pour remplacer régulièrement ma penderie. A moi seul, si je gardais tous les vêtements que j’obtiens, je pourrais ouvrir un magasin seulement je n’ai pas cette fibre d’escroc né alors je me contente de donner mes habits à des associations, à des amis, à ceux qui veulent porter du Burberry ou Calvin Klein une fois. Je secouai doucement la tête en souriant, lançant mes lunettes sur mon nez avant de caresser la tête de l’animal.

« Ce n’était pas important… »

Je rangeai mon livre dans mon sac, sachant que pour maintenant je pouvais abandonner ma lecture, une rencontre venant bouleverser mon quotidien tranquille, chose qui ne m’arrivait pas fréquemment. Mon esprit revint machinalement sur Facebook, lieu que je n’avais pas visité depuis disons six mois peut-être. On m’avait conseillé de m’inscrire là bas, d’accepter les demandes d’amis de tout le monde et de me satisfaire de tout ce que les gens m’écrivent mais je ne possède pas suffisamment d’orgueil pour ressentir une réelle satisfaction. Seul l’embarras m’accable et j’ai honte de m’afficher là bas simplement pour satisfaire un nouveau type de voyeurisme légalisé. Ce soir, si l’idée était encore fraîche, j’irai voir ce qui s’y trame puis me connaissant, ne reconnaissant rien, je me déconnecterai sans avoir fait quoi que ce soit. Déconcerté, je rappelle le chien d’un simple claquement de langue et lui caresse les flancs en souriant. Cette boule d’énergie trépidante n’est pas sans me rappeler mon propre chien qui, lorsqu’il était jeune, ne manquait jamais une seule bêtise à faire. Déchiqueter les chaussures, les vêtements qui traînaient, les magasins, ronger les pieds des meubles, les plinthes. Il mâchait les stylos, répandant de l’encre dans toute la villa, creusait de véritables tranchées dans le jardin et ne manquait jamais de me faire courir lorsque je prenais mon courage à deux mains pour le sortir en laisse. Une fois sur deux je revenais avec des courbatures dans le bras à trop avoir voulu résisté à la traction puis j’ai eu l’heureuse idée de me mettre à courir avec lui. Au début il n’a rien trouvé de mieux que vouloir passer entre mes jambes, me faisant chuter plus d’une fois puis il a compris le jeu et s’est remis à me traîner, mais cette fois-ci, ne me forçant non pas à marcher plus vite, mais à courir plus vite.

Elle me tendit ma veste, me faisant à nouveau sourire. Elle aurait pu la garder que je ne l’aurai sans doute pas remarqué, étant bien trop distrait comme garçon pour toujours me souvenir de tout. Je la pris, la posant sur mon sac.

« Je vous en prie, c’est normal et puis j’ai connu ce genre de course frénétique après les bêtes… Ils nous font toujours courir et lorsqu’on lâche la laisse on a l’impression qu’ils nous distancent encore plus rapidement que lorsqu’on tente de résister… »

Le sourire sur mon visage ne s’efface pas mais je viens à me demander si je dois lui dire au revoir et lui souhaiter bon courage pour rentrer chez elle indemne avec le chien ou bien si elle va rester encore un peu pour me tenir la conversation. Je m’habitue à l’anglais parlé mais oublie aussi très facilement et, à cause de mon salaire, beaucoup de gens de mon milieu de force à parler ma langue natale comme si me parler anglais était un manque profond de respect pour mes origines si bien que depuis mon arrivée je n’ai que très peu l’occasion de parler, sauf pour commander des cafés au MacCafé, mais dire Coffee, n’a jamais été d’une grande difficulté pour moi…
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MessageSujet: Re: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Dim 2 Mai - 21:48

Et il remet ses lunettes. Je suis fichue, maintenant qu’il sait que je sais pour sa profession, il n’a pas envie de se faire repérer et dans un certain sens je ne peux qu’agréer et me conformer à son avis. Courant et m’égosillant comme une hystérique notoire je lui ai prouvé par a+b (bonne chance pour le bac blanc de maths) que je ne faisais pas partie de ces filles qu’on peut qualifier de réellement discrètes. Je ne lui en veux pas, dans ma vie j’ai fait peur à beaucoup de gens et j’imagine que certains s’en souviennent encore, fille pas toujours très logique, accroc à facebook et facilement distraite, toujours désespérément célibataire il y a encore tout un tas d’attributs qui me définissent particulièrement bien. Capable d’oublier mes clefs ou mon portefeuille sur une table et de partir sans le moindre remord, on ne peut pas dire que j’ai toujours eu le pied ancré dans la réalité. Mes parents avaient de grand projets d’avenir, mais je n’aspirais pas même chose que la plupart des gens. Me contentant d’un rien ou d’un café, je n’étais pas attirée par tout ce qui était longues études gratifiantes, boulot de rêve et grande villa. La voix accentuée frenchie m’arrache un instant à ma crise existentielle pour se présenter butant sur un mot qui semble être son véritable prénom. Célébrité de renom je m’imagine bien qu’il ne va pas me donner son véritable nom pour mon bon sourire ou encore celui du chien fugueur alors je ne l’interromps pas, sachant pertinemment qui il est puisqu’il décore en partie la chambre de ma cousine et que je me souviens particulièrement l’avoir emmenée chez le photographe pour faire développer et agrandir ses photos numérisées. Loin d’y avoir prêté un œil attentif pendant les journées passées avec Juliet, je dois lui reconnaître un certain charme au naturel, peut être davantage que sur papier glacé, bien qu’encore une fois cela ne soit qu’un avis personnel. Ayant maintenant la confirmation de son identité, je me décide à me présenter.

« Sam, McCartney, j’ai aucun lien de parenté avec Paul, et je suis serveuse au MacDo, enchantée ! »

Je jette un regard à Ketchup qui n’a aucune conscience des choses, se faisant caresser par un mannequin blond aux lunettes de soleil trop chères. Dans un certain sens, il ne réalise pas que si il chique une nouvelle fois les rideaux de ma chambre, je pourrais très bien le dépecer et gagner un max de fric. Je souris, trouvant le tableau attendrissant tout de même. Brave petite bestiole. . Je repose mon regard sur le français avec qui j’engage une conversation décousue qui ne mène probablement à rien ; songeant une fois reposée à partir et à retourner à mes applications facebook dans une routine qui semble inlassable avant d’attraper à coup sur un de ces coups de soleil qui vous empêchent de dormir et vous offrent un teint réellement ridicule pendant plus de deux jours. Je n’ai jamais eu le répondant ou même l’habileté de certaines personnes à nouer des contacts humains, alors je sais de source sure que si l’envie me prenait de ne pas écourter cette conversation, je n’aurais pas le cran de lui demander de rester ou de prendre un café comme l’aurait sûrement fait Juliet. Ma timidité m’étouffe, et j’ai bien du mal à la surmonter en règle générale avec les gens que je ne connais pas mis à part sur facebook. Voilà qui explique toute l’addiction. La conversation fini par s’essouffler et le malaise s’installe à mesure que le soleil décline. Il m’a rendu service, j’ai sauvé sa veste de cette tâche de Ketchup et je suis partie. J’ai rangé l’appartement, j’ai été sur facebook, je me suis couché trop tard, je suis passé sur la page de son groupe de merde, et aujourd’hui j’ai rencontré un mannequin célèbre. Juliet m’a appelé et je n’ai pas eu le cœur à lui dire, pourquoi faire, je n’ai pas son autographe et elle m’en aurait voulu doublement plus. Je vais me coucher.

Lendemain, éternel recommencement. Frites, Nuggets, Big Tasty, Maxi Bestof, grand coca, Sunday, odeur pestilencielle. Le journée passe lentement, comme toutes les autres, mais je garde le sourire en me disant que le bonheur est soumis à des lois tout à fait relatives. Je ne suis pas malheureuse et mes collègues ne me mettent pas encore la tête dans la cuvette des toilettes, ils font pire, ils m’invitent boire un verre et parlent joyeusement entre eux tandis que moi, assise sur la ma chaise je contemple le fond de mon verre vide avec un air de béatitude profonde. Les rires fusent et je ne remarque pas tout de suite le groupe de jeune garçons bien habillés qui entrent bruyamment dans le bar déjà bien éméchés. Ce n’est qu’en daignant relever la tête de ma consommation que je croise son regard, celui du dit Nohann joyeusement entraîné par une bande de lurons en foire. Ayant l’air aussi à sa place que moi, je lui sourit timidement avant de tenter de me concentrer sur le sujet de conversation de ma propre table et les verres de vodka qui semblent défiler, et délier les langue. Je ne suis plus sobre, c’est officiel. Je suis capable de penser oui peut être, réagir plus ou moins normalement, et ne pas sauter sur le premier mec qui passe, je pense aussi. Mon regard ripe une nouvelle fois sur Nohann dont les amis semblent s’amuser à remplir le verre à une vitesse qui m’effraierait presque. L’alcool engourdissant mes membres, je ne prend plus la peine de contrôler mon regard qui tend dans sa direction. Hypnotisée par la scène qui s’offre à moi, j’essaye de compter les verres, tuant l’ennui. Une de mes collègue me pince en riant trop fort, et je consens à lui accorder un vague sourire. Elle me demande si Nohann me plait et je ne trouve rien d’autre à répondre que « J’en sais rien » me délectant du sujet comme je le pouvais. Je reprend un verre.
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S. Nohann de Varennes

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MessageSujet: Re: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Lun 3 Mai - 11:32

Je ne sais même plus comment j’en suis arrivé là. On a eu un photoshoot, ou deux peut-être, dans la journée et j’ai été immergé dans un groupe de jeunes hommes de mon âge environ et de nationalités diverses et vairés mais tous plus souriants et avenants les uns que les autres. Avenants, oui c’est le terme. Ils m’ont traîné à la fin de la journée dans un café et je n’y ai vu aucun inconvénient, espérant ainsi pouvoir mieux m’intégrer à un monde nouveau, à une langue étrangère et à des coutumes qui ne sont pas les miennes. Le seul bémol ? La conversation s’est étiré en long sans que je m’en aperçoive véritablement et une fois la nuit tombée ils se sont levés à l’unisson, parlant bien trop vite alors que je comptais que des bribes de phrases. J’espérai rentrer chez moi, pour finir la soirée sagement avec un livre ou bien à délayer ma journée mouvementé à ma sœur avant même que je puisse prendre mon inspiration, ils m’ont entraîné à nouveau avec eux dans un bar branché de la ville cette fois-ci. La stupeur et l’angoisse se peignaient sur mon visage puis l’affolement face à tout l’alcool qui allait être capable de me faire ingurgiter. Un, puis deux. Tequila. Vodka. Champagne. Ils s’arrêtèrent là, eux-mêmes déjà bien joyeux. Ils s’occupèrent de régler les consommations sans me demander mon avis et me poussèrent gentiment dehors, entamer boutades en tout genre. Peu habitué à boire je gardais le regard hagard jusqu’à ce que l’un d’eux me donne un léger coup de coude en racontant une blague qui étrangement n’a pas manqué de me faire rire. Ils m’expliquèrent qu’ils m’emmenaient ailleurs, qu’il y avait une serveuse mignonne là bas qu’ils voulaient me présenter. Il fallait me baptiser moi, pauvre français. Il fallait me rendre soûl au moins une fois dans ma vie. Chaleur. Vapeurs d’alcool. Rires tonitruants. Sourires éclatants. Rumeurs des conversations. L’entré dans le bar est pour moi similaire à l’entrée en enfer. Je me perds dans tous ces visages, perdu définitivement sans opposé pourtant de résistance lorsqu’ils me poussent à nouveau en avant et crie déjà les consommations qu’ils désirent à une serveuse avant de s’asseoir. Sam. Je croise son regard, son sourire, et lui le rend en esquissant un timide salut de la main. Un instant la panique me reprend alors qu’ils remplissent mon verre à une vitesse ahurissante, m’obligeant toujours à le vider. Il me suffit de peu pour décrocher réellement de toute réalité. Je perds pied et me détend, prêtant attention à leur conversation, m’y mêlant avec l’aisance offerte pour la tequila. Je sens le regard de Sam sur moi et régulièrement je détourne la tête pour me perdre dans son regard. Je reste malgré out surpris de la voir me fixer ainsi mais progressivement je ne m’en importune plus, lui souriant, sincèrement heureux de la revoir. Je continus de m’enfoncer dans un monde qui ne m’appartient pas. Et là, une douleur brûlante me ravage les côtes. Je me redresse vivement, étonné et lorsque j’entends le rire brutal de Cole. Je comprends que c’est son coude m’a éveillé et reste tout aussi égaré, cherchant de l’aide auprès des autres qui sourient à leur tour, amusés. La gêne me ravage et je me mets à trébucher sur les mots, tentant vainement de comprendre. Puis un simple signe du menton vers la table de Sam et mon cœur manque un battement.

« Tu la connais la fille ? Ton prénom est sorti sur le tapis là bas. Tu nous a caché des trucs on dirait… »

Son rire jovial me glace le sang alors que je tente de nier, m’enfoncer véritablement. Une honte. Une honte monumentale. Sam, aide moi ! Ils remplissent mon verre. Oh mon Dieu. Malgré moi je le vide, sentant que je dérape définitivement. Persécution. C’est de la persécution. Par vengeance enfantine je remplis leurs verres à mon tour avant de quitter la table pour aller vers Sam, sans savoir ce qui me permet encore de tenir debout, et pire encore, ce qui me permet d’oser d’aller vers elle. Je salue la tablée et les gratifie d’un sourire avant de me pencher sur elle pour l’embrasser sur la joue.

« Salut Sam… »

Les français sont des crétins invétérés. Dans nos coutumes, se faire faire la bise entre dans les habitudes banales entre jeunes, tous sexes confondus mais ce que j’oublie facilement c’est que si c’est normal en France, ça ne l’est pas forcément dans les autres pays. En Italie par exemple, cela les amusent grandement mais sinon chez eux, on se contente de se saluer de loin ou de se serrer la main entre adultes…Mais non, je suis français. Et les français sont censés avoir la culture du romantisme. Je fronce à pine les sourcils, songeant à m’excuser puis l’idée de dissout, comme toute ma raison dans cette vague d’alcool qui se soulève et me faire tanguer. J’entends d’une oreille distraite mes amis nous interpeller, nous siffler jusqu’à la phrase ramène ta copine qui provoque encore une sensation de mal-être. Je reste planté là puis, sans doute à cause de la pression exercée par mon groupe, je lui propose de rejoindre notre table car ils semblent vouloir faire sa connaissance. Prenant conscience que leur agitation et leur joie pourraient en effrayer plus d’une, je m’empresse de lui dire qu’ils sont très gentils, que nous avons juste un peu bu, sans doute moi plus que les autres.

« Ils paraissent un peu…remuant vu comme ça mais je t’assure qu’ils sont charmants et assez simple… Pas comme tous ces mannequins qui sont trop imbu d’eux-mêmes pour s’adresser à des gens qui ont un salaire inférieur à eux…Et puis ça me ferait plaisir que tu viennes. Je crois que je me sentirai moins…perdu. Seul. »

Je recule d’un pas et lui tend timidement la main, parfaitement conscient des regards rivés sur nous venant des deux groupes. Comprenant qu’on pourrait y voir là une fois plus ou moins pitoyable de draguer, je laisse retomber mon bras le long de mon corps, esquissant un demi-sourire.

« C’est eux qui payent les consommations… »
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MessageSujet: Re: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Lun 3 Mai - 14:56

Si la banalité des conversations qui fleurissent autour de moi semble endormir passablement mes membres, l’alcool lui se plait à rougir mes joues à moins bien sur qu’il ne me rende seulement plus sensible au sourire que m’adresse Nohann avant de retourner à son occupation qui semble constituer à la pure liquidation de tout les verres d’alcool qu’on lui présente. La mienne n’a rien de foncièrement lumineux puisque je me contente bravement de contempler sa propre déchéance, celle d’un homme qu’on s’amuse à bizuter parce qu’il arbore un accent prononcé accentué lui même par l’alcool qui coule dans ses veines, ou parce qu’il est tout bonnement trop réservé pour s’imposer au milieux d’un groupe aux interactions sociales débridées par une profonde assurance. Ma fixation s’interrompt un instant lorsque le regard des amis de Nohann se tourne vers moi. Y lisant malice et interêt, je sens le malaise s’emparer de moi, tandis que l’une de mes « amie » saisis le moment opportun pour glousser pour le peu d’attention que nous portent le groupe d’hommes séduisants attablés plus loin. Nohann se lève et je le suis du regard, nerveuse alors qu’il s’approche de moi. Les gloussement s’intensifient, mais je ne sens que ses lèvres vodkaïques posées sur ma joue. Le contact soudain et inattendu me provoque un frisson. Mon regard croise le sien et sa voix s’élève alors, il me salut. Etonnée qu’il se rappelle mon prénom, je lui souris et répond d’une voix douce après une petite seconde d’hésitation interrompue par un violent coup de coude de ma voisine de table.

« Bonsoir Nohann, est-ce que vous, tu.. » va bien. Probablement que non avec tout ce qu’il a ingurgité d’alcool. Je ne finis pas ma phrase, ne sachant trop comment me comporter avec le jeune mannequin français éméché. Il reprend doucement et m’invite en réalité à prendre un verre avec lui et ses amis de beuverie. Un instant je songe à refuser étant moi même engagée dans une soirée certes très ennuyeuse avec un groupie de filles toutes casées et serveuses de frites comme moi, mais l’une d’elle me pousse violemment vers Nohann, voyant sûrement là une occasion pour elle de ne plus m’entendre pester contre Adrian le musicien raté qui me sert d’ex en faisant frire une dizaine de nuggets à cause d’un stupide message. Il me tend sa main et j’hésite à la prendre sans trop savoir pourquoi, ne me posant plus les mêmes questions sous l’emprise de l’alcool que confrontée à la réalité de ma timidité, cependant, il laisse retomber son bras et je me contente de le suivre sous les clin d’œil peu discrets et encourageants de ce qui me sert à présent de pseudo coach sentimental à deux balles Admettons, je vais boire un verre avec Nohann, j’essaye de surveiller sa consommation de tequila, en bois deux trois à sa place et l’empêche de devenir alcoolique, puis j’en profite pour récupérer l’autographe de Juliet avant qu’elle ne me descende pour trahison, c'est tout de même une triste vie.

Je m’installe à côté de Nohann et prend un verre, les rires me gagnent en même temps que lui et je laisse l’alcool détendre mes membres. Je pense alors une nouvelle fois à Juliet et à ce que je suis en train de faire, boire avec le mannequin de ses rêves, sans trop opposer de résistance. Si elle savait je suis sur qu’elle me tuerait et pourtant, je n’ai pas le courage de partir par pur altruisme. Egoïste ? En principe non mais la situation relève de l’incroyable. J’étais censé ne croiser ce type qu’une fois et au final il était là dans ce bar et s’était levé, s’arrachant à son cercle pour me saluer et m’inviter à passer la soirée avec lui, sans n’avoir ne serais-ce que toutes mes habilités mentales. . Tout a un air d’irréel ce soir, et je ris, jetant parfois quelques regards à Nohann que ne manquent pas d’être remarqués par la joyeuses bande de mannequins qui ne s’empêchent pas de commenter de leurs remarques plus ou moins salaces.

- Nohann il va pas repartir tout seul ce soiiiir !

Et on lui sert un autre verre histoire qu’il perde pas la main, qu’il finisse comme tout ces mecs qui boivent trop la tête dans la cuvette en train de gerber et regretter d’avoir trop bu. . Il n’a pourtant pas le profil, de ce que j’en ai vu au parc, il avait d’avantage l’air d’un type équilibré et simple que d’un mec accroc aux soirées beuveries et drague entre mecs. Voyant qu’on le ressert et qu’il ne pourra pas en ingurgiter davantage, j’attrape sa main, puis son verre avant de le boire moi même. La vodka me brûle la gorge et j’éclate de rire avant de fixer mon regard sur Nohann.

« Si je finis ivre morte, ça sera ta faute, sache-le. » Je lui chuchote doucement à l’oreille.

Du moins en partie, je ne pourrais jamais nier ma part de responsabilité dans cette alcoolisation, quelque part j’en ai besoin, ces dernières semaines ma vie a subit des perturbation éprouvantes, et je suis bien mieux ici à boire que sur facebook en train de me lamenter sur le statut « en couple » d’Adrian. « Mais, c’est pas grave, j’ai moins bu que toi de toute façon, je veillerais sur toi va ! » Je lui souris et finis par poser ma tête lourde sur son épaule, commençant à être moi même fatiguée et peut être un peu moins distante qu’à l’ordinaire avec un type que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, mais bien d’une page fan facebook.

« J’aime bien ton accent Nohann. »

Je ris un peu, aimant l’entendre parler avec cet accent étrange propre aux mangeurs d’escargots, qui transperce davantage encore lorsqu’il boit de l’alcool. Le mannequin qui semble répondre au nom de Cole, destine un clin d’œil à Nohann ainsi qu’un pouce levé, qui veut sûrement dire que j’ai l’air d’une niaise qui semble être tombé dans le piège Nohann de Varennes, avec ses airs de frenchie lover. Peut être après tout.
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MessageSujet: Re: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Mer 5 Mai - 20:27

Nooon stop. Mon verre est aussi vite rempli si bien que je peux paniquer, ça ne fait guère avancer les choses et c’est avec un soulagement flagrant que je vois Sam finir mon verre à ma place. Je me mords instinctivement la lèvre inférieur, mal à l’aise à cette idée puis lui souris timidement bien que l’alcool annihile lentement toutes les entraves à des relations sans gêne. Je me redresse à la fin de sa phrase, comme si elle m’avait interpellé par un prénom qui ne lui était pas admis puis comprends que je fais erreur, que je suis bien trop inquiet à ce sujet. Sache-le et non Sacha. Sache-le, je m’appelle Sacha. Je souris tout seul à cette idée alors que sa tête vient se caler sur mon épaule. Je frissonne doucement puis passe instinctivement un bras autour de sa taille, me laissant de nouveau aller à l’écoute de leur conversation bruyante. Lorsque sa voix me parvient je tourne docilement la tête vers elle puis ris doucement à sa remarque. Mon accent. Je ne le supporte pas et si je pouvais, je le troquerais volontiers contre une parfaite maitrise sans accroc.

« Je n’ai jamais été doué pour les langues, c’est un désastreee. »

J’appuie ma tête contre la sienne, somnolant doucement, faisant abstraction des commentaires débiles. Que devais-je répondre à un tel compliment ? Mon regard fait le tour des gens dont le regard reste indéniablement fixé sur nous. J’interroge Cole du regard, perdu par tant d’attention si forcée. Mais il ne fait rien d’autre que se foutre de moi. Aurais-je loupé quelque chose ? Aurais-je manqué de tact ? J’aurai du l’embrasser peut-être ? Je fais la moue, ne sachant plus où donner de la tête tandis que je sens lentement l’alcool s’infiltrer dans mes veines. Je me sens plus libre, plus détendu mais trop rassuré sans doute. Je reste encore attentif une fraction de seconde puis abandonne la raison, ou du moins, cette dernière m’abandonne. Ils ont arrêté de remplir mon verre depuis que Sam l’a vidé et c’est une bonne chose, je tiens à tenir debout, ou du moins, à éviter le coma éthylique. Sam me surveille, non ? J’esquisse un mince sourire à l’idée qu’elle me tienne courageusement compagnie dans un groupe qui n’est pas le sien, et dans un monde qui n’est plus véritablement mien. Ils veulent encore bouger pour rejoindre une boite de nuit et je n’ai plus la force de réagir. Je reste sagement assis en gardant Sam contre moi, suivant les échanges d’un œil distrait. Un léger sourire reste sur mes lèvres. Ils énoncent différents lieux que je ne connais en aucun cas et pourtant je continu de les écouter, parfaitement réceptif à l’anglais, étrangement aidé de ce côté-là par l’alcool, ou bien alors c’est simplement mon appréhension de la langue qui se délit et même si je garde mon accent prononcé, c’est déjà ça de gagné.
Je comptais bien rester là, assis avec Sam et leur dire au revoir mais non, l’un d’eux m’attrape par les vêtements pour me forcer à me lever. Je le repousse en riant une fois debout puis tend la main vers la jeune anglaise, désirant plus que tout qu’elle reste avec nous surtout. Cette fois je ne recule pas, gardant la main tendue vers elle, affichant un léger sourire en coin.

« Tu ne peux pas m’abandonner maintenant, tu dois veiller sur moi tu sais… »

Je ris doucement et prend sa main avant que mes tortionnaires ne m’obligent à partir sans elle. A moins qu’ils soient trop préoccupés par ma vie sentimentale au point de tout faire pour que je passe le restant de la soirée avec elle. Intrigué, je regrette légèrement d’avoir précipité les choses, sachant que j’aurai désiré connaître la réponse à cette étrange question. Etonné de parvenir à tenir debout et même à marcher sans trébucher, je garde ma bonne humeur. L’air frais de l’extérieur laisse une ivresse enfantine de joie me gagner alors que je peux enfin inspirer l’air à grande goulée sans m’étouffer avec un air chargé d’humidité, de fumée, de chaleur et de vapeurs d’alcool diverses. Je les écoute se lancer dans le récit de leur dernière campagne de pub pour une marque française, racontant combien Paris leur avait plus, passage qui me fait d’autant plus sourire jusqu’à ce que je me détourne de la conversation, n’éprouvant pas le besoin qu’on me narre la beauté de la capitale de mon pays natale. Je me rends compte que je n’ai pas lâché la main de Sam mais ne m’en inquiète pas réellement, comme s’il s’agissait d’un détail flou et banal qui se noie dans une masse d’informations. Je me contente d’emboiter le pas des garçons, me focalisant sur Sam.

« Comment va ton chien ?... C’est quoi son nom d’ailleurs ? Je ne crois pas que tu me l’aies dis…Ou alors j’ai oublié, excuse moi… »

Je me sens étrangement bien et n’ayant pas l’habitude de boire, je ne peux connaître cette sensation étrange. J’espère simplement ne pas finir malade et décide que dorénavant je me contenterai de jus de fruit, soda ou eau pour la fin de la soirée. Ils saluent tous le videur qu’ils semblent connaître par cœur mais je souris simplement pour ma part. D’accord, je ne bois jamais mais je sors peu aussi, tant que la boite de nuit remonte à des mois voir des ans. Cela m’intéresse peu et pourtant je les suis bravement, sachant qu’ils ont la gentillesse de me montrer la vie nocturne de la ville. Je reste immobile un instant, contemplant la masse de gens présents. L’enfer. Puis animé par une joie de gamin, j’entraîne Sam pour aller danser même si, sans alcool je ne serais même pas entré là. En fait, je n’aurai même pas osé aller la chercher… J’ai l’habitude des foules, du monde, du bruit, aussi bien que l’environnement ne me perturbe pas pourvu que je ne m’attarde pas sur les autres. Puis, épuisé je bats en retraite, laissant Sam de faire ce qui lui plait, allant me rafraichir aux toilettes avant de m’adosser à un mur, non loin du bar, cherchant un visage connu parmi tout ces masques humains.

« Sam ! »

Je souris en lui faisant un timide sourire et, répondant à une lubie plus qu’étrange, je la prends doucement dans mes bras en restant contre le mur.

« Tu m’en veux de t’avoir arrachée à ta soirée entre amies ? »
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MessageSujet: Re: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Jeu 6 Mai - 4:32

Jamais été doué pour les langues ? J’émet tout de même quelques réserves. Si son accent reste prononcé et rappelle ses origines, on ne peut pas dire que son anglais soit mauvais, il parle même avec une certaine aisance dans une langue qui n’est pas la sienne. De ce que je connaissais de la réputation des frenchies, il était même parfois difficile de se faire comprendre et orienter dans la capitale française. Ponctuées d’hésitations et de « Heu » la réponse à la question « Do you speak english » restait bien souvent très approximative. De manière générale, les français entretenaient leur réputation quant à leur gastronomie et leur baisers, mais ne parlaient pas tous aussi bien que le dit Nohann qui joue peut être un de ces rôles de séducteurs loveurs français pas très doués en langues qui désirent ardemment qu’on leur montre comment la manier. Malgré ses airs de garçon réservé et généreux, je me sens encore bien capable de tomber dans ce genre de panneau. Souriante, je lui répond d’une voix douce et amusée.

« Ne joue pas aux faux modestes Nohann, ta maîtrise de langue est parfaite, tu saisis beaucoup de subtilités, quant à ton accent sers toi en pour draguer, ça marche très fort, les anglaises adorent ça. »

J’éclate d’un petit rire alors qu’il pose sa tête contre la mienne et laisse son bas entourer ma taille. L’alcool aidant, je laisse ce qu’il me reste d’inhibitions s’envoler comme des volutes de fumée. Membres endormis et lucidité vaporeuse, j’apprécie la simple proximité physique de ce garçon, ne cherchant pas à instaurer une quelconque distance, ce qui bien sur ravit particulièrement le dit Cole qui semble s’intéresser de près à la vie sentimentale et sexuelle du mannequin français. Loveur ou pas, je ne fuis pas son étreinte, y trouvant quelque chose d’infiniment rassurant, d’apaisant en somme. Bien que je ne le connaisse pas, je ne peux pas nier que s’installe une sorte de complicité étrange entre nous, quelque chose de fluide qui ne répond a aucune logique particulière. Je lui fais confiance, et cette confiance semble partagée.

Fille fragile et méfiante, cette confiance trop vite donnée me surprend moi la première. La distance a toujours fait partie de moi et les contacts humains n’ont jamais été réellement mon truc, pourtant, mon comportement semble constituer une véritable paradoxe avec celui de la véritable Sam celle a qui l’on reproche souvent son manque de démonstration affective, sa façon de ne jamais se laisser à l’extériorisation pure et simple de ce qu’elle ressent et qui la conduit bien souvent à la solitude. Nohann, semble avoir une prise sur cette réalité, être une personne qui sans qu’on ne sache pourquoi réussisse à annihiler cette sensation d’anxiété que j’éprouve bien trop souvent face à l’inconnu. Fragilisée par une relation destructrice, je suppose que l’alcool m’a rendue plus vulnérable à la douceur sincère du jeune mannequin français. Alors que ses amis ont encore tout un tas de projets pour la soirée, je me surprend à appréhender son départ. Toujours avachie contre lui, la brusque interruption de Cole agit comme une injection de lucidité, et la nervosité me reprend alors que Nohann se lève docilement. Tristement je m’apprête à lui dire au revoir et à lui prodiguer quelques conseils pour éviter de finir trop saoul pour retrouver le chemin de son appartement, sans avoir le courage de prendre ses coordonnées mais sa main tendue m’interrompt et je réalise qu’il ne compte pas partir sans moi. Hésitante je jette un dernier coup d’œil vers la table à présent vide de mes collègues de travail puis lui tend maladroitement ma main. Mon regard se perd dans le sien un instant, cherchant à trouver comme un sens, un fil conducteur à cette étrange soirée, mais je ne saisis rien et décide de les suivre à l’extérieur. Malgré l’apparition des beaux jours, la température nocturne semble avoir baissé de plusieurs degrés, la douce brise vient chatouiller mon visage, et je met bêtement à sourire sans pour autant lâcher la main de Nohann qui me demande à présent des nouvelles de la boule de poil à l’origine de notre rencontre. Je ris, me rappelant combien de fois j’avais pu crier ce nom qu’il ne se rappelle lui même pas. Ce jour ou j’avais rencontré Nohann de Varennes, ce type discret et agréable, dont Juliet n’arrêtait pas de me parler. Egoïstement, je réalise que celui qui avait été son Nohann s’efface à mesure qu’une sensation d’attachement pour le moins étrange naît en moi. Nohann, son Nohann, je ne m’y fait plus.

« Nohann. » Je répète dans un souffle avant de réaliser qu’il me demande le nom de mon chien. « Ketchup ! Le mot que j’ai crié une bonne vingtaine de fois avant que tu ne me sauves la vie, c’est le nom de ce chien, mais vu la pile électrique qu’il s’avère être, j’aurais mieux fait d’opter pour Pikachu. Il va très bien, et j’espère que mon appartement aussi. » Je ris une nouvelle fois avant que l’on ne décide tout les deux de se faire entraîner dans un enfer connu. Boite de nuit, alcool, musique trop forte, lumières diffuses et aveuglantes, je m’habitue lentement. Ne fréquentant plus ce genre d’endroits depuis un moment, je ne m’y sens pas à ma place, seule la présence de Nohann semble réussir à m’abstraire de mes préjugés. Je danse, avec un lui, et un sourire me gagne, je finis par apprécier de le voir à ce point à l’aise puis il s’en va un moment et l’euphorie retombe, je me laisse aller près du bar, ou je m’assois sagement devant un soda, ne pouvant plus ingérer davantage d’alcool. Un homme s’assoit près de moi et insiste pour me payer une consommation, n’ayant pas fréquenté les boites depuis une éternité, j’avais oublié qu’elles étaient ce genre d’usine à coups d’un soir dont je m’étais toujours passé. Il me sourit, et ne cache pas ses intentions sous ses sourires pervers et entendus. Mon anxiété s’accentue et confrontée à mon enfer personnel, je réalise que ce sont les hommes qui m’effraient. Apercevant Nohann, je me lève et m’échappe brusquement sur une excuse de cet enchevêtrement de corps indifférenciés s’adonnant à cette danse macabre et malsaine. Entraînée par le mannequin, je retrouve son étreinte, posant ma tête contre son épaule. Notre proximité atteignant son paroxysme, je constate que notre relation prend un tournant différent que je ne m’explique pas. Est-ce uniquement du à l’alcool ? Je n’en ai pas l’impression. Un violent flash nous percute et je me tourne instinctivement vers le mannequin extravertis qui brandit un appareil photo numérique en ricanant visiblement content du spectacle. Après une petite tape amicale sur l’épaule de Nohann, il se perd dans la foule, pour rejoindre le bar et le reste de la bande qui y est attablé. Mon regard confus et désorienté se perd une nouvelle fois dans celui de Nohann qui s’excuse de m’avoir privé d’une soirée banale avec mon cercle habituel.

« Non je ne t’en veux pas du tout, et puis, je crois qu’elles préfèrent ça à m’entendre me lamenter sur mon absence de vie sociale. Je fais pas tellement d’efforts dans ce domaine tu sais…Je ne vais peut être pas tarder à rentrer, que toi tu profites de tes amis, j’ai un peu de mal avec les boites de nuit, mais merci pour la soirée…»

Je lui souris un instant, avant de déposer un simple baiser sur sa joue et de me laisser imaginer à déraper sur ses lèvres et à l’embrasser avant de m’engouffrer dans le froid nocturne pour rejoindre mon appartement et ce pauvre chien au nom de sauce calorique, mais non, je ne bouge pas, et sourit simplement avant de replacer une mèche de cheveux aventureuse du jeune mannequin. « Fais attention à toi et ne bois pas trop. »

Je décide de partir malgré moi, sachant que mon état ne me permet pas de garder la tête froide ce soir. Je pense alors à Juliet, et à l’attirance indéniable que celui qu’elle idolâtre, exerce sur moi. La réalité de notre rencontre risque de constituer une source de conflit terrible, si je ne fuis pas avant de commettre une imprudence, un dérapage qui me conduirait irréductiblement dans la mauvaise direction avec Nohann. Il me faut retrouver ma lucidité et je dois m’en aller simplement m’en aller.
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MessageSujet: Re: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Ven 7 Mai - 21:23

J’écoute le doux son de sa voix sans prendre conscience des mots et un léger frisson parcourt mon échine au contact de ses lèvres sur ma joue. Je ferme doucement les yeux en riant puis l’illusion se brise lorsqu’elle me conseille de ne pas trop boire. Et aussi brutalement je comprends qu’elle s’en va, qu’elle me laisse. Je voudrais hurler non mais je me contente d’être stupéfait, l’observant d’un œil déçu et inquiet de ne plus être maître de mes mots. Je cherche désespérément Cole du regard tout en ayant conscience qu’il ne me sera d’aucun secours. Les secondes défilent et me glissent entre mes doigts alors que je reste planté là au milieu de tous ces inconnus.

« Saaaaam ! »


Je m’élance dans la foule pour la rattraper, enfin conscient que je dois réagir pour ne pas perdre ma seconde chance de passer un peu de temps avec elle. Je saisis son poignet et lui adresse un sourire maladroit. Je me fiche de savoir ce que feront les autres le reste de la soirée. Ils ont tous suffisamment d’imagination pour comprendre où je suis pour peu qu’ils se rendent compte que Sam non plus n’est plus là. Je ris doucement et l’accompagne jusqu’à la sortie, tout de même plus serein.

« Tu sais, moi non plus j’aime pas trop les boites… »

Je récupère nos vestes et lui tends la sienne avant de garder la mienne sur le bras, peu conscient de l’air frais qui faisait frémir les feuilles des arbres qui bordaient l’avenue. La plupart des gens qui sortent d’ici à une telle heure c’est pour fumer une cigarette, passer un coup de téléphone de façon audible ou bien pour retrouver la totalité des mais avant de re-rentrer dans cette fournaise. J’inspire profondément l’air frais, satisfait d’être enfin libre sans avoir sur le dos des jeunes mannequins bien plus dévergondés que moi. Je lève le nez en fermant les yeux une fraction de seconde, apaisé par la caresse du vent nocturne.

« Tu sais, je ne sors jamais normalement. Ils m’ont coincé à la sortie d’une séance et de fil en aiguille je me suis retrouvé coincé là mais je ne l’ai jamais voulu…Je reste…Je reste chez moi. A lire. A discuter avec ma sœur. Mais pas à boire…Je vais être malade Sam. Pour la première fois de ma vie. Saaaaam j’ai jamais été ivre… »

Et je dis vrai. Adolescent, je déclinais sans cesse les invitations aux soirées branchées de truc ou de machine, et cela pour le plus grand bonheur de ma mère qui ne craignant ainsi pas de retrouver son fils à l’hôpital ivre mort, la tête dans un bac en train de se vider de ses tripes ou à moitié mort d’une overdose. C’était certes un avantage majeur pour elle mais pour moi c’était le début de la fin. Volontairement écarté de ceux de ma génération, je me suis enfermé dans un monde tapissé de page de Prout, Semprun, Goethe, Husserl ou Heidegger. A croire que j’ai toujours eu des lectures qui me prédestinaient à de grandes études de philosophie à la Sorbonne, mais au lieu de ça j’ai été repéré durant l’année de mes dix-neuf ans alors je ne demandais rien à personne. Hermès, Burberry, Gucci, Lacoste, tout ce qui compte trop cher pour qu’on daigne à ne s’acheter ne serait-ce qu’un caleçon mais pour ma part je vis avec, je baigne dedans. Mon armoire est remplie de ça à ne plus savoir qu’en faire et je prends ça comme une banalité qu’avoir des chemises griffées.
Je trébuche violemment, perdu dans mes pensées et sans doute trop imbibé d’alcool pour me méfier. Je sens Sam me retenir par la manche et cette faible retenue me permet de retrouver mon aplomb en riant aux éclats. Je lui rends son baiser sur la joue pour la remercier.

« Qu’est ce que je vais faire Sam ? Qu’est ce que je vais faire cette nuit quand l’alcool deviendra quelque chose de négatif ? Ma soeeeeur. Que va dire ma sœur ? Elle va me faire dormir dans la baignoire. J’aime pas décevoir les gens que j’aime. Je ne sais même pas de quel côté je dois aller. Je ne connais pas le quartier…Je…Je suis lamentable,
concluais-je en riant. »

Je m’arrête net dans la rue pour jeter un regard aux alentours, tentant de me souvenir mentalement du côté par lequel j’étais arrivé, le chemin que j’avais effectué et puis j’abandonne, jugeant que pour l’instant je me dois de raccompagner Sam chez elle sans chercher à savoir où moi-même j’habite. Dans une bonne de dizaine de minute lorsque je serai en bas de chez elle, je pourrai réfléchir à ça, à me poser une multitude de question avant de réveiller ma sœur à pas d’heure pour lui demande, la supplier, de venir me chercher car je ne suis pas capable de rentrer seul. Ou bien Sam m’autorisera à dire bonjour à Ketchup et je n’aurai plus qu’à lui demander de me donner les bases de l’orientation en ville by night.

« Je parle trop. Trop par rapport à d’habitude. Je crois que c’est l’alcool qui me rend si prolixe. J’ai toujours été le premier à m’effacer, à vouloir être oublié et là… Saaaaaam. Fais quelque chose. Aide-moi… J’ai l’impression de vivre un véritable enfer. J’ai peur en fait…»

Je me remets doucement à rire, sachant que je suis un cas perdu pour maintenant et que même Sam ne pourra rien pour moi.

« En France, il y a une pub pour la sécurité routière qui dit que C’est Sam qui conduit. Sam, c’est celui qui n’boit pas. »

Je l’attrape doucement par la main et la retiens, sachant que je vais commettre une erreur mais l’alcool m’embrouille et endort toute bonne conscience. Je l’attire à moi sans détacher mon regard du sien. Je la prends dans mes bras, mon front contre le sien tandis que je ferme les yeux, me délectant de ce contact avant de l’embrasser le plus naturellement du monde, comme si c’était la suite logique des évènements.

« Pardonne-moi… » ai-je soufflé.
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MessageSujet: Re: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Sam 8 Mai - 16:09

Plantée là comme une idiote, je dois bien admettre que j’ai manqué de tactique, non seulement je passerai le reste de ma nuit seule mais qui plus est je suppose que je ne reverrai jamais Nohann. Deux fois dans une stupide journée cela défie déjà suffisamment les probabilités. Si je dois émettre un bilan de mes habilités à saisir l’instant, seul le mot catastrophique me vient à l’esprit. Ne voyant plus trop de raison d’attendre un geste de la part du français que j’ai gentiment éconduit pour aller retrouver les feuilletons débiles et documentaires qui passent tard le soir en compagnie du chien fugueur. Je soupire et dans un faible sourire je m’élance dans la foule bruyante et euphorique. Si j’ai toujours détesté les boites en tant qu’usines à déprave et lieux de débauche, j’imagine que j’aurais tout de même pu faire un effort pour Nohann, mais non au lieu de ça, non je part, sans aucune garantie et je regrette déjà. Je m’arrête et alors que je m’apprête à retourner le chercher dans un pur accès de folie, qui m’aurait valu sûrement de passer pour une sombre idiote qui ne sait pas ce qu’elle veut, mais c’est sa voix que j’entend perçant à travers une tube de lady gaga. Je me retourne un peu vivement tandis qu’il s’avance vers moi en se frayant un chemin parmi la foule se faisant renverser un cocktail sur sa chemise trop chère au passage. Je ne peux m’empêcher de sourire tandis qu’il se saisit de mon poignet, me laissant entendre qu’il préférait passer sa soirée avec moi plutôt qu’ici. Sortant un mouchoir de mon sac j’essuie doucement sa chemise avant de lui répondre enthousiaste malgré tout.

« En bon gens qui n’aiment pas les boites, on va s’en aller, j’sais pas pourquoi j’tai laissé là en fait. Je voulais avoir l’air de te laisser le choix, mais une seconde de plus et j’allais te rechercher. J’ai promis de veiller sur toi, après tout, j’aurais manqué à mon devoir et Cole est très persuasif il me semble. »

Nohann récupère nos vestes et j’aperçois Cole, qui me regarde en riant, se disant probablement qu’avec beaucoup d’acharnement, il a réussi à caser son ami avec une fille pour la soirée, que Nohann m’emmènera chez lui et qu’il aura tout un tas de détails gores à lui raconter le lendemain. Je ris, persuadée qu’il s’imagine bien trop de choses concernant la fin de la soirée, si je ne la finit pas à tenir doucement les cheveux du mannequin pendant qu’il vomira ses tripes dans la cuvette des toilettes à cause de la dose pour le moins excessive d’alcool qu’il a ingurgité. Nous sortons, et j’attrape doucement son bras sans trop y prêter d’attention. L’air frais et silence m’apaisent, seul l’accent chantant de Nohann résonne dans la nuit. Je ris en imaginant ce type manger des grenouilles certaine qu’il ne s’agit pas d’un cliché, puis il parle, semble éprouver une certaine anxiété et si il risque en effet quelques désordres gastriques important, il n’y a rien de foncièrement grave en somme. Intellectuel sage et réservé, ce n’est peut être pas seulement un masque destiné à séduire les filles si on ajoute à cela son accent charmant. Non, quoi qu’on en dise, il respire la sincérité.
Rassemblant le peu de connaissances en français accumulé jusqu’au lycée, je tente une phrase maladroite.

« Ne te inquiète pas, je suis là, pas de problème. » Souriant et sachant que je fais probablement une faute de syntaxe comme j'en ai toujours fait, je finis par rire et lui répondre en anglais. « J’habite pas loin, tu n’a qu’à rester dormir, quant a ta soeur tu l'appellera demain, elle doit bien se douter que tu es sortis avec tes amis, tu sais, c'est ce que font les gens en généal et elle ne t'en voudra pas pour ça, et si tu es malade je m’occuperai de toi va. Sauf, si tu te moque de ma décoration, là tu ne rentre pas et tu dors dehors.» Je souris pour lui montrer que je plaisante, réalisant par ce biais, que peu de gens on eu l’occasion de visiter mon appartement. Il n’y a bien que Juliet pour y venir et y entrer comme dans un moulin, pour le reste j’imagine qu’on se voit à l’extérieur du moins, quand je sors, ce que j’évite de faire depuis qu’il s’est taillé avec sa blonde. Je songe alors a mon appartement, et ses nombreuses peluches allant de Pikachu sur le lit, a kulbutoké dans le panier de Ketchup, résidus d’une ancienne collection, que ma mère me confisquait quand je ne voulais pas manger ses fichus salsifis. Je souris, en y repensant. Marchant doucement dans la rue, nous arrivons à l’angle d’une petite rue que même profondément alcoolisée je reconnais encore. Une chance, Entraînant Nohann devant un immeuble je compose le digicode avant de lui sourire, lui qui croit parler trop et je ris avec lui avant de lui répondre un petit sourire au coin des lèvres.

« De quoi tu as peur en fait ? De me révéler ta véritable identité, je ne fais pas partie du FBI et je ne veux pas ta mort, alors tu n’a pas à t’inquiéter, et puis j’aime bien t’entendre parler, tu as un accent vraiment…sexy »

Le dernier mot m’échappe et un instant j’appréhende sa réaction. N’étant pas franchement du genre à utiliser ce genre de terme parce que tout bonnement nulle en drague, j’hésite à corriger puis abandonne ne cherchant pas à démentir une vérité indéniable. Volubile, malgré lui, il me parle de tout un tas de choses, tout en montant les étages dans l’ascenseur usé de l’immeuble qui n’a rien de franchement glamour. . Sans que je ne parvienne à réellement calculer ce qu’il se passe il s’approche doucement de moi et déposer ses lèvres sur les miennes. Je ferme les yeux malgré moi et me laisse docilement faire en dépit de la surprise.
Je frisonne, alors qu’il s’éloigne et s’excuse. Me mordillant la lèvre inférieure je décide de l’entraîner à l’intérieur de l’appartement.

« T’excuse pas, je sais que les français on besoin de frimer avec leur french kiss, parce qu’ils embrassent mieux que les anglais. D’ailleurs c’est totalement cliché mais dans ton cas c’est vrai. » Je souris montrant que je ne lui en veut pas avant de le laisser découvrir mon univers un peu kitch, tandis que Ketchup alerte lui saute dessus pour lui faire la fête. Je ferme la porte et m’approche de Nohann un sourire au lèvres avant de jouer avec sac cravate sans raison particulière. « Un verre d’eau peut être ? »
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MessageSujet: Re: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Ven 14 Mai - 13:06

Je passe outre son allusion à mon accent, englué dans une étrange sensation d’apesanteur. Pourtant sa réflexion suivante me peine. Je n’ai jamais véritablement fait attention aux rumeurs qu’on laisse sur telle ou telle nation, me fichant qu’on base des idées saugrenues sur un peuple. Je frissonne légèrement mais ne dis rien. Ce n’est qu’une fille de plus qui pense que tous les français ont un problème de fierté quant à leurs baisers. Elle me sourit pourtant, si douce et agréable mais je ne peux m’empêcher de ressentir cette gêne. Je n’embrasse pas les gens pour leur prouver que je suis français, bien au contraire et pourtant c’est ce qu’elle semble penser. J’esquisse un nouveau sourire alors que son chien me saute dessus mais elle attire à nouveau mon attention en jouant avec ma cravate. Je la regarde étonné, ne comprenant pas son jeu. J’ai une légère absence, ne réalisant pas qu’elle me pose la question, bien trop fasciné par le mouvement de ses doigts. Je relève doucement la tête, stupéfait puis ris en acquiesçant.

« Je…je veux bien un verre d’eau s’il te plaît…Je peux visiter ? »

Je la regarde s’éloigner puis m’assois par terre en tailleur pour mieux caresser la pelote de nerf. Malgré le fait qu’elle m’ait gentiment invité à dormir chez elle, et à appeler ma sœur le lendemain, je ne peux m’empêcher d’être anxieux en perspective du lendemain. Comme un enfant, je m’imagine à moitié mort. Je pose ma veste à mes côtés et relève la tête lorsqu’elle revient avec un verre d’eau. Je frissonne légèrement, venant à me demander si dorénavant je pouvais la toucher ou si je devais m’abstenir de tous contacts, craignant de retomber dans un autre stéréotype. J’avale une gorgée d’eau fraîche puis ôte toutes choses que je serais encore capable d’abîmer dans un jeu stupide. N’importe quoi peu y passer avec moi. Smartphone, lunettes, montre, carte bancaire. Je pose la totalité sur la table basse puis regarde à nouveau Sam, encore troublé par sa réflexion.

« Sam… »

Moi-même je ne sais pas pourquoi je prononce son prénom et pourtant cela passe sur mes lèvres, le regard brumeux. Je caresse une dernière fois Ketchup et tente de me lever, sans doute un peu trop rapidement pour un corps noyé d’alcool. Je vacille, trouvant ça presque drôle puis m’avance vers elle, ou du moins, essaye. Je trébuche, espérant simplement que ça n’est le chien qui s’est trouvé entre mes pieds. Avec une certaine chance, j’évite la chute mais bouscule Sam. Lorsque je retrouve mon équilibre je ris, bien qu’en temps normal je me serais confondu en excuses pitoyables. Je la prends dans mes bras et enfouis mon visage dans son cou, retrouvant ainsi un certain aplomb. Sam, la fille qui perd son chien. Sam, la fille qui a peur que sa bestiole mange les boutons de ma veste. Sam, la fille qui me parle de facebook alors que je ne m’en occupe pas.

« Tu vas finir en couverture des magazines peoples, anglais ou français. On risque de parler de toi comme la fille qui prouve que je ne suis pas gay ou terriblement misogyne. Tu seras la première fille avec qui on aperçoit enfin Nohann de Varennes sans que ça soit sa sœur ou bien une simple amie d’enfance. T’es la première fille que personne connaît, qui ne peut ni être la petite amie d’un ami, ni une amie d’enfance, ni de ma famille. T’es la première fille qui va faire mousser la presse qui s’intéresse aux potins de la mode. Tu vas faire aboyer la meute Sam. Je marque une pause, gardant ma tête sur son épaule en jouant distraitement avec une de ses mèches de cheveux. Pour la première édition, tes voisins ou ta famille va juste venir t’en parler avec émotion s’ils sont au courant. Mais si je te revoie, s’ils nous revoient, tu as des gens bizarres qui vont te poser des questions, te prendre en photo, on finira même par mettre ton nom partout sur…sur ma page je ne sais quoi sur Facebook. T’es consciente que…que c’est fou de me laisser ici ce soir ? Quoi qu’on fasse, quoi qu’on en dise, la presse, les gens, les internautes font ce qu’ils veulent des images. Je pourrais promener ton chien tous les jours qu’ils y verraient une marque d’affection et un projet futur de concubinage….Je suis un cauchemar social, non ? »

Je me tais, me rendant compte que je parle trop, même si tout ce que je lui souffle, d’une voix involontairement suave grâce à la boisson, est bel et bien vrai. Je me redresse doucement et appuie mon front contre le sien en fermant les yeux, respirant lentement son odeur. Oui, je pouvais foutre en l’air une relation sans rien faire. C’est simplement la pression imposée par les autres qui me pose à être introverti. J’ai frotté ma joue contre la sienne avant de poser mes lèvres contre sa tempe. Je me suis doucement reculé, ai esquissé un faible sourire et ai entrepris de visiter le salon avant de m’asseoir docilement et patiemment dans le canapé, espérant simplement ne pas l’avoir assommé à trop parler, si doucement.

« Je crois que l’alcool me rend…volubile, trop loquace… »


Je la regarde, désolé puis ris doucement, conscient d’être parfois plus qu’étrange. J’ai repris le verre que j’ai vidé en une fois, étant devenu habitué à descendre rapidement la boisson, du moins pour ce soir.

« En plus d’être une véritable catastrophe dans les relations, je suis trop affectif, quelque soit les relations que j’entretiens. Regardeeee, même avec ton chien… » ai-je geins avant de rire en caressant à nouveau le jeune chiot. « Je suis désolé Sam, je dois t’ennuyer. Donne moi des somnifères, fais moi dormir dehors, je t’en voudrais pas, je suis docile tu sais. Quand j’étais gamin ma sœur passait son temps à me brosser les cheveux. J’avais horreur de ça mais je l’ai toujours laissé faire. Alors tu sais, le balcon ça me va… »
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MessageSujet: Re: J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha Ven 14 Mai - 21:45

Mal assurée et peut être encore un peu sonnée par le baiser qu’il vient de me donner, je me met en tête de lui servir un verre d’eau tandis qu’il demande à visiter. Bien que mon appartement soit loin d’être une fierté, j’accepte et accompagne ma phrase d’un sourire avenant destiné à l’abstraire de la moindre gène alors que moi même je me dirige lentement vers la cuisine pour lui servir son verre d’eau. Je reviens quelques secondes ensuite et le pose sur la table basse du salon l’invitant de cet fait à s’asseoir ailleurs qu’au sol, après m’être moi même laissée tomber sur le canapé. La boule de poil semble être heureuse d’avoir retrouvé Nohann. Je souris et hausse les sourcils avant de tourner naturellement ma tête vers le français qui prononce mon nom. M’attendant à ce qu’il réclame quelque chose, ou qu’il me parle, je plante mon regard dans le sien, avant de sourire déconcerté par son silence.

« Nohann ? »

Mais il se tait et se lève, se décidant sûrement à venir s’asseoir près de moi, mais trébuche légèrement tandis que j’en profite pour l’attirer doucement vers moi. L’alcool aidant, je ne réagis pas lorsqu’il glisse sa tête dans mon cou et qu’il m’entoure de ses bras. Un léger frisson me parcourt tandis que je ferme les yeux appréciant un moment de silence avant qu’il parle de nouveau, monologuant à propos de ses amours sa célébrité et de ce qu’elle pourrait entraîner de conclusion hâtives ou presque. Nohann est un mannequin et je ne saisis pas forcément ou il veut en venir. Pas foncièrement accroc à la mode et aux magasines people, je n’imaginais sûrement pas toute l’envergure de sa célébrité, moi qui vendait des frites au MacDonald les trois quart du temps. Je lui souris et prend sa main dans un geste manqué qui ne me brusque pas.

« C’est pas important Nohann, que veux tu qu’il m’arrive ? Qu’on vienne m’agresser avec des nuggets, je connais ça, ça m’es déjà arrivé, nan j’ai pire ma cousine est amoureuse de toi, je crois qu’elle m’arracherait les cheveux pour ce qu’on a fait tout à l’heure, et tu sais quoi, j’me sens suffisamment faible pour recommencer décemment. »

J’approche mes lèvres des siennes et y déposer un baiser furtifpuis je m’éloigne laissant apparaître sur mon visage une de ces mine d’enfant contrariée alors que je recherche avidement le regard de Nohann comme pour me rassurer.

« Tu as raison, Juliet me tuera si elle sait ça, j’ai peut être trop bu mais je n’arrive pas à éprouver des remords pour l’instant, peut être demain quand elle sonnera à ma porte et que je devrais te cacher dans l’armoire. »

La scène avait quelque chose d’amusant quand on y songeait avec quelques verres de trop mais sûrement beaucoup moins si elle se déroulait dans la réalité. Tot ou tard, j’aurais des comptes à rendre, et la fille anxieuse que j’étais par nature avait bien du mal à faire le bon choix lorsqu’il s’agissait de dire les choses le plus simplement du monde ou tenter de préserver l’autre dans des tentatives réellement maladroites. Mais en admettant que le destin s’acharne de la sorte, j’imagine que ma penderie est suffisamment grande pour nous cacher tout les deux. Quand au cauchemar social, il me déclenche un sourire amusé, et je prend doucement sa main dans la mienne, avant de la jauger du regard et de lui répondre avec un petit rire.

« Non tu es loin d’être un cauchemar social, le cauchemar social s’appelle facebook, et tu as bien de la chance de ne pas t’y intéresser. Bien sur tu loupe des trucs sympa et inutiles comme les poke et le plaisir d’avoir des notification, mais, tu ne rates rien. Admettons qu’à cause de toi je me fasse poursuivre par des paparazzi, j’ai une solution miracle à notre problème. »

Je me lève et me dirige vivement vers la salle de bain ou je sors une de ces colorations rousses, que je n’ai jamais osé tenter sur ma crinière blonde, mais qui reste un de ces fantasmes terribles non assouvis que seul l’alcool m’aide à désirer réaliser. Revenant dans le salon, je pose la coloration sur la table, l’air satisfaite.

« Tu n’a qu’à me faire une coloration rousse, personne ne me reconnaîtra, et alors je pourrais te revoir, parce que bien sur j’ai envie de te revoir, t’es un type vraiment sympa et je t’assure que ça ne me dérange absolument pas de jouer à James Bond avec toi et de laisser les voitures de paparazzi nous courir après. Bon bien sur j’imagine qu’il se contenteront de nous prendre en photo un peu comme Cole qui a faillit me rendre aveugle avec son flash et de mettre ça sur facebook, mais rappelle toi qu’on a un chien labrador dans nos rangs, et que je suis sur qu’il peut mordre, autre chose que mes rideaux, si on le dresse bien. Je ne vais pas te virer dehors parce que t’es un mec affectif, mais fais moi une coloration rousse Nohann s’il te plaait. »

Je ris et dépose un baiser sur sa joue avant de me laisser à nouveau tomber à ses côtés sur le canapé, repensant à ce qu’il venait de dire à propos de sa sœur qui s’amusait à lui peigner les cheveux. Je regarde ses cheveux, avant de déclarer rieuse.

« Dommage que tu n’aime pas qu’on te coiffe, j’ai toujours eu ce tic pour le moins inexplicable de recoiffer les gens qui on des cheveux comme les tiens. D’ailleurs je crois qu’en ce moment même je lutte contre moi même pour ne pas céder à la tentation. »

J’ai un nouveau rire en constatant que d’en parler suscite en moi l’envie de lui caresser les cheveux tout au moins, un des rares geste affectifs qui ne m’ont jamais réellement posé de problème. Je le fixe un instant puis sourit préférant garder mes ma mains dans la sienne plutôt que de la laisser aller à replacer l’une de ses mèches rebelles.
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J'aurais pu jouer dans les 101 dalmatiens. • Sacha

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